‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 47 sur 179 · COMMENCEMENTS DE L'ÉGLISE NAISSANTE · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE L'ÉGLISE NAISSANTE

tres et ordonne de les mettre dans la prison publique. Mais l'ange du Seigneur ouvre pendant la nuitles portes de la prison et, les en ayant trés, il leur dit : « Allez dans le Temple et prèchez au peuple les paroles de la doctrine de vie. » [ls entrent donc dans le Temple, dès l'aube du jour, et commencent à prècher. C’est là qu’on les retrouve, après les avoir vainement cherchés dans leur prison. Ils sont ramenés, aussitôt, devant le sanhédrin à Ja réquisition du grand-prètre. Pierre soutient de nouveau, en présence des juges, la résurrection du Christ et la divinité de sa mission. Gamaliel, l’un des membres du conseil, détourne ceux qui en font partie de mettre à mort les apôtres. « Laissez faire ces «gens-là, dit-il; car si œuvre qu’ils ont entreprise « vient des hommes, elle se détruira d'elle-même. Que « si elle vient de Dieu, vous ne sauriez la détruire et « vous seriez même en danger de combattre contre « Dieu.» Les juges se contentent donc de faire flageller les apôtres et leur défendent de parler à l'avenir au nom de Jésus. Les apôtres sortent du conseil, tout joyeux de ce qu'ils ont été jugés dignes de souffrir pour la gloire de leur divin Maitre et, loin de se taire, ils recommancent àenseigner tous les jours, en prèchant Jésus dans le Temple et ‘ans les maisons particulières. En ce temps-là, comme le nombre des fidèles continuait à s’accroitre et que le soin temporel de cette multitude devenait de plus en plus difficile à concilier avec la prédication et les autres devoirs du ministère sacré, les Apôtres confient ce soin à sept diacres, qui sont élus et dont les noms sont les suivants : Étienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas. Étienne, leur chef, opérait de grands miracles parmi le peuple. Des Juifs, jaloux de sa réputation et obligés de céder à la supériorité de sa sagesse, subornent contre lui de faux témoins, chargés de dire qu’ils Pont entendu blasphémer contre Moïse, contre le Temple et contre Dieu. Traduit devant le sanhédrin, 1l apparait à

ses juges, comme le raconte le texte sacré, avec toute la majesté d’un ange. Le grand-prêtre lui demande si ce qu’on dit de Ii est véritable: Étienne répond qu'il n’a parlé ni contre Moïse, ni contre le Temple, ni contre Dieu, mais que les Juifs se sont toujours montrés rebelles aux prophètes et au Saint-Esprit. Il termine son discours en ajoutant : « Je vois les cieux ouverts etle Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Alors on se jette sur lui, on l’entraine hors de la ville et on le lapide. Les témoins mettent ieurs vêtements aux pieds d’un jeune homme, nommé Saul. Étienne, avant d’expirer, leur pardonne à genoux, en s'écriant à haute voix : « Seigneur, ne leur imputez point ce péché. » (34 de l’ère chrétienne.)

À cette époque, une violente persécution s'élève contre l’église de Jérusalem ; tous les fidèles, excepté les Apôtres, sont dispersés en divers endroits de la Judée et de la Samarie. Saul, qui devait bientôt, sous le nom de Paul, après sa conversion sur la route de Damas, se montrer le plus ardent et le plus éloquent défenseur de la religion du Christ, s’acharne alors contre elle avec une fureur aveugle, en Hvrant aux magistrats tous ceux qui la professent.

L'an 35, Pierre confie à Jacques le Mineur l’Église de Jérusalem et va visiter les chrétientés naissantes de la Syrie et notamment celle d’Antioche.

Vers la fin de cette même année, le nouveau préfet de Syrie, Vitellius, successeur de Pomponius Flaccus, ordonne au procurateur de Judée, Ponce-Pilate, d'aller se justifier à Rome des plaintes que les Samaritains et les Juifsavaient formulées contre lui. Il charge en mème temps son ami Marcellus de gérer provisoirement la procure de la Judée.

L'an 36, Vitellius se rend lui-même à Jérusalem pour la fète de Pâques et il accorde aux Juifs l’abolition des octrois et la garde des vêtements sacrés du grand-prètre. En même temps, il dépose Caïphe, le principal en-

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nemi des chrétiens, qui occupaitle pontificat depuis plus de dix ans et il le remplace par Jonathan, l’un des fils d'Anne.

Dès les premiers jours de son règne (mars 37), Caïus Caligula établit Hérode Agrippa I‘, petit-fils d'Hérode le Grand par son père Aristobule, roi des tétrarchies de Philippe et de Lysanias ; bientôt même, la tétrarchie d'Hérode Antipas, disgracié et exilé à Lyon par l’empereur, est ajoutée à ses États. L’an 40, Caligula conçoit la folle pensée de faire placer sa statue comme celle d’un dieu dans le Temple de Jérusalem, et Pétronius, successeur de Vitellius, prend le gouvernement de la Syrie et a l’ordre de faire exécuter la volonté de l’empereur. Cet ordre, qui soulève toute la nation juive finit par être contremandé, grâce à l'intervention d'Hérode Agrippa qui était alors à Rome.

En l’an 41, Caligula est tué, en tombant sous le polgnard de Cassius Chœærea. Claude, son oncle, est proclamé empereur à sa place. Comme il doit en grande partie sa couronne aux démarches actives d'Hérode Agcrippa, il adjoint aux États de celui-ci la Judée, Abila de Lysanias et un district du Liban. Agrippa, devenu roi de toute la Palestine, entre solennellement à Jérusalem, l’an 42, et suspend dans le Temple une chaine en or qui lui avait été donnée par Caligula, lors de sa sortie de prison à Rome et comme un souvenir de sa captivité. Cette même année, à l’époque de Pàäques, Paul et Barnabé sont envoyés d’Antioche à Jérusalem pour remettre aux chrétiens de cette dernière ville, qu'avait affligée une grande famine prédite par le prophète Agabus, les aumônes de cette grande et opulente cité.

A peu près vers le même temps, Hérode Agrippa, pour plaire aux Juifs, fait périr par l’épée, à Jérusalem, Jacques le Majeur, fils de Zébédée, et frère de Ten l'Évangéliste. Suivant une ancienne tradition, ce saint apôtre, avant de mourir sous le glaive, avait prêché

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l'Évangile en Espagne, où ses reliques furent ensuite transportées de Jérusalem et sont devenues depuis l’objet d’un culte tout particulier.

Hérode fait aussi saisir Pierre. Cétaient alors Îles jours azymes. Quatre soldats devaient veiller sur lui tour à tour et le roi avait l’intention de le condamner à mort après la fête de Pâques. Pendant que Pierre était ainsi étroitement gardé dans sa prison, l’Église faisait sans cesse des prières pour lui. Or, la nuit qui précédait le jour où Hérode devait ordonner de le mener au supplice, comme Pierre dormait enchaîné entre deux soldats et que deux autres veillaient à la porte de la prison, délivré et conduit miraculeusement par un ange, il passa impunément le premier etle second corps de garde et atteignit la porte de fer par laquelle on allait à la ville et qui s’ouvrit d'elle-même. Le saint apôtre vit alors disparaître son céleste compagnon et il se dirigea seul vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où de nombreux disciples étaient rassemblés et en prière. Quant 1l eut frappé à la porte, une fille, appelée Rhode, vint pour ouïr qui c'était. Et ayant reconnu la voix de Pierre, elle en eut une si srande joie, qu'au lieu de lui ouvrir, elle courut direaux disciples que Pierre était à la porte. On lui répondit qu'elle avait perdu l'esprit ; mais elle assura que c'était bien lui, et ils dirent : « Cest son ange. » Cependant, Pierre continuait à frapper; on lui ouvrit donc. À sa vue, tous furent saisis d’un extrême étonnement. Il leur raconta alors comment le Seigneur l'avait tiré de prison.

Hérode Agrippa avait une grande passion pour les constructions, comme son grand-père Hérode. Pour ne signaler que celles qu'il entreprit à Jérusalem, c’est lui qui fit bâtir le troisième mur d’enceinte, lequel enferma dans la cité le nouveau quartier, appelé Bézétha ou la ville neuve, qui s'était développée rapidement au nord du Temple. Cette construction inspira de vives inquié-

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tudes à Marsus, gouverneur de Syrie et successeur de Pétronius, qui crut devoir en informer l’empereur Claude. Celui-ci ordonna à Agrippa d'interrompre ces travaux, qui furent repris plus tard par les Juifs.

Au commencement de l’année 44, Hérode Agrippa succomba, à Césarée, où 1l s'était retiré depuis quelque temps, frappé d’un mal soudain et inconnu qui fut regardé comme une punition divine. (Actes, ch. xu. Antiquilés judaïques, 1. XIX, ch. vi.)

Ce roi laissait trois filles et un fils âgé de dix-sept ans, quiportait également le nom d’Agrippaet qui vivait alors à Rome sous la surveillance et sous la tutelle de l’empereur. Comme, à cause de sa jeunesse, ce prince paraissait à Claude incapable d’aller soutenir, en Palestine, le fardeau de la royauté au milieu des difficultés actuelles, 1l envoyacomme gouverneur Cuspius Fadus, et le pays fut de nouveau réduit en province romaine.

L'an 45, une grande famine désola la Palestine. Hélène, reine d’Adiabène, convertie à la foi juive, allégea les souffrances du peuple à Jérusalem, dans le courant de l'année 46, en distribuant aux pauvres du blé et des fruits secs. Pendant son séjour à Jérusalem, elle se fit élever, à trois stades de la ville, un magnifique mausolée, où ses restes et ceux de son fils Izates furent ensuite transportés.

Cuspius Fadus fut remplacé, à cette époque, comme procurateur par Alexandre Tibère, et celui-ci, en 47, par Ventidius Cumanus.

L'an 49, Pierre revint d'Antioche à Jérusalem pour y présider un concile où assistaient plusieurs apôtres, notamment Jacques le Mineur, Paul et Barnabé. Dans cette réunion solennelle, il fut décidé que les nouveaux convertis parmi les Gentils ne seraient plus astreints à la circoncision et aux cérémonies légales.

Vers cette même année, la Sainte Vierge mourut, dit-on, à Jérusalem. C’est dans cette ville, effectivement,

que, selon Popinion la plus répandue, l’auguste Mère du Messie s’endormit dans le sein du Seigneur, lan 70 de son àge.

Depuis que son divin fils était remonté à la droite de son Père, elle aspirait sans cesse à le rejoindre et à quitter cette terre d’exil, où Il avait tant souffert pour le salut du monde, afin de le retrouver dans son royaume où Il l’attendait elle-même. Elle exhala enfin doucement son dernier soupir en présence de la plupart des Apôtres dans la demeure qu’elle habitait sur le mont Sion, et dont on montre encore l’emplacement, près du Cénacle. Déposée d’abord par les Apôtres, témoins de sa mort, dans son tombeau de la vallée de Josaphat, elle fut, trois jours après, ravie miraculeusement au ciel et, suivant la tradition universelle de l’Église, son corps virginal réuni à son âme immaculée fut transporté par la main des anges à la place d'honneur quilui avait été préparée par son Fils. Cette croyance est partagée à La fois par l'Église latine et par l’Église grecque, et la raison aussi bien que la foi semblent s’accorder ensemble pour la justifier, Il parait, en effet, tout à fait conforme à la raison que la Vierge privilégiée entre toutes, que le péché originel n avait point atteinte et qui, en outre, avait eu la gloire insigne de porter dans ses chastes entrailles le Sauveur des hommes, ne fût point soumise à la peine du péché, c’est-à-dire à la corrupüon du tombeau, et ressuscitàt, comme le Messie luimême qu'elle avaitenfanté, après un court passage dans la mort et dans le sépulcre.

L'an 50, une sédition éclate à Jérusalem, pendant les fètes de Pàques et plusieurs milliers de Juifs périssent étoulfés ou écrasés dans l’enceinte du Temple ou dans les rues étroites qui y conduisent.

Félix, affranchi de Claude, remplace, l’an 52, le procurateur Cumanus, qui est rappelé à Rome. Fatigué des remontrances du grand-prêtre Jonathan, qui lui reproche les désordres de sa vie, il le fait assassiner par

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