SAINT NARCISSE, ÉVÊQUE DE JÉRUSALEM
de la Palestine ; celle-ci, siège habituel du proconsul, fut considérée comme le centre politique et administraüf de toute la contrée et, par suite, l’évèque de Césarée devint le supérieur ecclésiastique et le métropolitain de tous les évèques de la Palestine. Jérusalem se trouva donc placée sous la dépendance ecclésiastique de Césarée. Parmi les évêques, nés de Gentils, qui gouvernèrent l’Église de Jérusalem avant saint Macaire, nous devons signaler principalement saint Narcisse, qui oc- . cupa de longues années le siège épiscopal d’Ælia et prit une part active à toutes les discussions qui agitèrent l'Eglise de Palestine à cette époque. Il présida, conjointement avec Théophile, évèque de Césarée, dans le concile qui, Pan 195, régla le jour où l’on devait célébrer la fête de Pâques. Cette fête ne se célébrait pas dans toutes les églises à la même date. Il fut décidé dans ce concile, qui se tint à Jérusalem, qu’elle répondrait dorénavant non à la Pâque des Juifs, mais à la Résurrection de Notre-Seigneur, et, par conséquent, se célébrerait le jour anniversaire de ce grand événement.
Malgré sa sainteté et ses miracles, Narcisse fut poursuivi par la calomnie et, pour se dérober à la fureur de ses ennemis, il se retira quelque temps dans la solitude. Pendant son absence, trois évêques le remplacèrenttour à tour sur le siège de Jérusalem, mais ensuite ses accusateurs furent convaincus de mensonge et frappés de châtiments célestes, qui prouvèrent la fausseté de leurs imputations. Narcisse rentra alors triomphalement à Jérusalem. Parvenu à une extrême vieillesse, il prit pour coadjuteur Alexandre, évêque de Cappadoce, qui était venu en pèlerinage dans la Ville Sainte et s’y vit retenu comme coévêque.