SAINTE HÉLÈNE
allait arriver à Jérusalem, pour y rechercher le Saint Sépulcre et la vraie Croix. L’évèque reçut processionnellement Ia vénérable impératrice aux portes de la ville (326), puis la conduisit devant le sanctuaire de Vénus, qui avaitétéérigé par Adrien au-dessus du tombeau du Sauveur. Ce temple fut aussitôt renversé, et sous ses débris déblayés, on vit apparaître, au milieu de l'émotion générale, le Saint Sépulcre que cet amoncellement de terre et de matériaux avait recouvert sans le détruire. Près de Ià, on retrouva la roche du Calvaire et un peu plus bas une grande citerne qui contenait trois croix, des clous, et une tablette avec cette inscription en trois langues : hébraïque, grecque et latine : Jesus de Nazareth, roi des Juifs.
Un miracle attesté par un grand nombre d’auteurs contemporains ou rapprochés de cet événement révéla la vraie Croix. Une femme de Jérusalem était sur le point de mourir. L’évèque lui fit toucher successivement les trois croix. Les deux premières restèrent sans. effet; mais, au contact de la troisième, la malade, qui allait expirer, se leva soudain ; elle était guérie.
Bientôt sainte Hélène, avec l'autorisation de son fils, donna l’ordre à l’architecte Eustache, venu de Constantinople, d’ériger une vaste basilique qui püt renfermer dans son enceinte les principaux monuments de la Passion, tels que le Saint Sépulcre, le Calvaire et l’endroit de l’Invention de la Vraie Croix.
La construction de cette basilique, avec ses cinq nefs, son atrium et ses propylées, dura dix années. Sainte Hélène, qui en avait jeté les fondements, l’an 326, n’eut pas la consolation d’en voir la dédicace, qui n’eut lieu qu’en 335; car elle mourut elle-même lan 328.
Sur la montagne des Oliviers, le mème architecte, par l’ordre de l’impératrice, bâtit une autre basilique en l'honneur de lAscension. En même temps, sur la colline de Sion et en dehors de la ville, l’ancienne église du Cénacle fut enclavée dans une grande basili-
que. D’autres églises aussi consacrèrent l'emplacement de la maison de sainte Anne, du Tombeau de la Sainte Vierge et de la fontaine de Siloé, dont les eaux furent renfermées duns une crypte souterraine. L’évèque Macaire mourut au milieu de ces immenses travaux, vers la fin de l’année 333, et Maxime lui succéda. Ce dernier évêque avait subi le martyre sous Dioclétien, et en portait dans sa personne les glorieuses marques.
La basilique du Saint-Sépulcre étant achevée, l'an 335, de nombreux évèques accoururent de tous côtés pour la bénir. Un officier de l’empereur, nommé Marcien, fut chargé de les recevoir et de distribuer au peuple les largesses impériales. La cérémonie fut d’une splendeur inouïe; près de trois cents évêques y assistèrent et une foule prodigieuse inonda pendant huit jours toutes les parties de l'édifice sacré. La dédicace, en effet, dura une semaine entière et l’Église de Jérus salem en perpétua le souvenir par un anniversaire.
Les fètes une foisterminées, on repritla cause d’Arius et l’on vit avec étonnement l'illustre assemblée des évèques réunis à Jérusalem proclamer l’orthodoxie de cet hérésiarque. Le pape Jules lança aussitôt l’anathème sur le concile de Jérusalem. L’évèque Maxime figurait à la séance qui réhabilita Arius, et lui, martyr de la vraie foi, il eut la faiblesse d’apposer sa signature à cet acte coupable. Bientôt néanmoins, repentant ethoneux de lui-mème, il rompitouvertement avec les Ariens en signant, l’un des premiers, la lettre circulaire où les Pères de Sardique proclamèrentdéfinitivement la déposition des principaux chefs de l’Arianisme et, entre autres, celle d’Acace, successeur d’Eusèbe sur le siège métropolitain de Césarée.
Acace, toutefois, finit par reconquérir son autorité et par chasser même de Jérusalem Maxime, qui mourut quelque temps après, l'an 349.
Saint Cyrille, qui fut appelé alors à montersur le siège de Jérusalem, y était à peine installé, qu'un pr odige