‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 55 sur 179 · SAINT CYRILLE, ÉVÉQUE DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

SAINT CYRILLE, ÉVÉQUE DE JÉRUSALEM

éclatant attira l’attention générale du monde sur la Ville Sainte. Le 8 mai 351, une immense croix lumineuse apparut au-dessus du Golgotha; elle s’étendait du Calvaire jusqu'au mont des Oliviers et rayonnait sur la cité entière. L’évêque en écrivit à l’empereur Constance, etnous possédons encore la lettre importante où est consignée cette apparition, signalée, du reste, par plusieurs autres écrivains du temps.

Jérusalem se couvrit à cette époque de nombreux monastères et se peupla de religieux. En même temps, le courant des pèlerinages s’accrut de jour en jour. Jaloux d'arrêter cette expansion du christianisme, un philosophe devenu empereur, Julien lApostat, voulut convaincre de fausseté les prédictions du Christ, en rebâtissant le Temple de Jérusalem. Il rappela de toutes parts les Juifs dans leur ancienne patrie. Alypius, auparavant gouverneur de la Grande-Bretagne, fut envoyé en Syrie, où, puissamment secondé par le gouverneur de cette province, il fut chargé des travaux à entreprendre. Les Juifs, encouragés par l’empereur, se mirent à l’œuvre avec une ardeur incroyable. Les femmes elles-mèmes, non contentes de donner leurs parures et leurs bijoux, s’employèrent à déblayer les décombres ; plusieurs d’entre elles avaient fait fabriquer dans ce but des hoyaux, des peilles et des hottes d'argent, ne trouvant aucun instrument trop beau ni trop précieux pour la reconstruction de leur temple. Afin de mieux assurer les fondations du nouvel édifice, les Juifs achevèrent de bouleverser les anciens débris qui restaient du monument élevé par Hérode et creusèrent des fossés profonds dans lesquels ils se préparèrent à asseoir leur sanctuaire futur. Les chrétiens commençaient à se décourager; mais saint Cyrille les rassurait, en souriant : « Ils ont bien arraché les der- « nières pierres de leur Temple, disait-il, mais voyons- «les bâtir. » Déjà cet évêque, étant encore simple prètre, avait prédit aux fidèles qu'un jour, dans lespoir

deréédifier leur Temple, les Juifs en détruiraient euxmêmes les derniers vestiges. Il ne s'était pas trompé ; car voici ce que rapporte Ammien Marcellin (1. XXTIT, GTTAEES) De

« Cum itaque rei idem fortiter instaret Alypius, juvaretque provinciæ rector, metuendi globi flammarum prope fundamenta erebris assultibus erumpentes fecere locum aliquoties operantibus inaccessum ; hocque modo, elemento obstinatius repellente, cessavit INCŒ@ptum. » |

Tandis qu'Alypius pressait vivement les travaux, « aidé par le gouverneur de la province, il sortit près « des fondations de terribles tourbillons de flammes « qui s’élancèrent à plusieurs reprises contre Îles « ouvriers et rendirent ce lieu inaccessible. Ce fut de « la sorte qu'obstinément combattue par cet élément, « l’entreprise fut abandonnée. »

Saint Cyrille acheva en paix, à Jérusalem, un épiscopat très longtemps agité et trois fois interrompu par l'exil. Avant de mourir, il eut la consolation de voir le concile de Gonstantinople, de 383, rendre un solennel hommage à son orthodoxie et le féliciter des longs combats qu'il avait soutenus contre les Ariens.

Il eut pour successeur un prêtre, nommé Jean, dont l’épiscopat est l’époque de l’épanouissement le plus complet de la vie religieuse en Palestine. Sous lui, la célèbre Mélanie donna l'hospitalité à des hôtes illustres » dans le monastère qu’elle avait fondé sur la montagne des Oliviers. Ce fut là que le prêtre Rufin écrivit les deux livres de son Histoire ecclésiastique. En même temps, l’un des plus beaux noms de Rome, Paula, arrivait en Palestine avec Eustochie, sa fille, et se fixait à Bethléhem, où elle bâtit deux monastères, l'un poursaint Jérôme, son guide spirituel, et ses disciples, l’autre pour elle-même, pour sa fille et pour les pieuses femmes qui se réunirent bientôt autour d'elles.

« L'influence théologique et morale de ces divers

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