L'EMPEREUR HÉRACLIUS
basiliques incendiées. Puissamment secondé par le patriarche d'Alexandrie, Jean l’Aumônier, il ne put néanmoins disposer de ressources assez considérables pour reconstruire dans son plan primitifla basilique du Saint- Sépulcre, et il fut obligé de scinder en quatre églises différentes le vaste édifice qui enveloppait auparavant dans une même enceinte les stations consacrées par la tradition chrétienne. En même temps, l’empereur Héraclius, sortant de son apathie, redoublait, de son côté, d'efforts pour arrêter les Perses dans leurs conquêtes; il leur livrait bataille sur bataille et détruisait successivement cinq de leurs armées. L’an 628, il vit enfin arriver à Tauris, où il prenait ses quartiers d'hiver, des ambassadeurs perses qui lui annoncèrent le meurtre de Chosroës, assassiné par les grands de sa cour, et lui apportèrent les propositions de paix du nouveau roi Siroès, son fils. Les Perses abandonnaient leurs conquêtes, rentraient dans leurs anciennes limites, rendaient la liberté à leurs prisonniers et restituaient à l'empereur le bois de la Vraie Croix. A ces conditions, la paix fut signée de part et d'autre.
Au printemps de l’an 629, Héraclius s’achemina vers la Palestine. Le patriarche Zacharie, revenu du fond de la Perse, l’abbé Modestus et un grand nombre de moines sorlirent de Jérusalem, à sa rencontre, quand il approcha de la Ville Sainte. Suivi de ce cortège, l’empereur arriva à la Porte Dorée, mit là pied à terre, déposa sa couronne et son manteau impérial et se dirigea humblement vers la nouvelle église du Saint-Sépulcre, portant sur ses épaules le bois de la Vraie Croix. Le retour à Jérusalem de cette sainte relique fut consacré par un anniversaire qui se confondit bientôt dans la mémoire du peuple et des pèlerins avec celui de la découverte des divers instruments de la Passion et de la dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre.
Le patriarche Zacharie ne survécut pas longtemps à cet heureux événement et le moine Modestus lui suc-
céda sur le siège de Jérusalem, où lappelaient son mérite personnel, ses vertus et les immenses services qu'il avait rendus. Il mourut, lui-même, peu d'années après, et fut remplacé par Sophronius.