HAROUN-ER-RASCHID ET CHARLEMAGNE
mément aux promesses d’Omar, s’appesantit ensuite singulièrement. Les impôts devinrent écrasants, les croix furent abattues et les églises ainsi que les monastères souvent ravagés furent parfois même le théâtre de massacres sanglants.
Sous la dynastie des Ommiades et ensuite sous celle
des Abbassides, malgré l’oppression qui pesait alors sur les chrétiens de la Palestine et malgré les périls et les obstacles de toutes sortes que rencontraient ceux qui venaient vénérer les Lieux Saints, les pèlerins affluaient néanmoins én Terre Sainte et surtout à Jérusalem.
Le règne de Haroun-er-Raschid (786-809) fut pour les chrétiens de cette contrée une ère de tranquillité et de bonheur; car alors dominait en Occident la grande figure de Charlemagne, dont la gloire éclipsait toutes les autres renommées et dont la protection s’étendit jusqu'aux églises de l'Orient. Le khalife de Bagdad voulut vivre en bonne harmonie avec un si redoutable souverain et lui envoya les clefs de Jérusalem et du Saint- Sépulcre. On vit à cette époques’élever dans cette ville, non loin de la basilique du Saint-Sépulcre, l’église de Sainte-Marie-Latine, et tout auprès un monastère et un hospice pour les pèlerins de l'Occident. L'empereur y ajouta une bibliothèque considérable pour remplacer celle qu'avait autrefois fondée l’évêque Alexandre. Plein de sollicitude pour tout ce qui avait rapport à la Terre Sainte et aux chrétiens d'Orient, il établit à perpétuité l'envoi régulier d’aumônes abondantes destinées à la Palestine.
L'an 809, désireux de mettre un terme aux débats théologiques qui divisaient alors les moines latins du mont des Oliviers et les religieux grecs de Saint-Sabbas, il réunit dans ce but un concile à Aix-la-Chapelle.
Plus tard, quand les successeurs de Haroun, infidèles à la politique conciliante de ce khalife, recommencèrent à opprimer les chrétiens de la Palestine, le patriarche
de Jérusalem, Hélias IIT, adressa, en 881, à Charles le Chauve une lettre très pathétique que nous possédons
encore. Cet appel, malheureusement, demeura alors
sans écho. |
Depuis l’année 929 jusqu’à l’année 950, le pèlerinage de la Mecque, par suite de l'invasion des Karmates, fut forcément interrompu pour les musulmans et la mosquée d’Omar remplaça pour leurs pèlerins la célèbre Caaba.
En 972, la. Palestine tomba au pouvoir de Moezz- Eddin-Allah, khalife de la dynastie des Fatimites. Hakem, troisième khalife de cette dynastie, persécuta les chrétiens de Jérusalem de la manière la plus cruelle. L’an 1009, il donna même l’ordre de détruire l’église du Saint-Sépulcre. Cette église ne fut rebâtie que sous le khalifat d'El-Mostanser-Billah, petit-fils de Hakem, et l’empereur Constantin Monomaque envoya, à cet effet, de grandes sommes d’argent pour la reconstruire. (1046- 1048.)
En 1076, Jérusalem tomba sous le joug des Turcs Sedjoucides.
En 1095, elle devint la possession de El-Afdhal-1bn- Bedr, général d'El-Mostaali-Billah, khalife d'Égypte. Cependant, les avanies que depuis longtemps essuyaient les pèlerins en Palestine étaient si communes et si répêtées que les plaintes exhalées par eux à leur retour retentirent enfin avec plus de force que jamais dans toute l’Europe. Le moine Pierre l’Ermite s’en fit principalement l’éloquent interprète et les croisades furent entreprises. Auconcile général de Clermont, en novembre 1095, le pape Urbain Il, accompagné de ce religieux, prècha la guerre sainte contre les infidèles et nomma Adhémar de Monteil, évêque du Puy, son légat apostolique auprès de l’armée chrétienne. Le départ de l'expédition fut fixé au 15 août 1096.
Pierre l’Ermite, impatient de se mettre en route, devança les autres croisés et, à la tête d’une centaine de mille hommes, mal armés et mal disciplinés, il effraya
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