‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 64 sur 179 · BAUDOUIN II · texte numérisé non relu

BAUDOUIN II

de ce prince, qui n’avait pas laissé de fils; mais Eustache était en Europe, et les dangers qui environnaient de toutes parts le trône vacant ne permettaient pas qu’on attendit longtemps celui qui devait l’occuper, et comme Baudouin du Bourg, cousin du défunt roi, se trouvait à Jérusalem et qu’il avait pour lui l’appui du patriarche de cette ville, il fut couronné dans l’église du Saint-Sépulcre le jour de Pâques 1118.

Baudouin IT signala la seconde année de son règne par une victoire sur le prince Ortokide el-Ghazi, qui ravageait la principauté d’Antioche. A peine deretour de cette expédition, il apprit que le comte d’Édesse, Josselin de Courtenay, avec son cousin Galeran, avait été fait prisonnier par Balak, émir des Turcomans. Il s’avança aussitôt à leur secours et essaya de les délivrer; mais, tombant lui-même dans une embuscade que lui avait tendue l’émir, il fut conduit captif en Mésopotamie et enfermé dans le château de Harran, en 1123. Les Égyptiens profitèrent de la captivité du roi pour venir attaquer Jafla. Repoussés avec pertes dans la plaine de Ibelin, 1ls coururent se réfugier à Ascalon.

Sur ces entrefaites, une flotte vénitienne débarqua à Ptolémaïs ; le doge qui la commandait se rendit à Jérusalem. Là, dans un conseil tenu devant le régent du royaume, Eustache d’Agrain, comte de Sidon, et le doge de Venise, on convint que l’on irait attaquer, soit Tyr, soit Ascalon. Comme on hésitait vers laquelle de ces deux villes on devait marcher, deux billets portant l’un le nom de Tyr et l’autre celui d’Ascalon furent déposés sur le Saint Sépulcre. Un enfant tira l’un de ces billets; c'était celui où le nom de Tyr était écrit. L'expédition contre cette ville fut aussitôt résolue.

Tyr, investi à la fois du côté de la mer par la flotte vénitienne et de la terre par l’armée des Francs, opposa une longue et énergique résistance aux efforts des assiégeants. Enfin, le 7 juillet 1124, malgré les diversions que tentèrent pour la secourir les troupes égyp-

tiennes d’Ascalon et les Turcs de Damas, elle fut contrainte d'ouvrir ses portes au vainqueur, et les musulmans qu’elle contenait furent obligés de se retirer avec leurs femmes et leurs enfants. Les deux tiers de la ville devaient appartenir au roi de Jérusalem et un tiers aux Vénitiens.

Le 29 août 1124,le roi Baudouin If, ayant obtenu sa liberté, put rentrer à Jérusalem. A peine de retour dans sa capitale, il entreprit successivement deux expéditions, l’une au Nord, pour délivrer la principauté d’Antioche que les Turcs dévastaient, l’autre à l’Est, pour ravager, à son tour, le territoire de Damas.

En 1129, il donna sa fille Mélisende en mariage à Foulques, comte d'Anjou, alors en pèlerinage pour la seconde fois à Jérusalem et, comme :1l n'avait pas luimême de fils, il reconnut son gendre pour son successeur. Après une nouvelle expédition infructueuse, entreprise contre la principauté de Damas, Baudouin II mourut, le 21 août 1131.

Foulques d'Anjou fut couronné roi, le 14 septembre de la même année. Son règne fut marqué principalement par la conquête de Panéas, ville qui, à cause de sa position entre la Palestine et la principauté de Damas, fut souvent prise et reprise par les musulmans et par les chrétiens. Le 13 novembre 1142, Foulques succomba, à Ptolémaïs, des suites d’une chute de cheval qu'il avait faite à la chasse.

Baudouin II, l'aîné de ses deux fils, mais qui était encore mineur, succéda à son père, sous la régence de sa mère Mélisende.

En 1143,un Arménien, l’un des principaux officiers du prince de Damas, offrit aux Francs de leur livrer la ville de Bosra. dans le Hauran, avec une autre place dont il était le gouverneur. Baudouin, devenu majeur, accepta cette offre avec empressement et se hâta de conduire son armée à Bosra. Quand, après une marche pénible, il approcha de cette ville, 1l apprit qu’elle avait

Page 1