‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 65 sur 179 · SECONDE CROISADE · texte numérisé non relu

SECONDE CROISADE

été remise aux Tures par la femme de l’émir qui avait promis de la livrer aux chrétiens. Trompé dans son attente, ilreprit la route de Jérusalem, harcelé souvent par l’ennemi qui lui tua beaucoup de monde.

En 1147, Zenghui s’empara d'Édesse. La chute de cette ville importante plongea dans la consternation toutes les colonies fondées en Asie par les croisés, et celles-c1 se hâtèrent de réclamer les secours de lOccident. Saint Bernard, abbé de Clairvaux, reçut du pape Eugène IIT Ia mission de prècher la seconde croisade. L'empereur d'Allemagne, Conrad ITT, et Louis VIT roi de France, prirent l’un et l’autre la croix avec des troupes formidables; mais, trahis par l’empereur grec Manuel Comnène, et sans cesse attaqués en Asie Mineure par les Turcs, ils n’atteignirent la Palestine qu’au printemps de l’année 1148, avec les débris de leurs armées. Dans un conseil de guerre tenu à Ptolémaïs, il fut décidé qu’on irait faire le siège de Damas, et que Baudouin, avec tous les barons de son royaume, prendrait part à cette expédition. Les chrétiens formaient trois corps : le premier composé des Francs de Syrie, commandés par le roi de Jérusalem ; le second, des croisés français, sous la conduite de Louis VII; le troisième, des Allemands, ayant à leur tète l’empereur Conrad. Des rivalités funestes malheureusement éclatèrent bientôt au milieu de l’armée assiégeante, dont les différents chefs se disputaient déjà, par avance, la possession d’une ville qu'ils n'avaient point encore conquise. Les habitants de Damas, d’abord effrayés et sur le point de se rendre, se rassurèrent ensuite et repoussèrent victorieusement les assauts qui leur furent livrés. Le siège fut levé et les chrétiens, humiliés et confus, reprirent le chemin de Jérusalem, d’où Conrad s’empressa de retourner dans ses États. Louis VII demeura encore quelque temps en Palestine, avant de regagner les siens. Guillaume de Tyr, en racontant les différentes phases de cette expéditionavortée, ne manque

pas de nous dire que les revers des chrétiens devant Damas préparèrent la décadence de leur empire en Orient. En effet, sans la possession de Damas et d'Alep, leur domination en Syrie ne pouvait être que précaire.

En 1153, Baudouin, pour relever l’honneur des armes chrétiennes, résolut de s'emparer d’Ascalon. Pendant qu’une flotte de quinze navires la bloquait par mer, il alla l’assiéger lui-même par terre. Après une longue et opiniâtre résistance qui dura plusieurs mois, Ascalon capitula enfin, le 10 août 1153. La conquête de cette place importante livrait aux Francs le chemin de l’Égypte, en fermant aux Égyptiens celui de la Palestine.

En 1157, Baudouin fut moins heureux contre Nour- Eddin; car, battu par lui près du gué de Jacob, 1l eut beaucoup de peine à s’échapper, en se réfugiant dans une forteresse voisine du Jourdain.

En 1159, ayant reçu des secours de lOccident, 1l répara cet échec et triompha, à son tour, de Nour- Eddin, près du lac de Tibériade. La même année, il épousa Théodora, nièce de l’empereur Manuel.

En 1160, Renaud de Châtillon, prince d’Antioche, étant tombé entre les mains des musulmans, Baudouin fut appelé par les habitants de cette grande cité, afin de la gouverner pendant l’absence de son chef. Mais là, il contracta les germes d’une grave maladie, dont il mourut à Beyrouth, le 10 février 1162. Sa dépouille mortelle fut transportée à Jérusalem, pour être réunie à celles de ses prédécesseurs, dans la basilique du Saint-Sépulcre.

Comme :l n'avait point laissé d’enfant, son frère Amaury fut couronné roi, à sa place, le 18 février de cette même année. Ce prince tourna aussitôt ses vues vers l’Égypte, dont il résolut de s emparer, le khalife refusant de payer le tribut qui lui avait été imposé après la prise d’Ascalon. Pendant qu’il exécutait cette expédition, Nour-Eddin emporta de vive force la place de Ilarenc. Il battit ensuite le prince d’Antioche et le comte

Page 1