‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 75 sur 179 · EXPÉDITION DU PRINCE ÉDOUARD EN PALESTINE AT · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DU PRINCE ÉDOUARD EN PALESTINE AT

décrets éternels que cette dernière ville devait demeurer au pouvoir des musulmans.

Le prince Édouard, fils de Henri INT, roi d'Angleterre, et une troupe de Frisons débarquèrent à Tunis peu de temps après la mort du saint roi et ils furent les seuls guerriers de cette croisade quise rendirenten Palestine. Ils abordèrent à Saint-Jean-d’Acre, d’où le prince £douard alla s'emparer de Nazareth, dont ilmassacra les musulmans ‘qui avaient dévasté la principale église de cette ville; puis, après avoir failli succomber sous le poignard d'un assassin, envoyé par le Vieux de la Montagne, il conclut une trève avecle sultan d'Égypte el retourna en Angleterre, vers le 15 août 1271. Les Frisons, de leur côté, se trouvant trop peu nombreux pour tenter rien de sérieux, avaient regagné également Jeur pays.

Au mois de mai 1274, le pape Grégoire X essaya de soulever encore une fois la chrétienté contre les infidèles et assembla dans ce but un concile œcuménique à Lyon. Des ambassadeurs Tartares parurent dans cette sainte assemblée pour proposer l'alliance de leur nation contre les musulmans; mais les préparatifs de cette nouvelle croisade étaient à peine commencés, que la mort de Grégoire X, en janvier 1276, vint tout interrompre, et les colonies chrétiennes de la Syrie et de la Palestine ne durent plus compter pour leur défense sur les secours de l'Europe.

En 1277, la mort de Bibars et l'invasion des Tartares relevèrent un instant le courage des chrétiens d'Orient; mais Kélaoun, qui avait usurpé le trône d'Egypte sur les fils de Bibars, ayant écrasé Les Tartares, les chrétiens de la Palestine, qui avaient osé faire quelques courses sur le territoire musulman, s’empressèrent de demander la paix au vainqueur. Cette trève ne fut que passagère; car, en 1284, Kélaoun, poursuivant les projets de Bibars, s’empara de la forteresse de Markab, située entre Laodicée et Tripoli.

Dans cette même année, Jean I, roi de Chypre, se fit couronner à Saint-Jean-d'Acre roi de Jérusalem et, ayant été surpris par la mort, l’année suivante, il fut remplacé sur ce trône illusoire et sur celui de Chypre par son frère Henri.

En 1289, Kélaoun emporta de vive force Tripoli.

En 1290, au moment où il se préparait à attaquer également Saint-Jean-d’Acre, il tomba malade et expira quelques jours après, laissant à son fils Khalil-Aschraf le soin d'accomplir Pœuvre qu’ilméditait. Celui-e1, dans les premiers jours d'avril 1291, commença le siège de cette place importante. Les attaques devinrent aussitôt très vives et se succédèrent sans interruption. Le roi de Chypre, qui était venu au secours de la ville, en qualité de roi de Jérusalem, n’y resta que quelques jours; car ayant vu l’état désespéré des assiégés, 1l déserta honteusement pendant la nuit, avec les guerriers qu'il avait amenés. Saretraite furtüiveexcital’indignation des défenseurs de la place et les plongea en mêmetemps dans le plus grand abattemeut. Ne pouvant plus compter que sur Dieu et sur leur courage, ils continuèrent néanmoins à lutter encore avec acharnement. Enfin, le 18 mai 1291, après un assaut général et très meurtrier, la ville tomba aux mains des musulmans. Un massacre effroyable eut lieu alors dans cette malheureuse cité; elle fut en grande partie démolie et ses remparts furent renversés.

La conquête de Saint-Jean-d’Acre entraîna bientôt celle de Tyr, de Tortose, de Beyrouth et de Sidon, et la Palestine entière fut de nouveau assujettie au joug de de l’islamisme, Tous les chrétiens qui y furent épargnés furent contraints de se soumettre à un tribut ; les autres furent ou expulsés ou exterminés. Ainsi finit le royaume franc de Jérusalem, dans les derniers débris qui en restaient. Une servitude plus ou moins dure, suivant les temps et le caractère des hommes qui commandaient, pesa dès lors sur les popula-

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