LA PALESTINE TOMBE AU POUVOIR DES TURCS
tions chrétiennes qui s'étaient maintenues dans le pays.
En 1342, Robert, roi de Naples, et Sanche sa femme, achetèrent du sultan qui régnait à cette époque en Egypte les principaux sanctuaires de Jérusalem, et les cédèrent au Saint-Siège qui, par une bulle de Clément VI, datée d'Avignon, le 24 novembre de cette année, en remit la propriété et Le soin de les desservir aux disciples de saint François d'Assise. Ces pieux religieux habitaient alors le couvent du mont Sion, où ils recevaient les pèlerins chrétiens.
En 1400, le terrible Timour ou Tamerlan, l’empereur des Mogols, envahit la Syrie ; mais la Palestine échappa
a ses ravages.
En 1452, sous le règne du sultan d'Égypte Malek- Dhaher-Djakmak, les musulmans de Palestine, par ordre de ce souverain, dévastèrent, à Jérusalem, l’église du Saint-Sépulcre et plusieurs couvents.
L'an 1517, l’empereur ottoman Sélim I conquit la Syrieetla Palestine sur Kansou-Gauri, sultan d'Égypte, et divisa ces deux contrées en cinq pachaliks. A partir de cette époque, comme le remarque M. Michaud (Histoire des C'roisades, tome V), la plupart des souverains de la chrétienté, et principalement ceux de la France, mirent leur gloire, non plus à délivrer, mais à protéger les populations chrétiennes de l'Orient, el notamment celles de Jérusalem, contre les outrages et les violences des musulmans. Les Capitulalions de François [‘', renouvelées par plusieurs des rois ses successeurs, accordèrent aux Francs résidant en Turquie le privilège d’être jugés par leurs consuls, conformément à leurs propres lois, et leur assurèrent le libre exercice de leur religion. Sous le règne de Henri IV, Deshayes, ambassadeur de France à Constantinople, alla visiter les chrétiens de Jérusalem et leur porta les abondantes largesses de son souverain. Plus tard, le comte de Nointel, qui représentait Louis XIV auprès du sultan des Turcs, se rendit également dans la Ville Sainte, attiré par le
même motif. Les différentes communautés chrétiennes qui habitaient auraient dû, au moins, rester toujours unies entre elles; mais de vives querelles n’y éclatèrent que trop souvent entre les Latins et les Grecs. Grâce à la protection de la France, les premiers s’efforçaient de garder la possession des sanctuaires confiés à leurs religieux : les seconds, deleur côté, à force d’or et d’intrigues, réussissaient parfois à l'emporter sur les droits des Latins. Ces disputes, du reste, n'étaient pas moins vives entre les Grecs, les Arméniens et les Abyssins.
En 1749, le célèbre Arabe Dhaher s’empara de Saint- Jean-d'Acre sur le pacha de Damas et y établit sa résidence. Il rebâtit en partie cette ville et la fortifia pendant sa longue et habile administration; il encouragea l’agriculture dans la principauté qu’il s'était créée et traita avec bienveillance ses sujets, tant musulmans que chrétiens, Ses fils, malheureusement, ne l’imitèrent point, et, dans sa vieillesse, il fut contraint de leur faire la guerre. Il eut en même temps à combattre les Tures et, après de nombreuses Mn abandonné de ses divers alliés, 1l fut vaincu, en 1775, et sa tête fut portée à Constantinople. Après sa ses le fameux Ahmed, surnommé Djezzar (le boucher), à cause de ses cruautés, et déjà pacha de Beyrouth, fut nommé, en outre, pacha d’Acre et de Saïda. C’est pendant qu’au nom de la Turquie 1l exerçait, depuis une vingtaine d'années, une véritable tyrannie sur une grande partie de la Syrie et de la Palestine, que, dans les premiers jours de février 1799, une armée française, forte de 13.000 hommes, se mit en marche de l'Égypte, par la voie du petit désert, pour aller s'emparer de la Syrie. Le 17février, Bonaparte, quila commandait. serendit maître d'El-Arich, puis de (Gaza. À Jaffa, où il rencontra une plus vive résistance, il fit 4000 prisonniers, la plupart Arnautes ou Albanais, et, ne sachant qu’en faire, il donna l’ordre de les fusiller. Après cette exécution barbare, que l'histoire lui a justement reprochée, il s’avança