‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 77 sur 179 · EXPÉDITION DE BONAPARTE EN PALESTINE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DE BONAPARTE EN PALESTINE

vers Saint-Jean-d’Acre et se disposa à emporter de force cette place qui était redevenue comme auparavant la clef de la Syrie. Mais sa grosse artillerie, qui devait venir d'Alexandrie par mer, fut capturée, chemin faisant, par le commodore anglais Sidney-Smith et, débarquée à Saint-Jean-d’Acre, servit contre ses propres troupes.

Cependant, tandis que Djezzar se défendait énergiquement, Abdallah, pacha de Damas, franchit le Jourdain pour marcher au secours de la place assiégée. A cette nouvelle, Bonaparte détacha la division Kléber avec ordre de voler au devant de l'ennemi. Ce général le rencontra, le 16 avril, dans la plaine d’Esdrelon, près du village de Fouleh et non loin du Thabor. Six heures durant, malgré lénorme infériorité numérique de ses troupes, 1] engagea etsoutint une lutte acharnée contre une armée composée de 15.000 fantassins et de 12.000 cavaliers. Le succès était encore incertain, lorsque tout à coup apparut Bonaparte, lui-même, avec la division Bon. L’ennemi, alors, pris entre deux feux, fut enfoncé de toutes parts et s'enfuit en désordre. Cette armée de secours une fois détruite ou dispersée, Bonaparte reprit la route de Saint-Jean-d’Acre et poursuivit le siège de cette place. Le 20 mai, enfin, voyant l’inutilité de ses efforts, faute de canons de siège, 1l se décida à battre en retraite et à retourner en Égypte.

Trente-deux ans plus tard, Ibrahim-Pacha, fils de Méhémet-Ali, qui s'était rendu presque indépendant de la Porte en Égypte, quitta les États de son père à la tête d’une puissante armée et, parvenu en Palestine, il s’empara de Jérusalem, sans coup férir, le 7 décembre 1831; puis, poursuivant le cours de sa marche victorieuse, il se rendit maître d'Acre, de Damas et d'Alep. Vainqueur du grand vizir Réchid-Pacha à Konieh, Pan- | tique Iconium, il fut arrêté dans ses conquêtes par lintervention des puissances européennes, et le traité de Koutayeh, conclu le 14 mai 1833, assura à Méhémet-

Ali la possession de la Syrie, moyennant un tribut qu'il devait payer à la Porte. Plus tard, le vice-roi d'Égypte réclama de la Turquie le droit d’ hérédité pour sa famille en Egypte et en Syrie. Le sultan Mahmoud ayant opposé un refus à sa demande, relativement à la Syrie, les hostilités recommencèrent entre les Turcs et les Égyptiens. Ceux-ci, grâce à l’habileté et au courage d'ibrahim, remportèrent sur leurs adversaires une nouvelle et éclatante victoire à Nézib, Le 24 juin 1839. Mais en 1840, l'Angleterre, la Prusse et l'Autriche se coalisèrent avec la Turquie pour entraver les progrès de Méliémet-Ali, que la France encourageait.

Le 11 septembre de cette année, le commodore anglais sir Charles Napier, unissant ses forces navales à celles de l'Autriche et de la Turquie, bombarda et prit Beyrouth. Le 21 du même mois, Sidon ouvrit ses portes, et, le 4 novembre, Saint-Jean-d’Acre se rendit à son tour aux confédérés, après l’explosion d’un magasin à poudre. Ibrahim-Pacha fut alors contraint d'évacuer la Syrie. Depuis cette époque, Jérusalem n’a plus cessé d'appartenir à la Turquie.

En 1847, la disparition de l'étoile d'argent qui, dans la grotte de la Nativité, à Bethléhem, marquait l'endroit traditionnel où naquit le Sauveur du monde, fut comme l’'éuincelle qui alluma la guerre de Crimée. Cette étoile, en effet, qui portait alentour du disque qu’elle formait l'inscription suivante : « Hic de Virgine Maria Jesus Christus natus est, 1717, » indiquait, par ces mots gra vés en latin, que l'autel sous lequel elle était placée appartenait aux Latins, et les Grecs, en la faisant dispa- ‘aître, dérobaient ainsi un titre très important de propriété dont se prévalaient justement les catholiques. Averti aussitôt de cet enlèvement, le consul de France à Jérusalem, en sa qualité de protecteur des Latins en Palestine, insista énergiquement pour la reddition etlan remise en place de cette étoile, et, n’obtenant rien par lui-même, adressa ses plaintes à l'ambassadeur de

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