ORIGINE ET SUITES DE LA GUERRE DE CRIMÉE
France à Constantinople, qui les transmit à la Sublime Porte etles appuya detouteson autorité. Lesultan, voyant la justice de ces réclamations, inclinait à y faire droit, lorsque la Russie intervint et, par l’organe de son ambassadeur à Constantinople, prit hautement fait etcausé pour les Grecs de Palestine, ses coreligionnaires. La querelle s’envenima de part et d'autre, et la Russie, qui depuis longtemps convoitait la conquête de Constantinople, crut que le moment favorable était venu pour parvenir à ses fins. Telle fut l’origine de la guerre de Crimée’, que je n ai point à résumer ici. Je dirai seulement qu'après plusieurs victoires mémorables et la prise de Sébastopol, la France, tout en tirant beaucoup de gloire de ce duel gigantesque avec la Russie, duel dans lequel elle était restée fidèle à son programme traditionnel de protectrice de la catholicité et de fille aînée de l’Église, n’obtint pas pour elle-même, à Jérusalem, tous les avantages qu’elle aurait eu le droit de demander à la Turquie, sauvée parelle d’une catastrophe fatale, car elle se contenta de la cession en sa faveur de l’église Sainte-Anne, avec les bâtiments en ruine, attenants à ce vénérable sanctuaire. Les Russes, de leur côté, eurent la faculté d'acquérir au nord de la ville et sur le plateau même d’où elle a été toujours attaquée un terrain immense où, dans la même enceinte, semblable à celle d’une forteresse, 1ls ont construit à la fois un consulat, un palais épiscopal, une cathédrale, plusieurs hospices pour leurs pèlerins et un hôpital pour leurs malades. Depuis lors, ils se sont encore agrandis, ont élevé sur plusieurs points de puissantes construcüons et ont augmenté singulièrement leur influence en Palestine.
En 1860, les Druses, d’accord avec les musulmans, égorgèrent un grand nombre de chrétiens à Damas et dans le Liban. La France ne put rester sourde aux gémissements de tant de victimes, et, répondant à l'appel des malheureux qui survivaient à ces massacres, elle
envoya un corps expéditionnaire en Syrie, qui arracha les Maronites et les autres populations chrétiennes à. la fureur et au fer de leurs adversaires et, par la pré-
sence momentanée de ses troupes dans les districts qui
avaient été le théâtre de ces carnages, y rétablit l’or-
dre et la sécurité.
En 1869, lors de l'inauguration du canal de Suez, limpératrice des Français fut invitée la première à assister à cette grande fête internationale, où touslessouverains de l’Europe avaient été convoqués. On Pattendait en Palestine comme une autre sainte Hélène ou une autre Eudoxie. Tous les établissements latins lui avaient préparé à l’avance une solennelle réception ; tous espéraient obtenir de son passage quelques faveurs.
particulières. Mais, par suite de la politique malencon--
treuse qui prévalut alors dans le cabinet de Paris, elle: se rendit en Égypte sans débarquer à Jaffa, et ce fut l’empereur d'Autriche, François-Joseph, qui passa sous. les arcs de triomphe dressés pour elle-même, et qui demanda et obtint, pour les RR. PP. Franciscains, une-
annexe à leur couvent du Saint-Sépulcre. En même.
temps, le prince de Prusse, Frédéric, sollicita et se vit
accorder, pour sa propre nation, les ruines et les vastes. terrains de Sainte-Marie-la-Grande, monastère qui jadis. avait appartenu à la France pendant toute la durée du
royaume franc de Jérusalem.
En 1877, une nouvelle guerre éclata entre la Turquie
et la Russie et se termina, le 3 mars 1878, par le traité:
préliminaire de San Stefano.
Le 4 juin 1878, l'Angleterre, moyennant la cession
qui lui fut faite de l’île de Chypre, s’engagea à protéger:
les possessions ottomanes de la Turquie d'Asie contre toute aggression ultérieure.
Le 13 juillet de la même année, le traité de Berlin
reconnut formellement les droits et les privilèges tradi-
tionnels de la France en Syrie et dans les Lieux Saints. Depuis cette époque jusqu'à l’année actuelle 1889.
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