CHAPITRE PREMIER
PREMIER COUP D'OEIL SUR LA VILLE SAINTE, SA POSITION, SON CLIMAT, SES DIVISIONS NATURELLES
S'il est une ville, dans le monde, dont le nom seul éveille dans l’âme des sentiments intimes et profonds, c'est assurément Jérusalem. Les immortels souvenirs qu'elle rappelle, loin de s’affaiblir en traversant les siècles, semblent, au contraire, devenir plus sacrés et plus augustes, en s’enfonçant dans le lointain mystérieux des âges.Niles grandes ombres de Memphis etde Thèbes aux cent portes, ces vieilles capitales des Pharaons, ni celles de Ninive et de Babylone, ni Athènes, avec son Parthénon et le cortège incomparable de toutes ses oloires, ni Rome elle-même, cette dominatrice du monde antique par la puissance de ses institutions et de ses armes, et du monde moderne par la majesté tant de fois séculaire de son trône pontifical, aucune autre cité, en un mot, n’a le privilège d'exercer sur l'imagination une empire semblable à celui de Jérusalem. À quoi altribuer ce prestige singulier? Serait-ce à la beauté
et à la grandeur de cette ville? Mais non; sauf la magnificence, depuis si longtemps évanouie, de ses palais royaux et surtout de son temple, réputé l’une des merveilles du monde, elle n’offrait rien qui méritât d’une manière particulière l’admiration des peuples. Son étendue ne dépassait pas celle d’une foule d’autres villes. Sa population fixe, à l’époque de son plus grand développement, devait à peine atteindre le chiffre de cent vingt mille habitants. Quant à son histoire. elle se confond, il est vrai, avec celle de la nation juive elle-même; mais cette histoire, à part certaines périodes de splendeur et de prospérité, n’est guère qu’un tissu d’humiliations et de revers, punition de fautes et de crimes que la vengeance divine atteint et frappe, dès cette vie, par des châtiments. éclatants. D'où vient donc lPintérêt si vif et si universel qui s'attache à Jérusalem, cette Cité bénie et maudite en même temps entre toutes ? Cet intérêt vient précisément de l’intervention incessante et palpable de la Providence dans tous les événements heureux où malheureux qui composent la trame de ses destimées.On voit que cette ville, par un dessein toutspécial du Très-Haut, a été choisie pour être, au sein de lidolàtrie générale qui avait envahi l’univers, le port et le refuge de la croyance à l'unité de Dieu, croyance qui avait pour symbole l'unité. de son temple, et qui, souvent, sur le point d’être submergée et de périr, par suite d’un irrésistible penchant de la nation au polythéisme, surnage et survit toujours au milieu de prévarications et aussi de châtiments continuels. On voit, en outre, que tout, dans l’histoire de la Cité Sainte, prépare et figure par anticipation l’avènement du Messie.
Enfin, quand ce Messie, si longtemps attendu, apparait à la terre, c’est à Bethléhem, dans le voisinage de Jérusalem, qu'il naît mystérieusement d'une Vierge; c'est à Jérusalem que, pour accomplir le salut du genre humain, il subit sa Passion, expire en croix sur le Golgotha et consent, tout Dieu qu'il est, à être enfermé
trois jours dans un tombeau. Ce Golgotha et ce tombeau, imprégnés tous deux du sang du Christ, ont, depuis bientôt dix-neuf siècles, imprimé à la ville, témoin et théâtre de pareils événements, un cachet que nulle autre cité au monde ne peut lui disputer. Après avoir été le berceau de la religion mosaïque, la plus parfaite de l'Ancien Testament. elle est devenue ensuite celui de la religion chrétienne, dont la première n’était que le prélude, et à laquelle son divin fondateur a prédit un avenir sans limites. Désormais, le temple de Jéhovah, ce centre religieux de la foiet de la nationalité judaïques, à accompli sa mission et, condamné à être détruit, il ne pourra plus jamais se relever de ses ruines; mais, jusqu à la fin des temps, le Golgotha et le tombeau du Christ seront le rendez-vous sacré des peuples chrétiens.
Pour vénérer ces augustes sanctuaires, d’innombrables pèlerins n’ont pas cessé, depuis l’avènement du christianisme, d’'accourir à Jérusalem, afin d'y raviver leur piété et leurs croyances. Pour les reconquérir sur les infidèles, l'Europe presque tout entière, à l’époque des croisades, s’est précipitée sur l'Orient, et Jérusalem est devenue, pendant près d’un siècle, la capitale (l’un royaume franc, rameau glorieux de notre patrie. Cette ville, 1l est vrai, est retombée ensuite sous le joug des musulmans qui en sont encore les maîtres ; mais, grace à ces mêmes sanctuaires, elle a continué d'attirer à elle de fréquentes et pieuses députations de l'univers chrétien. Aujourd’hui même, malgré l’indifférence religieuse de l'Europe, la plupart des grands gouvernements sont loin de se désintéresser, comme on pourrait d’abord le croire, de ce qui concerne Jérusalem. Elle est, au contraire, le point de mire par excellence de la Russie, qui sy montre la patronne du schisme; de Angleterre et de l'Allemagne, qui y représentent T'héréste : ; de l'Autriche, de l'Italie, de l’Espagne et surtout de la France, qui y personnifient le ca-
tholicisme. Cette dernière puissance, et c’est là une de ses gloires et de ses prérogatives séculaires, est même la seule qui accomplisse ce rôle à titre officiel, auprès de l'empire ottoman, au moyen de ses ambassadeurs à Constantinople et de ses consuls en Palestine.
Sans vouloir étendre davantage. ces considérations générales, je prie maintenant le lecteur de franchir avec moi par la pensée la distance qui sépare Jaffa de Jérusalem, route que j'ai décrite ailleurs en détails (Description géographique, historique et archéologique de la Palestine, l'° partie, Judée, tome I, pp. 1 à 13), et de se transporter en présence de la Cité Sainte.
Lors de mon premier voyage en Palestine, au mois d'août 1852, les abords de cette ville étaient mornes et silencieux. Je me rappelle encore, après tant d'années écoulées depuis, l'émotion profonde dont je fus pénétré, lorsque, après une marche pénible, à travers monts et vallées, par des sentiers qui n'avaient point encore été transformés en une route carrossable, j’aperçus tout à coup. derrière une ondulation de terrain et en parvenant sur un plateau rocheux parsemé d’oliviers séculaires, les trois sommets de la montagne des Oliviers, ainsi que les remparts, les tours et les coupoles de Jérusalem.
Le muletier arabe qui m’accompagnait s’écria soudain, en déchargeant son fusil: Æ/-Kods, El-Kods! (la Sainte, la Sainte !). Je descendis aussitôt de cheval, et, le front prosterné dans la poussière du chemin, je restai quelques instants immobile, plongé dans une muette contemplation. J'étais donc à quelques centaines de mètres de cette ville que, dès mon enfance, j’aspirais à voir et à connaître. Tout ce que j'avais lu sur cette cité fameuse, tous les principaux événements de l'Ancien et du Nouveau Testament qui s’y étaient accomplis, tous les faits saillants dont elle avait été le théâtre à l’époque des croisades se condensaient alors dans ma mémoire, pour ne plus former qu’un seul et imposant fais-
ceau de souvenirs, et quand je me relevai, je promenai
longtemps mon regard sur les divers monuments que fe es I j'avais devantles yeux. Il me semblait entendre au fond de moi-même une voix intérieure qui me disait : « Oui Î ; c’est bien là cette Jérusalem, telle que la vengeance divine l’a faite. N’y cherche pas la cité de David et de
. Salomon, lorsque, dans l'éclat de sa puissance et de sa splendeur, elle était la capitale d’un Etat qui s ’étendait des frontières de l'Égypte jusqu’à l'Euphrate, car cette
… gloire s’est éclipsée pour toujours. Souvent prise et
rasée, bouleversée de fond en comble, renaissant néan-
moins chaque fois de ses cendres, elle porte partout la trace de la foudre qui Pa frappée. On sent qu’une malédiction terrible pèse sur cette ville déïeide, et, depuis qu'elle a immolé son Sauveur, elle semble condamnée à un éternel esclavage. Regarde, en effet, cette coupole
‘que surmonte un croissant ; c’est la mosquée d’'Omar &)
qui, depuis douze siècles, s'élève avec orgueil sur l’emplacement du Temple de Salomon, dont, suivant une
prophétie méluctable, il n’est pas resté pierre surpierre.
Ces deux autres coupoles que tu aperçois plus à l'Ouest recouvrent, au contraire, un tombeau quine périra pas, et qui, jusqu'à la fin des temps, sera vénéré et honoré par les peuples, car le prophète Isaïe (Isaïe, CHhet v. 10) a dit de ce sépulcre : « Sepulcrum ejus eril alo-
riosum » (son sépulcre sera glorieux). Elles renfer-
ment également dans la même enceinte le Golgotha, témoin des souffrances et de la mort de l'Homme-Dieu,
et qui, de même que le saint Tombeau, recevra jusqu’à
la consommation des siècles les hommages empressés des chrétiens. Que si tu t’avances un peu plus, tu vas fouler l'emplacement où ont tour à tour campé les divers conquérants qui ont attaqué Jérusalem. Au Nord,
la hauteur qui est devant toi est le Scopus, d’où Alexan-
dre le Grand allait descendre pours’emparer de la ville,
lorsque le grand-prêtre Yaddous se rendit processionnellement à sa rencontre, précédant une nombreuse
foule de peuple. A la vue de ce cortège solennel et surtout du pontife vénérable coiffé de la tiare, où brillait la plaque d’or sur laquelle était gravé le nom de l'Éternel, Alexandre s’approcha seul dt grand-prètre, s’inclina profondément devant lui et pardonna à la ville qu’il voulait d’abord subjuguer et anéantir. Plus tard, c’est sur cette même colline que Titus établit son camp, qu'il rapprocha ensuite, en occupant l’emplacement où s’étaient postés autrefois les Assyriens. Instrument inexorable des vengeances divines, ce dernier conquérant devait être sans pitié, car il avait à punir, non plus seulement des idolâtries passagères, suivies de repentirs, mais le crime irrémissible de la mort du Christ. Mille ans après Titus, les croisés ont dressé leurs tentes et leurs machines de siège sur le même plateau. Depuis sept siècles bientôt, Jérusalem est retombée sous lejoug des musulmans et elle continue à porter, dans labaissement et dans la servitude, la peine du sang divin qu'elle a répandu. »
Pendant qu’absorbé dans ces réflexions je contem=+ plais d’un regard ému le panorama qui se déroulait devant mes yeux, tout se taisait autour de moi. Le musulman qui me servait de guide, respectant mon émotion, attendait en silence l’ordre de poursuivre la marche; une mélancolique solitude m’entourait, et je n'avais d’autres témoins des divers sentiments qui m'agitatent que ce pauvre muletier et de vieux arbres touts chargés de siècles et de souvenirs. A présent, au contraire. et je le dis avec regret, les abords de la Cité Sainte se peuplent et s’embellissent d'année en année. Le désert austère qui la précédait au Nord, car de tous les autres côtés elle est environnée d’une ceinture de profondes vallées. disparaît peu à peu, et néanmoins ik convenait merveilleusement et servait de vestibule na» turel, par sa religieuse et lugubre tristesse, à une ville dont le plus grand intérêt consiste dans un tombeau: Ce qui frappe actuellement avant tout les yeux du pè-
lerin qui est sur le point d'arriver à Jérusalem par la route de Jaffa, ce sont de nouveaux et longs quartiers juifs qui s'étendent chaque jour davantage, les enfants d’'Israëlsemblant s’être donné le mot d'ordre pour affluer en Palestine et y recouvrer peu à peu, par de continuels achats de terrain, le sol sacré d’où la guerre les a chassés:; ce sont aussi les immenses CRÉtU tons des Russes, sorte de citadelle, à la fois politique et religieuse, bâtie aux portes de la ville, sur le seul point d’où elle a été et d’où elle puisse être attaquée, et qui se dresse comme une menace permanente du schisme et de Pempire moscovite qui aspire plus que jamais à s'emparer des Lieux Saints; ce sont pareillement des églises, des écoles et des hôpitaux fondés par la Prusse et par PAngleterre, témoignages visibles des efforts tentés de même par l’hérésie pour disputer au catholicisme la possession de cette contrée. [Il faut néanmoins, je l'avoue, en prendre son parti, et, comme la place commence à manquer dans l’intérieur de Jérusalem et que les terrains y deviennent de plus en plus chers, force est de bâtir en dehors des porteset dans le voisinage le plus rapproché possible de la ville. C’est ainsi que le consulat de France, l'hôpital français de Saint-Louis, le monastère des révérends pères Dominicains, le grand établissement de Notre-Dame de France et la nouvelle école des sœurs de Saint-Joseph sont situés également sur Île plateau septentrional qui précède la Ville:
Mais hâtons-nous maintenant de pénétrer dans cette cité après l'avoir saluée de loin. La description qui va suivre sera nécessairement très sommaire, et je prie le lecteur de la considérer seulement comme un simple esquisse, que je laisse à d’autres plumes, plus compétentes que la mienne, le soin de compléter et de rectifier un jour.
La position singulière de Jérusalem a été remarquée par toutle monde. Siluée à cinquante-quatre kilomètres environ de la Méditerranée et à trente-deux du Jour-
dain, elle occupe un plateau onduleux, sillonné par plusieurs ravins et qui forme une sorte de promontoire accessible uniquement vers le Nord, seul côté par où ce plateau se prolonge ; car, partout ailleurs, 1l est resserré entre de profondes vallées, celle du Cédron ou de Josaphat à l'Est, et celle de Ben-Hinnom à l'Ouest et au Sud. Son altitude moyenne au-dessus de la mer est de sept cent soixante-dix mètres. Éloignée de la côte, sans commerce, à la limite du partage des eaux entre la Méditerranée et le Jourdain, isolée et assise sur des hauteurs que dominent d’autres collines plus élevées, Jérusalem est signalée par Ézéchiel (ch. v, v. 5)comme étant au centre des nations :
« Hæc dicit Dominus Deus :ista est Jerusalem; in medio gentium posui eam, et in circuitu ejus terras. »
Cette position centrale dans la partie méridionale de la Palestine l'avait fait surnommer lombilic de la con: tirée. Nous lisons, en effet, dans Josèphe (Guerre des Juifs, 1. TL ch. m1, $ 5) : « Au milieu précisément de la Judée se trouve la ville de Jérusalem; voilà pour: quoi quelques-uns, non sans raison, l’ont appelée lombilic de la région. »
Plus tard, elle est regardée non seulement comme l’ombilic de la Judée, mais encore comme celui du monde entier. Telestle sentiment de saint Jérôme dans son Commentaire sur le verset d'Ézéchiel que je viens de citer; telle est aussi lopinion de plusieurs anciens rabbins, quis’estperpétuée à Jérusalem jusqu'à nos jourss car les Grecs montrent encore maintenant dans le chœur de leur chapelle, et au milieu mêmede l’église du Saint Sépulcre, le prétendu centre de la terre, din qui semble avoir eu pour point de départ le pré écédent verset d'Ézéchiel interprété trop à la lettre.
Grâce à son élévation naturelle, Jérusalem,au sein d’un pays où, pendant les trois quarts de l’année, les chaleurs se font vivementsentir dans les plaines, le long de la mer et surtout dans la profonde dépression de la
longue vallée du Jourdain, jouit elle-même d'un climat très tempéré. Pendant l'hiver et à l’époque de la saison des pluies, celles-ci quelquefois se transforment en neige et alors un blanc linceul enveloppe et recouvre la Cité Sainte, tandis qu’à quelques lieues de distance, au mème jour et à la même heure, les habitants de Rieha, Pantique Jéricho, ont une température qui égale celle de nos étés et peuvent impunément se baigner dans les eaux de la mer Morte et du Jourdain; mais cette neige à Jérusalem est rare et passagère, et bientôt les rayons du soleil ou les tièdes haleines du vent du Midi la dissipent et la résolvent en ruisseaux. Les hivers, en effet, sont œénéralement cléments à Jérusalem et n’y sont guère marqués d'ordinaire que par des pluies torrentielles qui tombent par intervalles, à la grande joie des habitants dont elles remplissent les bassins et les citernes. Le thermomètre descend très rarement à zéro. Une fois la Saison des pluies passée, c’est-à-dire dès le commencement ou le milieu d’avril jusqu'au 15 octobre, le ciel est d’une pureté presque inaltérable,et une belle voûte bleue s’arrondit, au-dessus de Jérusalem, comme une sorte de diadème azuré. La chaleur est, sans doute, alors assez forte; mais néanmoins elle est très supportable, sauf les jours où le vent du Sud vient à souffler. Dans ce cas, l’atmosphèreest lourde et écrasante, et l’on éprouve une sorte de malaise indéfinissable qui cesse et disparaît avec ce vent embrasé, que les indigènes appellent rAamsin ou simoun. Les soirées sont célicieuses. Du haut des terrasses qui couronnent les couvents et les maisons, on peut jouir tous les jours, pendant sept à 8 mois de l’année. à la fois d’une fraîcheur relative très agréable et de toute la magnificence des plus splendides couchers de soleil que l’on puisse concevoir. Si Von se trouve placé de manière à pouvoir embrasser d'un même coup d'œil la ville entière, les hauteurs de Néby-Samonïl, de Chafath, de la montagne des Oliviers, et plus au delà, vers l'Est, la grande chaîne des monta-
gnes transjordanes, le spectacle est vraiment incomparable. Le soleil, en inclinant à l'Occident, derrière le massif des monts de Juda, pour se plonger dans les eaux de la mer de Jaffa, illumine à l'Est, de ses rayons mourants, les coupoles, les minarets et lès tours de la Ville Sainte, puis les flancs et les trois sommets du mont des Oliviers; plus loin enfin, à l'Orient, au delà de la vallée du Jourdain, le faïte des montagnes d’Ammon et de Moab. Les cimes de cette chaîne, qui bornent l'horizon de ce côté. se colorent alors des reflets éblouissants d’une sorte de manteau de pourpre,auprès duquel aurait pâli celui de Salomon, bien que décoré par les plus riches teintures de Tyr et de Sidon. À mesure que le soleil baisse, des nuances plus douces et d'un rose plus tendre succèdent à ces tons embrasés; celles-ci, à leur tour, deviennent plus violacées et plus sombres; enfin, après un court crépuscule, la nuit avec ses voiles enveloppe tout de ses ombres; mais bientôt le firmament se pare et étincelle de millions d'étoiles et, selon la belle expression de l’Écriture, annonce la gloire de Dieu. Un pareil spectacle à Jérusalem, quoique sans cesse répété pendant la plus grande partie de l’année: avec la même pompe, je ne dis pas seulement royales mais divine, ne lasse jamais, et il faudrait être bien insensible pour n’en pas être profondément ému, surs tout lorsque, dans un semblable moment, on évoqué devant soi les étonnantes destinées de cette ville célèbre: Quelle religieuse mélancolie s'empare alors de lPàme tout entière, et comme la nature s’associe merveilleuse ment avec l'histoire pour produire sur l’observateun méditatif un effet puissant!
Mais revenons à l'espèce de promontoire qui sert d’as* siette à la ville, assiette jadis excellente au point de vuë de la défense, si l’on songe au peu de portée des armes! de trait dans l'antiquité. Le promontoire qui, dans sa partie la plus haute, atteint 800 et quelques mètres aux dessus de la Méditerranée et près de 1200 au dessus de