‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 83 sur 179 · LA TOUR DE DAVID · texte numérisé non relu

LA TOUR DE DAVID

d’après une tradition arabe, entée peut-être sur une

autre plus ancienne, ce roi aurait jeté un regard coupable sur Bethsabée. La Bible nous dit, au contraire, qu'il se promenait alors sur la terrasse de son palais. C’est dans cet oratoire de date musulmane que, selon la même tradition, 1l aurait composé la plupart de ses psaumes, et notamment celui où il implore, avec tant de gémissements, le pardon et la miséricorde du Seigneur. De la plate-forme supérieure de cette tour et de la terrasse crénelée qui la couronne, on jouit d’un merveilleux panorama. La ville tout entière de Jérusalem est sous les yeux de l’observateur, avec sa ceinture de vallées et de collines. Au sud-est, on distingue un petit coin de la mer Morte, et à l’est, la grande chaîne des montagnes de Moab. Au sud, le regard plonge au loin sur la route de Bethléhem; au nord et à l’ouest, l'horizon est également très étendu.

Cette tour de David est probablement la même qui fut reconstruite plus tard par Hérode, et à laquelle il donna le nom de Phasaël; mais, dans sa fondation première, et dans son massif plein et indestructible, comme une sorte de base inébranlable, elle peut être regardée comme l'ouvrage de David, voire même des anciens Jébusites. Plusieurs savants critiques, néanmoins, se contentent de l’attribuer à Hérode, en se fondant sur le passage suivant de Josèphe :

« La seconde tour, à laquelle Hérode donna le nom de son frère Phasaël, avait quarante coudées de long, de large et de haut, et était intérieurement massive. Audessus de cette base pleine régnait un portique haut de dix coudées, que couvrait un parapet à créneaux. Au milieu du portique s'élevait une autre tour, contenant des chambres magnifiques et une salle de bains, en sorte que rien ne manquait à cette tour pour paraitre une habitation royale... Sa hauteur totale était de quatre-vingt-six coudées. Elle ressemblait assez à celle de Pharos, qui, à Alexandrie, éclaire les navigateurs,

mais elle était beaucoup plus grande. » (Guerre des Juif SENS ch: av; $ 13)

Le même auteur ajoute, quelques lignes plus bas :

« Les dimensions des pierres employées à la construction de ces tours (Hippicus. Phasaël et Mariamne) n'étaient pas moins admirables. Ces pierres, en effet, n’étaientpas des matériaux vulgaires, ni des blocs que l’homme puisse remuer facilement, mais bien des blocs de marbre blanc, longs chacun de vingt coudées, larges de dix et hauts de cinq. Ils étaient si parfaitement re-

liés entre eux que chaque tour semblait un rocher.

naturel que la main de l'homme aurait ensuite taillé pour y façonner des faces et des angles, tant il était difficile d’apercevoir nulle part les joints au moyen desquels ils s’agençaient entre eux. »

Si l'on compare cette description de la tour Phasaël, faite par Josèphe, avec la tour actuelle, dite de David, on reconnaît, comme l’a remarqué M. de Saulcy, que celle-ci, et par la position qu’elle occupe, et par les dimensions du massif qui lui sert, en quelque sorte, de noyau, répond assez bien à celle de Phasaël. dont le massif plein avait quarante coudées de côté et de hauteur. Si nous prenons la coudée hébraïque de cinq cent vingt-cinq millimètres, nous avons. pour la partie pleine de Phasaël, vingt et un mètres de côté et de hauteur. Or, la tour actuelle de David est identique, dans sa dimension la plus grande, qui est de vingt et un mètres, avec celle de Phasaël ; il est vrai qu’en largeur elle ne mesure que seize mètres cinquante centimètres, et qu’elle a une hauteur beaucoup moins grande; mais il ne faut pas demander à Josèphe une précision mathématique.

D'un autre côté, l'historien juifaffirme que les pierres avec lesquelles elle avait été bâtie, ainsi que les autres tours Hippicus et Mariamne, mesuraient vingt coudées de long (10 ®, 50), dixde large (5 ”, 25) et cinq de haut (2 », 62); or, l’un des plus grands blocs de la tour de

Page 1