LA TOUR DE DAVID
David mesure seulement 3 *, 25 de long, 1 »,25 de haut et 1 *, 25 d'épaisseur, dimensions, comme on le voit, bien inférieures à celles dont parle Josèphe. En outre, cet écrivain prétend que les joints étaient invisibles, tant les pierres colossales qu’il signale étaient merveilleusement adaptées entre elles. La description de Josèphe sous ces deux rapports est donc peu applicable à la base de la tour de David, dont les assises extérieures, bien que de grand appareil, sont loin de présenter à l’œil des blocs ayant vingt coudées de iong. Ges blocs, en second lieu, n’offrent nullement l’apparence d’un bloc unique, car l’assemblage en est rendu distinctpar des refends et des ciselures qui encadrent chacun d'eux, et qui, rompant ainsi l’uniformité des parois, accusent les joints, au lieu de les dissimuler. Pôur trancher cette difficulté, on a supposé, et peut-être avec raison, que le massif que nous avons sous les yeux est le noyau primitif de la tour, tel que les Jébusites ou David Pavaient construit, et qu'ensuite Hérode l'aura revêtu d’un placage de marbre, ce qui expliquerait les perforations que j’aisignalées dans beaucoup de blocs. Il faut avouer toutefois que ce placage, s’il a été jadis appliqué par Hérode, a complètement disparu. Peut-être aussi la description de Josèphe se rapporte-t-elle, non à la partie inférieure de la tour antérieure à Hérode, mais seulement à la partie supérieure qu'il avait construite et qui, depuis longtemps renversée par Titus, a été remplacée ensuite par les bâtisses musulmanes que j’ai mentionnées.
A la Jérusalem primitive, soit davidique, soit plutôt peut-être jébusite, appartient également, en dehors de la ville actuelle, sur lapartie du mont Sion qui n’a point éte enclavée par Adrien dans l’enceinte d’Ælia Capitolina, un assez long fragment inférieur de la muraille antique, près de l’endroit où, vers le sud-ouest, la colline de Sion surplombe la vallée de Ben-Hinnom. Ce terrain est maintenant occupé par une école anglo-prus-
sienne et par un cimetière protestant. On aperçoit d’abord en entrant une suite de gros blocs trouvés sur place et taillés en bossage, puis, sous une voüte, on remarque le commencement d’un mur taillé dans le roc même et qui, après plusieurs interruptions, se continue pendant cent soixante mètres au moins, dans la direction du sud, à travers des constructions nouvelles et des jardins dont le dernier est un cimetière. Ce sont là des restes précieux de l’ancienne enceinte qui, de ce côté, entourait la ville. On yobserve plusieurs citernes contenues dans l’épaisseur des tours et des courtines et qui devaient jadis fournir de l’eau à leurs défenseurs. Ces citernes étaient revêtues intérieurement d’un ciment très puissant. 'entremêlé d’une quantité innombrable de débris de poterie; qui remontent sans doute à la plus haute antiquité. Au-dessus de cette vaste base monolithe; avait été bâtie la partie supérieure des courtines et des tours. Cette partie a été détruite depuis longtemps, mais le soubassement inférieur est encore debout et me parait avoir un intérêt immense, comme étant probablement l’un des plus remarquables vestiges de l’ancienne- Jébus. |
Il'est permis pareillement d’assigner à une époque très reculée un certain nombre d’excavations sépulerales, utilisées sans doute plus tard par beaucoup d’autres générations successives, sur les berges de la vallée de Ben-Hinnom, et une foule de citernes et de piscines creusées dans le roc vif pour subvenir aux besoins de la ville, qui, avant la création de l’aqueduc d’'Étham, dû à Salomon, n’était alimentée d’eau que par des sources naturelles tout à fait insuffisantes.
La vallée de Savé ou la vallée du Roi, témoin de l'entrevue de Melchisédech et d'Abraham, est identique elle-même avec la vallée du Cédron ou de Josaphat, qui s’interpose à l’est entre la ville et la montagne des Oliviers. C’est dans cette vallée quAbsalom, de son vivant, s'était érigé un cippe: car, disait-il, « je n’ai point de