‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 86 sur 179 · PANIERS · texte numérisé non relu

PANIERS

Le monument qui porte encore aujourd'hui le nom de ce prince, dans la vallée de Josaphat, à deux stades environ de la ville, a été souvent décrit par les pèlerins et par les archéologues. Avant de l'élever, on a commencé d’abord par tailler une plate-forme dans les flancs rocheux de la montagne des Oliviers, au bas de cette hauteur; puis, dans cettesortede cour isolée, on a façonné le massif rocheux quirestait debout au centre de la plateforme en un soubassement singulier où l’on remarque l'alliance de trois ordres différents d'architecture. Cette base quadrangulaire mesure six mètres quatre-vingtcinq centimètres de côté. Chacune des faces est ornée de deux colonnes ioniques et de deux demi-colonnes engagées dans deux pilastres d’antes. Au-dessus de cet ordre ionique, règne une frise dorique avecpaitères, triglyphes et gouttes, et qui est elle-même couronnée par une corniche égyptienne. Cette première partie du monument est entièrement monolithe, le reste est construit avec des blocs rapportés et se compose d’un dé carré en retraite que termine une corniche servant ellemême de base à un cylindre, d’où s'élève un pyramidion qu’orne à son sommet un bouquet de palmes. Dans la partie pleine du monument s’ouvre une chambre sé-

pulcrale carrée, avec un plafond plat dont le centre est décoré d’une rosace. Un banc règne alentour; 1l est surmonté de trois côtés d’un arcosolium cintré et portait sans doute autrefois trois sarcophages, actuellement détruits ou absents. Devant la facade du mausolée, on remarque un amas de petites pierres projetées là par les Juifs, en haine d’Absalom, rebelle à son père.

M. de Saulcy, dont la science déplore toujours la perte, a donné une description très détaillée de ce monument dans son ouvrage intitulé : Voyage autour de la mer Morte (t. IX, pp. 288 et suivantes), et ilincline à penser qu'il remonte à l’époque que la tradition lui assigne. La plupart des archéologues, au contraire, voient dans cet édifice hybride, qui présente le mélange bizarre des membres caractéristiques des ordres les plus disparates, un produit de la décadence. Cette queston est délicate et exigerait, pour être traitée conve-

nablement, des développements dans lesquels je ne puis entrer ici. Faut-il croire, en effet, que ce monument soit antérieur à l’époque où les Grecs opérèrent le choix des éléments à l’aide desquels ils constituèrent leurs ordres classiques ? En un mot, révèle-t-il l'enfance de l’art? ou bien en accuse-t-il Le déclin? Sans vouloir rien trancher, je me bornerai à dire en ce moment qu'avec quelques critiques je me suis souvent demandé si ce mausolée, d’origine fort ancienne peut-être et probablement contemporain de l’époque de David, du moins dans le noyau principal qui le compose, n'aurait pas été remanié à une époque postérieure et n'aurait pas ainsi perdu, sous des enjolivements ajoutés après coup, les formes plus simples et plus austères qu’il pouvait avoir eues primitivement.

Je ne dis rien pour l'instant de l’aire d'Ornan le Jébusite, dont il sera fait mention à propos du Temple de Salomon. Ç

Quant au torrent du Cédron, cité pour la première fois dans l’Ancien Testament, à l’occasion de la fuite de

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