‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 88 sur 179 · LE PUITS DE JOB OÙ DE NÉHÉMIE · texte numérisé non relu

LE PUITS DE JOB OÙ DE NÉHÉMIE

Ce mème puits est désigné également sous le nom de puits de Néhémie, parce que, d’après une ancienne tradition, ce serait à que les Israélites, avant d’être emmenés captifs à Babylone, auraient, selon l’ordre du prophète Jérémie, caché le feu sacré du Temple. Soixante-ans plus tard, à leur retour, les petits-fils des prêtres qui l’y avaient enfoui n'auraient trouvé àsa place que de l’eau bourbeuse. Néhémie ayant commandé de puiser de cette eau et d’en faire des aspersions sur l’au-

tel des holocaustes et sur Les bois qui devaient consu-

mer les victimes, on lui obéit, et le soleil, jusque-là caché derrière un nuage, commença à luire et à darder ses rayons. Soudain, 1! s’alluma un grand feu qui remplit d'admiration tous ceux qui étaient présents. (Waccha- D de clirchiut"c)

La profondeur du puits est d'environ quarante et un mètres. Il est maçonné avec de grosses pierres qui paraissent fort anciennes. L’eau au fond estrecueillie dans une sorte de large chambre creusée dans le roc, etprovient du draînage des deux vallées du Cédron et de Hinnomet de leurs dépendances. En hiver et ordinairement au mois de janvier, quandles pluies ont été considérables et ont duré plusieurs jours, l’eau monte souvent jusqu’ à orifice du puitset déborde même, de manière à former un ruisseau. Comme cette abondance d’eau semble présager aux indigènes une bonne récolte, ils se réunissent alors autour du Bir-Ayoub et s’y livrent à toutes les démonstrations de la joie la plus vive. A la profondeur de trente-sept mètres, on rencontre une première chambre, du fond et du milieu de laquelle un nouveau puits conduit à un second réservoir, celuidans lequel l’eau se rassemble actuellement, ce qui indique qu'à une certaine époque le puits commençant à tarir a été approfondi de quelques mètres.

Reste à fixer maintenant l'emplacement de la source

et de la vallée de Gihon, où Salomon fut sacré roi, pen-

dant que son frère Adonias, auprès de la source de

Rogel, célébrait déjà, par avance, dans un grand festin, sa propre élévation au trône.

À quatre cents mètres environ de F angle sud-est du Haram-es-Chérif, au pied de la colline d'Ophel et sur le flanc occidental de la vallée de Josaphat, coule la source dite de la Vierge, en arabe Aïn-Sitti-Mariam (source de Madame Marie), et désignée dans le second livre d'Esdras sous le nom de source du Dragon :

Et egressus sum per portam vallis nocte et ante fontem Draconis et ad portam Stercoris. » (Æsdras, L. IE, CAT)

Conime on ne parvient à cette source qu'après avoir descendu un escalier de trente-deux marches, coupé par un palier, les Arabes l’appellent également, à cause de cet escalier, Aïn-Oumon-ed-Daradj (la source mère des degrés). Ses eaux sont légèrement saumâtres et intermittentes, et jusqu'à présent le mystère deleur origine n’a élé découvert par personne. Sourdent-elles du sol près de l’endroit même où l’on va les puiser ? ou, au contraire, proviennent-elles de plus loin et de plus haut? : C’est ce que l’on ignore encore ; toujours est-il que cette source, qui primitivement devait se déverser dans le torrent de Cédron, communique, au moyen d’un aqueduc souterrain entièrement creusé dans le roc, avec la piscine de Siloé qui en est éloignée, vers le sud-ouest et à un niveau un peu inférieur, d’une distance d’environ quatre cents mètres. Il sera question plus tard de ce canal. Pour le moment, je me borne à dire que la source dont je viens de parler me paraît devoir être identifiée avec celle de-Gihon (1), et dans ce passage de la Bible, la vallée ainsi appelée ne peut être que la partie de la vallée du Cédron qui avoisinait cette source.

LA

(1) I faut distinguer cette source d’une autre source du même nom qui alimentait la piscine de Gihon supérieure (le Birket-Mamillah de nos jours).

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