‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 92 sur 179 · LE MONUMENT DE SILOAN · texte numérisé non relu

LE MONUMENT DE SILOAN

viam introïtus equorum, juxta palatium, et interfecta ésbaibt.» (Rois, LIV, ch. xr1, y. 16.)

Ce verset nous montre que le palais du roi était peu distant de la portedes Chevaux, laquelle était l’une de celles de l’enceinte sacrée, et avait très vraisemblablement été ainsi nommée, parce qu’elle servait à l’introduction des chevaux dans les vastes souterrains que j'ai mentionnés, sous l’angle sud-est de l’esplanade du Haram, ce qui, à mon avis, justifie pleinement la tradition qui regarde ces galeries souterraines comme étant les anciennes écuries de Salomon.

Ilest permis d'attribuer à ce même monarque un petit monument encore debout, en dehors de Jérusalem, sur les flancs inférieursdela montagne du Scandale. M. de Saulcy a eu le mérite de Le signaler l’un des premiers à l'attention des archéologues et ille considère comme un sanctuaireégyptien élevé par Salomon en l’honneur de l’un des dieux de la fille de Pharaon, sa première épouse. Ce monument se trouve au milieu du village de Siloan, dont les huttes reposent sur une plate-forme rocheuse ou sont adossées |à des rochers qui portent partout la trace, soit d'anciennes excavations funéraires, soit d’autres petits édifices presque entièrement rasés. Un seul est resté à peu près intact. C’estun bloc monolithe détaché de la masse sur trois côtés ; long de six mètres sur cinq de large, il a son entrée à l’ouest. Sa forme est celle d’une espèce de dé quecouronne une corniche égyptienne. Il renferme intérieurement une chambre carrée sur le parois de laquelle deux niches cintrées ont été pratiquées et que précède un étroit vestibule. A cause de la ressemblance frappante qu'offre ce monument avec les édicules monolithes de l'Égypte, M. de Saulcy a émis la conjecture que c’est là un sanctuaire érigé par Salomon pour plaire à la fille de Pharaon. Nous lisons, en effet, dans le IIL° livre des Rois, que Salomon, à la fin de son règne, se laissa corrompre et séduire par des femmes étrangères et que, pour

condescendre à leurs désirs, 1l leur éleva des sanctuaires, consacrés à leurs diverses divinités, sur la montaone qui fait face à Jérusalem.

1. « En ce mème temps, Salomon bâätit un temple à Chamos, idole des Moabites, sur la montagne qui était vis-à-vis de Jérusalem, et à Moloch, l’idole des enfants d’Ammon. »

8. « Et il fit la même chose pour toutes ses femmes étrangères qui brülaient de l’encens et sacrifiaient à leurs dieux. » (Roïs, 1. LIT, ch. xx, v. T et 8.) Très probablement, dit M. de Saulcy, après avoir cité ces versets, la princesse égyptienne, quiétait la première épouse de Salomon, dut exiger que le culte dans lequel elle était née ne fût pas le seul dédaigné, et telle serait l’origine du sacellum égyptien monolithe de Siloan.

Ces différents sanctuaires furent plus tard profanés par Josias, ainsi que cela résulte des versets suivants :

13. « Le roi (Josias) soutlla les hauts-fieux, qui étaient à main droite de la montagne du Scandale, que Salomon, roi d'Israël, avait élevés à Astaroth, idole des Sidoniens; à Chamos, le scandale de Moab, et à Melchom, l’abomination des enfants d’'Ammon. »

14. « Il en brisa les statues, il en abattit les bosquets sacrés, et remplit ces lieux-là d’ossements de morts. » (Rois, L. IV, ch, xx, v. 13 et 14.)

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