CHAPITRE IV
JÉRUSALEM A L'ÉPOQUE DES ROIS DE JUDA, SUCCESSEURS DE SALOMON, ET APRÈS LE RETOUR DE LA CAPTIVITÉ
Indiquons maintenant en peude mots les travaux les plus importants qui furent entrepris à Jérusalem par les autres rois deJuda.
Nous lisons dans les Paralipomènes, à propos du règne de Joatham :
« Ce fut lui qui bâtit la haute porte de la maison de l'Éternel, et qui exécuta de grands travaux àla muraille d’Ophel. » (Paralipomènes, I. TL, ch. xxn, v. 3.)
Il est difficile de dire si la haute porte dont il est ici question est l’une de celles que j'ai signalées à propos de l'enceinte extérieure du temple, ou si, au contraire, elle appartenait, soit à l’un des parvis extérieurs, soit même au sanctuaire proprement dit. J'arrive donc à la muraille d’Ophel.
Elle embrassait, dans le périmètre de la ville, ou en dehors de l’enceinte primitive qui ne comprenait que la colline de Sion et celle d'Acra, c’est-à-dire la ville haute et la ville basse, la troisième colline d’Ophel qui s’allongeait en forme de triangle au sud du temple, ayant sa base auprès de la face méridionale du Moriah, et son sommet à la jonction de la vallée du Cédron et de celle du Tyropæon. Cette colline s’abaisse et se rétrécit progressivement du nord au sud dans une longueur de six cent cinquante mètres environ et dans une largeur
qui, à sa base, atteint à peine trois cents mètres. Son point le plus élevé avoisine la Triple Porte. De là, elle domine de quatre-vingt-quinze mètres la piscine de Siloé. J'ajoute, pour la déterminer encore davantage, qu'étant bornée au nord par le Moriah, dont elle n’est, en réalité, que le prolongement méridional, elle est bordée à l’est par le Cédron, à l’ouest et au sud par le Tyropæon. C’est cette colline qui fut enclavée dans l’enceinte de la ville au moyen d’un mur construit par le roi Joatham, lequel régnait de lan 758 à l'an 741 avant J.-C. Peut-être, néanmoins, ce mur remontait-il, pour sa fondation première, à une époque antérieure à celle de ce prince, qui, dans ce cas, n’aurait fait que le continuer, car le texte des laralipomènes est assez vague à ce sujet, et il nous apprend seulement que Joatham exécuta de grands travaux pour bâtir ce mur : € In muro Ophel multa construxit. »
Il n’est pas question, comme on le voit, de la fondation de cette muraille. De nos jours, en 1867, le capitaine Warren l’a retrouvée et a pu la suivre l’espace de deux cent trente mètres, en creusant des puits de mine de distance en distance. Découronnée actuelle -ment de toute sa partie supérieure et ensevelie sous des amas de terre et de décombres, elle était très épaisse, flanquée de tours, construite avec de puissants blocs et aboutissait à l’angle sud-est du Haram. Commencée ou continuée par Joatham, elle fut plus tard achevée et exhaussée par Manassès, (Paralipomènes,1.Il, ch. xxxm, v. 14.)
Quelques années auparavant, à à l'approche de Sennachérib, Ézéchias, père de Manassès, s'était préparé à une énergique résistance, en réparant l'enceinte de la ville, en augmentant ses fortifications, en bouchant les sources qui coulaient en dehors de la cité, et en faisant dériver, au moyen d’un aqueduc souterrain, dans une piscine inférieure, située à l’occident de la ville de Juda et enclavée entre deux murs, les eaux d’une piscine