‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 94 sur 179 · SOURCES VOISINES DE JERUSALEM · texte numérisé non relu

SOURCES VOISINES DE JERUSALEM

Supérieure ou piscine Vieille, autrement dite encore piscine de Gihon. Tous ces détails que j’emprunte, soit au IV livre des Roïs (ch. x, v. 20), soit au Ile livre des Paralipomènes (ch. xxx, v. 2et suivants), soit au livre d'Zsaïe (ch. xx, v. 9-11), sont faciles à comprendre sur les lieux mêmes, bien qu'on les ait parfois rendus obscurs, surtout les derniers, par des commentaires où l’on confondait ce que la Bible distingue. Ainsi, par exemple, ces sources obstruées, en dehors de la ville, . doivent être celles du Dragon, actuellement de la

Vierge, celle de Siloé, qui n’est qu'un écoulement de la - précédente, et celle de Rogel, ou puits de Néhémie, en arabe Bir-Ayoub. Quant à la piscine Supérieure ou piscine Vieille, si elle portait pareillement le nom de Gihon, il faut bien se garder de la chercher dans la vallée de Gihon, signalée ailleurs dans la Bible à propos du couronnement de David, car 1l serait impossible de concevoir comment une source coulant dans une vallée, située au bas de la Cité de David, aurait pu être dérivée à l'occident de cette mème cité pour être recueillie dans une piscine inférieure. Il faut nécessairement admettre près de Jérusalem deux endroits appelés Gihon, l’un qui n’est qu'une partie de la vallée du Cédron, au “confluent de cette vallée avec celle du Tyropæon, et “l’autre, qui est identique avec le plateau au milieu duquel a été creusé le grand bassin connu aujourd’hui sous le nom de Birket-Mamillah et qui se trouve à cinq cents mètres environ à l’ouest de l’angle nord-ouest “de la ville actuelle. Ce bassin, qui actuellement n’est plus rempli que par les eaux pluviales, pouvait jadis recevoir, en outre, celles d’une source, soit voisine, soit éloignée. Maintenant encore, il communique, au moyen d’un conduit moderne qui a dù en remplacer un autre “beaucoup plus ancien, avec un second bassin également considérable, et enclavé depuis longtemps dans Pintérieur de la ville. On l'appelle de nos jours Birket- Hammam-el-Batrak (bassin des bains du Patriarche),

parce qu'il avoisine un établissement de bains situé luimême non loin de l’ancien patriarcat latin. À l’époque du siège de Jérusalem par Titus, il est signalé, à plusieurs reprises, par Josèphe, sous le nom de Amygdalon (bassin des Amandes). Les Juifs et les chrétiens de Jérusalem y reconnaissent, et je crois avec raison, la piscine inférieure d Ézéchias, qui, Chen été environnée par ce prince d’un mur, du côté où elle n’était pas protégée par la seconde enceinte, en dehors, mais près de laquelle elle avait été bâtie et creusée, justifiait parfaitement ce verset d’Isaïe :

« Et lacum fecistis inter duos muros ad aquam piscinæ Veteris: (Zsaïe, ch. xx, v. 11.)

« Vous avez créé un réservoir entre deux murs pour recueillir les eaux de la Vieille piscine. »

Cest également à Ézéchias, suivant les uns, suivant d'autres, à son prédécesseur Achaz, et selon: d’autres enfin à Salomon lui-même, qu'il faudrait attribuer l’aqueduc souterrain, creusé dans le roc, qui relie la source de la Vierge à la piscine de Siloé. De nos jours, le 22 juin 1880, deux enfants qui se baignaient dans cette piscine découvrirent, à l’entrée du canal, une inscription sémitique qui avait jusque-là échappé à toutes les recherches des explorateurs, parce qu’elle n’est visible qu’à certains moments, quand l’eau intermittente qui arrive de la source de la Vierge est assez basse pour permettre de la distinguer. En outre, se trouvant à quelques mètres de Porifice du canal, dans l’intérieur de ce souterrain, elle est peu éclairée. C’est M. Schick, ingénieur allemand, résidant depuis de longues années à Jérusalem, qui l’a relevée le premier et en a pris plusieurs estampages, ainsi qu’un moule en plâtre très bien exécuté. Malheureusement, les caractères phéni=« ciens de cette inscription, qui est hébraïque pour le fond, sont grèles et peu distincts, et il n’est point étonnant qu'elle ait donné beaucoup de peine aux divers savants qui ont essayé de la traduire. Je reproduis ici

Page 1