AQUEDUC SOUTERRAIN DE LÀ PISCINE DE SILOË
la traduction qu'en a faite M. Halévy et qui passe pour l'une des meilleures :
« Voici ce qui concerne le percement. Pendant qu'il y avait encore beaucoup à creuser, les mineurs ont pu faire parvenir l’un à l’autre le bruit du ciseau, et, lorsqu'il ne restait plus que trois coudées à creuser, chacun d'eux entendit la voix de son compagnon qui l’appelait, parce qu'il y avait des endroits creux dans le rocher à droite et à gauche. Au jour du percement, les mineurs frappèrent l’un en face de l’autre, ciseau sur ciseau, et les eaux allèrent de la source à la fontaine sur une distance de douze cents coudées. La hauteur du rocher au-dessus de la tête des mineurs était de cent coudées. »
On voit, d’après cette inscription, qu'on creusa ce canal souterrain par les deux bouts à la fois et qu’on finit par se rencontrer juste dans le travail du percement. Lalongueur de ce tunnel évaluée ici à douze cents coudées est très exacte, si on la mesure avec la petite coudée ordinaire de quatre cent cinquante millimètres, ce qui fait en tout cinq cent quarante mètres. Or, si la distance directe qui sépare la source de la Vierge de la piscine de Siloé ne dépasse guère quatre cents mètres, le canal souterrain qui lesunit, à cause des nombreux détours qu’il décrit, a une longueur que le frère Liévin, qui l'a parcouru plusieurs fois avec le plus grand soin, prétend être de cinq cent trente-neul mètres soixante centimètres. Ce canal était éclairé intérieurement par deux regards, actuellement bouchés. A dixhuit mètres de la source, un autre canal secondaire se ramifie avec le premier et aboutit à un puits également pratiqué dans le roc, où, en cas de siège. les habitants d'Ophel pouvaient aller puiser par un passage voûté qui les dérobait aux regards de l’ennemi. Quant à la piscine de Siloé, située près de la jonction méridionale de la vallée du Tyropæon avec celle du Cédron, elle forme un rectangle de dix-huit mètres de long sur cinq mètres
cinquante centimètres de large et doit à l’aqueduc qui l’alimente le nom qu’elle porte, Siloé signifiant édmission, conduit. On remarque, sur la face orientale de cette piscine, aujourd'hui très dégradée, six tronçons de colonnes engagées dans une maçonnerie grossière et relativement moderne. La face occidentale paraït plus ancienne et est mieux construite. À l’époque chrétienne, en souvenir de l’aveugle-né, le bassin de Siloé fut environné d’un portique et d’un oratoire, et 1} était alors divisé intérieurement en deux compartiments séparés par une balustrade et réservés l’un aux hommes et l’autre aux femmes qui s’y plongeaient par dévotion.
Nous lisons à ce sujet dansle Pélerin de Bordeaux :
« Deorsum in valle juxta murum est piscina quæ dicitur Siloa : habet quadriporticum et alia piseina grandis foras. »
Antonin le Martyr nous fournit des renseignements plus étendus :
Ab arcu illo descendentes ad fontem Siloam per gradus multos, vidimus basilicam volubilem, subtus de qua surgit Siloa; quæ habet solia duo ex marmore manu hominis facta; inter sohium clausura cancellorum ; in uno pro benedictione lavantur viri, et in alto mulieres... ante atrium est piscina grandis, manu hominis munita; in qua populus lavatur assidue; nam solis certis horis fons ipse irrigat aquas multas.»(/{inerarium, Ch. xx.)
La seconde grande piscine signalée par ces deux pèlerins, et où le peuple se baignait à certaines heures, avoisine la piscine précédente, En partie creusée dans le roc et en partie bâtie, elle est actuellement aux trois quarts comblée et plantée de divers légumes qui y prospèrent merveilleusement.
Près de ce grand bassin, on remarque un vieux mùûrier, dont quelques grosses branches sont soutenues par des pierres entassées les unes sur les autres. Il est luimême entouré jusqu'à une certaine hauteur par un mur