DESTRUCTION DU PREMIER TEMPLE DE JÉRUSALEM
carré assez épais. Une tradition veut que le prophète Isaïe ait été scié en deux en cet endroit par les ordres cruels et impies du roi Manassès. Au-dessous de ces deux piscines, s'étendent des jardins fertiles qui descendent, d'étage en étage et par terrasses successives, jusqu'au lit du torrent de Cédron. Ils sont arrosés par les eaux de Siloé et ne peuvent être que les anciens jardins du Roi.
Mais poursuivons rapidement l'histoire des transformations diverses que Jérusalem a subies. Sous le règne des derniers rois de Juda, la ruine de la ville est de plus en plus imminente. Nabuchodonosor est bientôt à ses portes, et, instrument des vengeances divines, il s'empare à trois reprises différentes de la malheureuse cité. Enfin, l’an 588 avant J.-C., Nabuzardan, son général, y entre en exterminateur.Il en détruit les remparts, les maisons, le palais royal et le temple. Jérusalem entière est, par ses ordres, réduite en cendres.
8. « Venit Nabuzardan, princeps exercitus, servus regis Babylonis, in Jerusalem,
9. « Et succendit domum Domini, et domum regis, et domus Jerusalem, omnemque domum combussit igni.
10. « Et muros Jerusalem in circuitu destruxit omnis exercitus Chaldæorum. » (Rois, 1. IV, ch. xx, v. 8 à 10.)
Le roi Sédécias, qui avait tenté de s'enfuir, tombe entre les mains du vainqueur, ainsi que nous l’avons dit dans la première partie de cet ouvrage. On lui crève les yeux, on égorge ses fils en sa présence, et il est lui-même emmené enchaîné à Babylone avec une foule énorme de captifs.
Le temple avait duré quatre cent seize ans, depuis son achèvement par Salomon jusqu’à sa ruine par les Chaldéens. Mais si le sanctuaire proprement dit, avec ses dépendances etlesadmirables portiques quil’entouraient, devint la proie des flammes ou futrenversé par la main de l’homme, les gigantesques murailles qui formaient le
téménos extérieur durent, à cause de leur masse Imposante et de leur profonde pénétration dans le sol, résister. inébranlables, au moins dans leurs assises inférieures, à tous les efforts du fer et du feu, et quand, soixantedix ans plus tard, au retour de la captivité, Zorobabel voulut relever de ses ruines le temple de Salomon, s'il eut à rebâtir complètement le sanctuaire et ses dépendances, ainsi que les portiques des divers parvis, il n'eut, au contraire, très probablement, qu’à fermer les brèches ou qu’à restaurer les parties endommagées de la grande enceinte extérieure. Les travaux de reconstruction de la ville et du temple durèrent fort longtemps, entravés qu'ils étaient souvent par la haine des Samaritains, qui, pendant les règnes de Darius et de Xerxès, s’eflorçaient sans cesse de noircir les Juifs aux yeux de ces souverains, en les représentant comme des rebelles, aspirant à reconquérir leur indépendance. Le Temple enfin fut achevé, à la grande joie des Juifs nés depuis la captivité; mais les vieillards, qui avaient été témoins de la splendeur du premier édifice, ne pouvaient s’empêcher de gémir et de se lamenter. Le prophète Aggée, néanmoins, perçant de son regard prophétique les voiles de l'avenir, prédit en ces termes la gloire future du nouveau temple :
8. « J’ébranlerai tous les peuples, et le Désiré de toutes les nations viendra et je remplirai de gloire cette maison, dit le Seigneur des armées. »
10. « La gloire de cette dernière maison sera encore plus grande que celle de la première, dit le Seigneur des armées. » (Aggée, ch. 11, v. 8 et 10.)
Ni la Bible, ni Josèphe, ne nous donnent aucun renseignement précis sur le temple construit par Zorobabel ; mais tout porte à croire qu’il devaitreproduire les principales dispositions du plan primitif ; seulement, à cause du malheur des temps, il n’étalait plus la même magnilicence qu ‘autrefois, comme le déploraient tant les vieillards qui avaient encore présente à l'esprit celle