‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 98 sur 179 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

JÉRUSALEM A L'ÉPOQUE D'HÉRODE LE GRAND, ET APRÈS LE SIÈGE DE CETTE VILLE PAR TITUS

Une fois affermi sur le trône, Hérode voulut rivaliser avec Salomon pour le nombre et la grandeur de ses constructions, et, de tous côtés, 1l Drodigua d'immenses richesses pour élever des temples. des théâtres, des hippodromes et des portiques ; mais la fondation de ces édifices païens ne fit qu'augmenter les murmures des Juifs, déjà irrités contre lui, à cause de sa cruauté et de son despotisme. Ce fut pour apaiser ce mécontentement qu'il songea, dans la dix-huitième année de son règne, à rebâtirle temple de Jérusalem, afin delui donner plus détendue et de magnificence, espérant que l’exécution de ce grand projet lui ramènerait l’affection de ses sujets et le couvrirait, en outre, d’une gloire immortelle. (Antiquités judaïques, 1. XV, ch. xr.) |

« Les anciennes fondations du sanctuaire, ayant été arrachées, furent remplacées par d’autres, sur lesquelles il éleva le naos, qui avait cent coudées de longueur, et en hauteur vingt coudées de plus que l’ancien.

« Cet édifice fut construit avec de puissantes pierres blanches, qui avaient vingt-cinq coudées de long, huit de haut, et douze de large. De même que le portique royal, il était plus bas sur les deux côtés, et plus haut dans sa partie centrale... Les portes d'entrée, avec leurs linteaux, égalaient la hauteur du monument et étaient

ornées de superbes tentures de pourpre, sur lesquelles on avait figuré des fleurs et des colonnes. Au-dessus de ces portes, et sous la corniche, courait en festons une vigne d’or,aux grappes pendantes, qui provoquait l’admiration de tous les spectateurs, tant par la somptuosité de la matière que par l’art infini de l'exécution. Hérode environna également le naos de vastes portiques d’une harmonie parfaite et bien supérieurs aux anciens en richesse et en magnificence. »

Dans les lignes qui suivent, Josèphe nous décrit les travaux gigantesques accomplis par Salomon pour aplanir le sommet du Moriah et l’environner d’un péribole immense. Or, il ne nous dit nulle part qu'Hérode ait reconstruit, dès la base, comme il l'avait fait pour le sanctuaire, cette enceinte extérieure. Puis il continue ans] :

« Vers le côté septentrional de l’enceinte sacrée, s'élevait, dans un angle, la citadelle, ouvrage d’une force singulière. Elle avait été construite par les princes. et les grands-prêtres asmonéens qui avaient précédé Hérode et l'avaient appelée Baris. C'était là qu'était déposée la robe du grand-prêtre, qu'il ne doit revêtir qu'au moment de sacrifier. Rendue plus forte encore par Hérode, pour assurer la défense du hiéron, elle fut surnommée par lui Antonia, par reconnaissance pour Antoine, son ami. Dans la face occidentale du péribole avaient été placées quatre portes : l’une conduisait au palais du roi, entre lequel s’interposait une vallée 1ntermédiaire; deux menaient aux faubourgs, et la quairième dans le reste de la ville. De nombreux degrés permettaient de descendre au fond de la vallée, et, visà-vis, d’autres degrés ascendants répondaient aux premiers. Le quairième côté de l’enceinte, c’est-à-dire le côté méridional, avait également des portes percées au milieu de son développement. Sur cette face s’appuyait le portique royal qui était triple et s’étendait, en longueur, depuis la vallée orientale jusqu’à la vallée oc-

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