LE PREMIER VŒU
LiQ jour de l'Assomption, en l'année 1534, de très-grand matin, un boiteux qui, en dépit de son infirmité, marchait d'un pas énergique et rapide descendait la grande rue Saint-Jacques, au quartier de l'Université. Il portait le costume des pauvres écoliers, bien que, selon l'apparence, il fût arrivé, par son âge, au milieu de la vie; mais, en place de l'écritoire à gaine qui battait d'ordinaire les chausses de ceux de son état, il n'avait au côté que son rosaire. Une bonne corde neuve, passée par-dessus sa cape trop mûre, soutenait une besace de toile : arme excellente pour voya-
gcr de nuit dans Paris et valant mieux qu'épée ou bâton, car les malandrins ne s'attaquent guère aux mendiants.
Au moment où notre écolier longeait le parapet du pont désert, trois heures de nuit sonnèrent à l'horloge de la Sainte-Chapelle.
Il tourna les yeux vers le remontant de la Seine,
bordée de maisons noires, et salua d'un signe de
croix la masse carrée de Notre-Dame. Aucune
lueur n'annonçait à l'horizon l'approche de l'aurore.
C'est l'heure où tout dort dans Paris, qu'on soit au xv!** siècle ou au xix'. En traversant la cité, ni au long des ruelles, maillées comme un filet, qui enveloppaient les halles, notre écolier à besace ne rencontra âme qui vive jusqu'à la porte de Montmartre, placée aux environs de notre rue du Mail : la rue neuve Saint-Eustache eut ses premières maisons bâties, peu de temps après, sur le chemin de ronde extérieur, dont elle garda le tortueux tracé.
La barrière était close. Le garde de nuit demanda au boiteux : « Oîi allez-vous? » Et le boî-
teux répondit : « Je vais à la chapelle du Saint- Martyr célébrer la fête de Marie toujours Vierge. »
La chapelle du Saint-Martyr, située beaucoup au-dessous de l'église paroissiale de Montmartre et dont la crypte existe encore en contre-bas de la rue Marie-Antoinette, occupait l'emplacement exact de l'autel de Mars où saint Denis, patron de Paris, fut entraîné et martyrisé avec ses compagnons Rustique et Eleuthère, le 9 octobre 272, pour avoir refusé de sacrifier dans le temple de Mercure, dieu des voleurs, des marchands et d'une autre catégorie d'hommes dont le nom ne s'écrit en aucune langue.
Le gardien dit : « Vous avez du temps devant vous jusqu'à l'heure de la première messe ! Prenez à droite par la voie des Poissonniers, car le grand chemin est barré par ceux qui travaillent à Veau des Porcherons. »
Le ruisseau de Ménilmontant ou des Percherons qui coule maintenant sous terre coupait la grande route de Montmartre à la hauteur de notre rue de Provence, il tarissait à demi, l'été, et ses
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eaux croupies occiisionnuient des pestilences. Le boiteux prit le chemin des Poissonniers, traversant les bosquets où le xvin" siècle devait établir toute une ville de guinguettes philosophiques sous le nom de la Nouvelle France, et aborda Montmartre du côté de l'orient par les champs qui s'étendaient entre le village de la Chapelle Saint-Denis et le hameau de Glignancourt, au lieu dit la Fontanelle, et aussi la Goutte d'eau, dont l'usage populaire a fait la Goutte d'or.
Le crépuscule du matin ne paraissait point encore, mais la lune, inclinée à l'horizon, mettait de vagues lueurs dans la campagne où la flèche de l'abbaye bâtie par Suger se montrait au milieu de la plaine, devant les noires collines de Montmorency, faisant face aux quatre tours rondes de la Noble-Maison de Saint-Ûuen dont le beffroi sonnait justement à toute volée parce que ses maîtres, les chevaliers de l'Etoile, institués en 13^1 par le roi Jean, avaient obligation d'y tenir leur assemblée plénière, chaque année, ce jour de la mi-août, depuis l'heure de prime jusqu'au lendemain après vêpres.
Notre boîteux, quoiqu'il portât maintenant besace, avait été, lui aussi, un chevalier autrefois, mais depuis bien longtemps il vivait dans l'humilité, loin des gloires du monde, et ce n'était pas pour lui que les cloches de la Noble-Maison tintaient. Il était destiné à fonder une chevalerie autrement illustre que celle du roi Jean.
Ce fut par le sentier escarpé de la Fontanelle qu'il gagna le sommet de Montmartre,
La nuit était encore sombre. Parvenu au point culminant, occupé par le cimetière, derrière le chevet de l'église paroissiale, au lieu même où se creusent maintenant les fondations de la basilique, promise au Cœur de Jésus par le voeu de la France, il s'arrêta, fatigué qu'il était, et regarda tout autour de lui en disant : « Je suis le premier au rendez-vous. »
Et il prit son repos, non point assis ou couché, mais prosterné pour réciter son rosaire.
Le silence régnait sur cette crête nue où le vent des nuits d'été passait calme et doux. On n'y entendait aucun bruit. Le village de Mont-
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marlre qui montrait ses premières maisons à droite et à gauche de l'église, dormait encore. Rien ne paraissait sur le dos arrondi de la pente, entre notre écolier et le mur du cimetière, sinon quelques objets noirs et immobiles : des pierres sans doute comme celles qui sèment les champs druidiques.
L'horloge de l'église sonna quatre heures et tout aussitôt le carillon de l'abbaye appela pour l'office de matines.
Alors une des pierres remua et se dressa, — puis deux, — puis toutes. Elles étaient six, et l'écolier boiteux, se relevant debout à son tour, dit : « Dieu soit loué, je me croyais le premier et j'étais le dernier. »
Le soleil levant éclaira six jeunes hommes entourant notre écolier plus âgé, qui avait l'air d'un maître au milieu de ses disciples. Nous ne
pourrons plus le design Br par ce titre d'écolier, car tous les autres, excepté un qui était prêtre, portaient comme lui le costume de ce petit peuple studieux qui suivait les enseignements de l'Université de Paris.
Le prêtre seul avait le teint des enfants de la France; tous les autres, y compris le boiteux, portaient sur leurs visages brunis le signe de la race espagnole qui partageait alors avec nous l'empire du monde.
François P' était le roi, Charles-Quint l'empereur. Colomb venait de découvrir une moitié in^ connue de la terre.
Alexandre Farnèse, sous le nom de Paul III, remplaçait Léon X, à Rome, sur le trône de saint Pierre.
En cette année 1534, Luther avait cinquante ans, Calvin trente-trois. Le boiteux dont la besace laissait voir maintenant au jour, à travers la toile bise, des croûtes de pain mendiées, atteignait sa quarante-septième année.
Pourquoi, cependant, dire l'âge de ce pauvre entre l'âge de Luther et l'âge de Calvin? Parce
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que ce pauvre fut plus grand dans le bien, lui tout seul, et plus fécond, que Luther et Calvin réunis ne furent terribles et féconds dans le mal.
Il avait nom Ignace de Loyola.
C'était un soldat, on le voyait. La marque de son indomptable vaillance passait à travers l'humilité de sa conversion.
Mais c'était un penseur et son front aquilin avait la clarté large des têtes prédestinées.
Quelque chose de l'aigle était aussi dans tout Bon profil dont les lignes fières avaient peine à refléter l'immense douceur qu'il avait fait entrer, de force, avec l'aide de Dieu, dans son cœur tout rempli des fièvres de la guerre, le jour oîi la lumière l'avait foudroyé. Quoique son visage eût un caractère de généreuse élévation, c'est dans ses yeux surtout que brillait la beauté de son âme : son regard imposait et attirait en même temps, parce qu'il avait h la fois la puissance et la tendresse.
Treize ans avaient passé déjà depuis cette soirée sanglante du siège de Pampelune ot» il s'était
retrouve, vaincu dans sa victoire, après la mêlée de douze heures qu'il avait traversée rugissant et mordant comme un lion.
Ces Loyola, seigneurs d'Ognez, étaient de race cantabre et durs au combat comme l'acier do leurs épées. Ignace, brillant capitaire, ancien page du roi Ferdinand, jeune, ambitieux, orgueilleux, aimé, se révolta d'abord contre la main de Dieu qui le clouait sur ce lit d'où il pouvait entendre le bruit des batailles. Il demanda, diton, à ceux qui le veillaient, des romans de chevalerie, pour endormir sa peine, on lui apporta des histoires de martyrs et entre autres les actes du premier, du plus grand de tous les martyres : la Passion de Notre-Seigneur.
Il est de tradition dans Guipuzcoa qu'Ignace était alors épris d'une belle jeune fille qui avait de grandes richesses et dont la main lui était promise. Quand il eut achevé de lire la Passion selon l'apôtre saint Jean, il arracha de son cœur une image bien-aiméo et collant sur ses lèvres une médaille de Marie mère de Dieu, il voua son âme au libre servage de la foi, son corps h la
chasteté de Dieu crucifié, disant : « Me voilà le chevalier du grand amour et le soldat de la seule gloire. »
Il ne faut pas prendre la vie des saints comme un modèle h suivre exactement dans le monde. Chaque état a sa sainteté propre. Les saints du renoncement absolu sont les ouvriers de Dieu, ils doivent à Dieu toute leur journée de travail. Ceux qui restent dans le monde sont tenus aussi d'accomplir le devoir de Dieu, mais sans négligei \e devoir du monde.
Ignace, ne voulant pas de ce partage, quitta le monde et se fit l'ouvrier de son seul Dieu, longtemps avant de se lier par aucune promesse publique et solennelle. 11 se plongea d'abord dans le dénûment volontaire en abandonnant aux pauvres tous ses biens, et dans l'isolement en rompant ses attaches les plus chères. C'était sa « veillée
des armes », ne perdez jamais de vue qu'il abordait l'apostolat en chevalier.
Ayant dit adieu à la gloire des batailles qui était sa vocation et sa passion, à l'amour de sa fiancée, à la noble maison de ses pères, à ses amis si chers, à sabien-aimée famille, il partit, les yeux mouillés, mais le cœur ferme. En chemin, il donna encore aux pauvres, non pas la moitié de son manteau comme saint Martin, apôtre de la charité, mais tout son manteau,' tous ses vêtements et son cheval. Quant à son épée, dernier sacrifice, il ne s'en sépara que pour la suspendre à un pilier du monastère de Mont-Serrat, but de son pèlerinage^ situé auprès de Manresa, en Catalogne.
Dans ce monastère, il fit sa confession générale qui dura trois jours; après quoi, vêtu d'un sac de toile, il se retira dans la fameuse grotte oîi il eut ses premières extases révélatrices, dans l'intervalle des tournées qu'il faisait à pied, au loin, en dépit de sa blessure mal guérie pour mendier le pain de ses pauvres.
Il vit là en germe ses Exercices spirituels et le
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plan de ses Constitutions, c'est-à-dire l'œuvre entière de sa grande vie.
11 vit encore autre chose : la nécessité d'être un homme de science pour enseigner la vérité et combattre l'erreur.
Mais avant de s'asseoir, lui le glorieux capitaine d'hier, sur les bancs de l'école, parmi les petits enfants, il voulut désaltérer la soif qu'il avait de coller ses lèvres au tombeau du Sauveur. Seul à pied, sans argent, il partit à la grâce de Dieu, obtint par charité son passage sur un navire de Barcelone et gagna Rome, d'où, après avoir baisé les pieds du Saint-Père, Adrien VI, il reprit son bourdon, traversa l'Italie en demandant son pain, et se rembarqua à Venise sur une galère qui le déposa dans l'île de Gypre.
De là, il atteignit Jaffa, puis la cité sainte, après un voyage qui avait duré en tout près d'une année.
Sans un obstacle heureux que lui suscita la Providence, tout l'avenir de sa mission eût été brisé ici, car la terre foulée par les pas de Jésus le retenait d'un lion si fort qu'il se résolut à y
vivre et à y mourir ; mais le délégué du Saint- Siège qui avait autorité sur les pèlerins, lui ordonna de retourner en Europe et Ignace obéissant mouilla une dernière fois de ses larmes la trace des pieds du Rédempteur , imprimée sur le Djebel-Tor, à l'heure bénie de son Ascension. Sept mois après, il entrait comme écolier dans la plus basse classe de l'Université de Barcelone. Persécuté pour le miracle de sa piété, qui semblait sorcellerie, emprisonné à plusieurs reprises, pourchassé de Barcelone à Salamanque, de Salamanque à Alcala et n'opposant jamais à l'injustice que le silence de la résignation, il quitta enfin l'Espagne pour prendre la route de Paris, dont l'Université était la première du monde.
! Lors de son arrivée en France dans les premiers mois de 1528, Ignace, né en 1491, avait trente-six ans. Il eut le courage de recommencer
ses humanités au collège de Montaigu, puis à Sainte-Barbe, et malgré les obstacles que sa pratique pieuse, la profondeur de ses méditations et l'apostolat qu'il essayait déjà opposaient à ses études élémentaires, il y fit quelques progrès, mais la persécution l'avait suivi à travers les Pyrénées.
Il arriva qu'un professeur de Sainte-Barbe, Jean Pegna, l'accusa, non plus d'être un sorcier, comme on l'avait fait en Espagne, mais d'entraîner les écoliers à des rêveries mystiques qui les éloignaient de l'étude : ce pourquoi il le condamna à recevoir le châtiment public du fouet en salle.
Ignace se soumit avec une telle humilité que Je principal du collège en conçut de l'étonnement et le voulut interroger lui-même.
Ignace se prêta à l'interrogatoire comme il avait accepté le châtiment, et le bruit se répandit qu'on allait voir une flagellation exemplaire .
Les écoliers ne l'aimaient point à cause de la perfection de sa vie. Ce fut comme l'annonce d'une fête. Une foule nombreuse était assemblée
déjà dans la grande salle où devait avoir lieu l'exécution, et témoignait son impatience comme les spectateurs attendant le lever de la toile au théâtre, quand on vit enfin apparaître le principal.
Il tenait ou plutôt il traînait Ignace par la main.
Il passa ainsi dans les rangs curieux et cruels. Celui qui paraissait être un condamné le suivait, pâle et le regard à terre.
Au centre de la salle, le principal s'arrêta et le grand étonnement de tous vit alors qu'il avait les yeux pleins de larmes.
Un instent il demeura immobile, indécis et comme dominé par son émotion, puis tout à coup pressant Ignace contre sa poitrine (d'autres disent qu'il fléchit les genoux), il s'écria : « Non-seulement celui-ci se laissait accuser à tort sans se plaindre, mais il allait subir avec joie, en récompense du bien qu'il a fait, l'opprobre d'un injuste supplice. J'ai vu la conscience d'un saint, et je vous la montre ! »
Jusqu'alors, les moins malveillants parmi le» compagnons d'Ignace avaient tourné en ridicule son ardeur à ramener les âmes vers Dieu ; il pa-
raissait que le rôle de directeur des consciences ne seyait point à cet étranger, vivant de la pitié des passants et dont le front allait se dégarnissant avant qu'il eut acquis aucun degré dans les sciences ou dans les lettres , mais les choses changèrent après l'incident que nous venons de rapporter : beaucoup de cœurs vinrent à lui.
Ignace ne rebuta personne, mais ceux à qui il jugeait bon de se livrer étaient rares. Ne vous en étonnez point, c'était une véritable sélection qu'il opérait dans son recueillement : il choisissait ceux qui devaient être les Jésuites.
Le premier élu fut un tout jeune homme, naïf et doux, du nom de Pierre Lefèvre,venu lui aussi en pèlerin du fond de la Savoie pour entrer dans les ordres, et qui était déjà renommé pour sa haute science. Ignace se fit à la fois son maître et son disciple : son maître dans la foi, son disciple en ce qui concernait l'étude ; et grâce au secours dévoué de ce répétiteur, les obscurités du sentier scolastique furent pour lui promptement dissipées. Il passa maître ès-arts et put aborder enfin la classe de théologie
Lefèvre était uni de tendre amitié avec un éco" lier de son âge, François Xavier, appartenant à une famille noble, mais très-pauvre, de la Navarre : cœur ardent, brillante éloquence, esprit vif, mais entièrement dévolu aux ambitions de la terre. Ignace entreprit de le convertir et le discours que les historiens mettent dans sa bouche semble descendre des sommets évangéliques : « Xavier, que vous sert de gagner l'univers et de perdre votre âme? S'il n'y avait point d'autre vie que la vie présente, ni d'autre gloire que la gloire du monde, vous auriez raison de ne songer qu'à vous élever parmi les hommes; mais s'il y a une éternité, à quoi pensez-vous de borner ici vos désirs, et pourquoi préférez-vous ce qui passe à ce qui ne finira jamais? »
Ignace eut de la peine à conquérir cette âme, mais ce fut sa plus belle conquête.
Ni Lefèvre ni Xavier ne savaient encore qu'ils étaient enrôlés capitaines dans l'armée qui n'avait pas de soldats. Jusqu'à ce moment, la pensée d'Ignace n'appartenait qu'à Dieu.
La troisième et la quatrième recrue arrivèrent
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d'Espagne ensemble et avec parti pris de se donner h Ignace qui ne clierchait pas la renommée, mais que la renommée cherchait. Jacques Lay< nez et Antoine Salmeron, ce dernier à peine sorli de l'enfance, furent accueillis à bras ouverts : le premier regard du maître avait découvert sur leurs jeunes fronts le signe du génie.
Puis vinrent enfin Alphonse, du village de Bobadilla, et le Portugais Rodriguez Azevedo.
Tous les six étaient pauvres au point de ne vivre que d'aumônes, à l'exception de Xavier qui professait la philosophie. Mais Ignace, déjà père de cette famille, tendait la main pour ses enfants. Jamais il ne leur avait rien laissé deviner de ses projets, et pourtant ils attendaient de lui de grandes choses.
Lefèvre fut ordonné prêtre.
A quelque temps de là, Ignace sembla chercher l'écart et la solitude pour entrer encore plus avant dans le recueillement de ses méditations. Un courant de pensées allait, sans le secours do la parole, de lui à ses amis qui n'osaient point l'interroger. Un jour, pourtant, Xavier lui de-
manda : « N'avez-vous donc rien à nous dire? » Et Ignace l'embrassa les yeux pleins de larmes, mais ne répondit point.
Le 13 août 1534, avant-veille de l'Assomption, il ordonna à tous de jeûner et de se confesser le lendemain ; puis ayant dit à Lefèvre de se rendre d'avance à l'abbaye pour les préparatifs d'une messe qu'il aurait à célébrer, au matin du 15 août, dans la crypte du Saint-Martyr, il ajouta : «Trouvez-vous tous avant le lever du jour au sommet de Montmartre, dans le champ qui est derrière l'église, sous le cimetière. J'y serai et je vous