‹ Jésuites!Chapitre 31 sur 40 · Cours d'histoire, t. XHV, p · texte numérisé non relu

Cours d'histoire, t. XHV, p

EtSchoell: «Les jansénistes, sous l'apparence d'un grand zèle religieux, et les philosophes, en affichant des sentiments de philanthropie, travaillaient au renversement de l'autorité pontificale.. Mais pour renverser la puissance ecclésiastique, il fallait l'isoler en lui enlevant l'appui de cette phalange qui s'était dévouée àla défense du trône pontifical. » Toute la vérité de l'histoire est dans ces aveux. Quelques lignes plus loin, Schoell dit encore : « Les imprudences commises par quelques-uns de ses membres fournirent des armes pour combattre l'Ordre, et la guerre contre les Jésuites devint populaire^ ou plutôt persécuter un Ordre dont l'existence tenait à celle de la religion catholique et du trône devint un titre qui donnait le droit de se dire philosophe. »

Ce style est tudesque, mais il dit beaucoup.

« Ils tenaient en main les générations futures... Rien d'hostile au Saint-Siège et par conséquent à la religion ne pouvait réussir tant que les Jésuites seraient là... Les Jésuites étaient inébranlables dans leur foi... On conspira contre eux; on les déclara coupables, puisqu'ils refu-

saient de s'associer aux trames qui enveloppaient le Saint-Siège et les monarchies. » ^

Et chose assurément étrange, les monarchies se mirent à la tête du complot, ourdi contre leurs plus fermes défenseurs 1 Quos vult perdere... disait déjà le poëte, au temps de Jupiter. Dieu ôte le 3ens à ceux que sa Providence a condamnés. Les rois entamaient l'œuvre lente de leur suicide.

Au milieu de ces noires nouvelles du Portugal qui journellement arrivaient à Paris affriandant la curiosité du public, divertissant l'ennui de la cour, faisant naître une émulation de procédure au sein des parlements et indiquant à M. de Ghoiseul une voie qu'il pouvait côtoyer sans tout à fait baigner ses talons de petit-maître dans le sang, l'affaire du Père de Lavalette, simple au début, s'aggravait dans des péripéties que la Compagnie ne faisait point naître certainement, mais auxquelles nul remède énergique n'était appliqué. Le Père de Lavalette était décidément coupable, sinon comme homme, du moins comme religieux. Pour parer à

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