‹ Jésuites!Chapitre 33 sur 40 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

pendant le xviii* siècle, et la marquise de Pompadour fomentaient la haine contre les Jésuites. La marquise qui... n'avait pu justifier ses préten tions à l'énergie du caractère, était impatiente de montrer, en détruisant les Jésuites, qu'elle sa» vait frapper un coup d'Etat. Le duc de Choiseu! n'était pas moins jaloux du même honneur. Les biens des moines pouvaient couvrir les dépenses de la guerre et dispenser de recourir à des réformes... Flatter à la fois deux partis puissants, celui des philosophes et celui des jansénistes, était un grand moyen de popularité. »

J'espère qu'on ne m'accusera pas de servir à mes lecteurs de la prose « cléricale ! »

Sismondi, le calviniste, et Lacretelle, l'ennemi déclaré de ceux qu'il appelait des moines pour mieux témoigner de son mépris pour eux, ne sont très-éloquents ni l'un ni l'autre, mais il est impossible à deux esprits, laids ou beaux, de se rencontrer plus exactement dans les termes. Gomme ils étaient à peu près contemporains, je ne sais et il importe peu de savoir lequel des deux a copié l'autre.

Mais voici M, de Choiseul qui prend lui-même la parole pour leur donner à l'un et à l'autre un éclatant démenti : Louis XYI n'aimait pas M. de Choiseul; il a exprimé au moins une fois cette aversion d'honnête homme et de chrétien d'une façon qu'on peut appeler terrible, mais ce n'était pas à propos des Jésuites. Bien longtemps après le procès Lavalette et Louis XVI étant roi, M. de Choiseul lui écrivait dans '&oi\. Mémoire justificatif : « ... On a dit au roi que j'étais l'auteur de l'expulsion des Jésuites. Le hasard seul a commencé cette affaire, l'événement arrivé en Espagne l'a terminée... A la fin d'une guerre malheureuse, accablé d'affaires, je ne voyais qu'avec indifférence subsister ou détruire une communauté de .noines... »

Ce n'est pas tout à fait pour souligner une faute de grammaire que j'ai cité ce texte ministériel, mais pour montrer que M. le duc, une fois tombé, se souvenait du proverbe : c Tout mauvais cas est niable. »

Aussitôt que le parlement eut les Constitutions entre ses mains, il ne s'occupa plus du tout des

créanciers de Lavalette « qui ne furent jamais complètement payés, dit Grétineau-Joly, pas lùême après la confiscation des biens de la société ». Et le même auteur ajoute dans une note ^: « La maison de la Martinique et les terres de la Dominique, biens propres de Lavalette, furent achetés par les Anglais vainqueurs au prix de quatre millions, n Pourquoi le parlement ne fit-il pas désintéresser les porteurs des créances qui ne se montaient au total qu'à 2 millions 400 mille livres ?

11 s'agissait bien des créanciers! Lacretelle et Sismondi vous l'ont dit : Tout cela n'était qu«? prétextes ; il fallait plaire aux philosophes en écra. sant un peu l'infâme, plaire aux jansénistes d'Athènes en exilant Aristide, et « payer les frais de la guerre! »

Le roi bougea enfin qu'il était déjà bien tard. Il déféra le cas à son conseil. Le conseil du roi donna un avis favorable aux Jésuites, et les évoques de France, réunis sur sa demande, répondi-

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