‹ Jésuites!Chapitre 36 sur 40 · Tome IX du Journal, p · texte numérisé non relu

Tome IX du Journal, p

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fausses lettres qu'il attribuait aux Jésuites. 1

A commencer par Pombal, tous les persécuteurs de la Compagnie étaient ornés de moralités pareilles et c'est ce qu'il nous importe de constater hérétiquement. Selon G. de Murr, le duc d'Albe, repentant, donna déclaration écrite à Charles III des faux commis par lui dans l'affaire des Jésuites. En outre, il déclara par devant l'évoque de Salamanque, grand inquisiteur, ({m' il avait fomenté l'émeute des chapeaux tout exprès pour l'imputer aux Jésuites.

Nous sommes ici, comme vous voyez, dans un monde absolument malpropre, quoique ces philosophes espagnols, loin d'être de roture comme les nôtres, eussent des quartiers de noblesse à revendre.

Mais il fallait autre chose que l'émeute de Madrid pour détruire la sympathie qui liait ce fervent catholique Charles III à la Compagnie de Jésus. Un troisième protestant, l'historien anglais Coxe, nous jette tout à coup dans une romanesque manœuvre, prise de très-loin et qui remet en scène M. de Choiseul : « Dèf 1764, le ministère fran-

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çais 1 se proposa d'achever la chute dos Jésuites dans les autres pays, surtout en Espagne... Choiseulleur attribuait toutes les fautes qui pouvaient entraîner la disgrâce de leur Ordre. Il ne se fît pas le moindre scrupule de faire circuler des lettres apocryphes sous le nom de leur général et autres supérieurs et de répandre d'odieuses calomnies contre quelques individus de la société. »

Ces calomnies, par le fait, étaient plutôt dirigées contre le roi et contre Elisabeth Parnèse, femme de Philippe V, sa mère. Elles nous ramènent à la missive fabriquée et mise sous le nom de Ricci, général de la Compagnie, par le duc d'Albe. L'intrigue, on le voit, était nouée fortement, et Coxe, déplaçant les responsabilités, attribue à M. de Ghoiseul l'accusation d'illégitimité portée contre Charles III par la prétendue correspondance du Père Ricci.

Je ne crois pas que la fausse provenance de ces lettres ait été niée par un seul historien ami ou

1. L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon, tome V.page 4.

ennemi de la Compagnie. Seulement tel protestant attribue le faux au duc d'Albe, tel autre au ministre français. Ce procès ne vaut pas la peine d'être jugé.

Coxe parle d'un autre lettre fausse du Père Général : « On fabriqua i une lettre qu'on supposait avoir été écrite de Rome au Provincial d'Espagne. Cette lettre lui ordonnait d'exciter des insurrections ; elle avait été envoyée de manière à être interceptée 2, on y parlait des richesses immenses et des propriétés de l'Ordre : c'était une amorce pour obtenir son abolition... Mais la cause principale de leur expulsion (des Jésuites) fut le succès des moyens employés pour faire croire au roi que l'émeute de Madrid avait eu lieu par leurs intrigues et qu'ils fomentaient d'autres machinations contre sa famille et sa personne... Charles, de protecteur zélé qu'il était, devint pour eux un implacable ennemi... il s'empressa de suivre le

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