‹ Jésus-ChristChapitre 101 sur 158 · De LegibuSjWh, I, xv · texte numérisé non relu

De LegibuSjWh, I, xv

Chanceliers de la Révolution à dire une fois de plus : « La foi en la parole révélée de Dieu est plus ferme (( et plus vivace encore au cœur du peuple que sa foi c! dans la ,vertu sanctifiante de n'importe quel article (( de la Constitution. »

LE CURIST, FIN DE LA CRÉATION, PREMIER-NÉ ET HÉRITIER ^DE TOUTES CHOSES.

Dans cctle chaîne des vérités de notre foi, qui sont en môme temps des vérités de science, il en est qu'on lient pour moins indispensables à connailrc, parce qu'elles s'éloignent davantage du centre en parcourant un orbe plus grand, et qu'elles semblent être de luxe dans le trésor de la doctrine. Par une double illusion contradictoire du mauvais ou faible vouloir, après s'être tenu en garde contre la crédulité, on se refuse à la science : on appelle la lumière, et on la fuit.

Cependant, en même temps que cette doctrine se perd à nos yeux dans les profondeurs de Tinfini, elle est si bien liée dans tous ses points, elle se concréfie tellement en un seul, qui est Jésus-Christ, centre de tout le système, que c'est surtout du cercle qu'elle décrit qu'on peut dire que ce divin centre y est partout^ et la circonféence nulle part; parce qu'il y est tout à la fois centre et circonférence, se resserrant ou se dilalant à la mesure de notre œil, de manière à entrer dans le plus petit et à passer toujours le plus grand.

A ce titre seul, il ne serait pas inutile de montrer un peu Jésus-Christ sous ce dernier aspect, pour satisfaire chez les uns ce besoin spacieux de connaître qu'a creusé à notre époque le vide de la foi, et pour confondre chez les autres ce préjugé, qui n'a d'égal en orgueil que l'ignorance, que cette foi n'a rien à voir avec la science, alors qu'elle en est véritablement la synthèse et la clef.

Hâtons-nous d'ajouter, que ce qui semblerait d'abord pouvoir être taxé de spéculation ne paraîtra à la fin que trop pratique.

Il ne s'agit d'ailleurs ici que d'une légère esquisse de ce grand sujet, que nous avons essayé de traiter ailleurs sous le titre de Plan divin^ et dont la simplicité égale à la richesse nous permettra de nous resserrer autant que nous pourrions nous étendre.

« Deux vérités se disputent le pas, dit Fénelon , deux <( vérités que nous devons toujours mettre ensemble pour « l'intégrité de notre foi : — l'une, que le monde est povr a Jésus-Christ; — l'autre, que Jésus-Christ est pour le « monde'^. »

Que Jésus-Christ soit pour le monde; c'est-à-dire que le Fils de Dieu se soit incarné et ait été offert en holocauste pour la Rédemption du monde, c'est la foi commune des Chrétiens. Mais que le monde soitpowr Jésus- Christ; c'est-à-dire que Jésus-Christ soit la raison primordiale et la fin médiatrice de l'universalité des choses, c'est ce qu'on ne considère, ce qu'on ne sait môme pas assez, et ce qui cependant donne à notre foi

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