I. AuxBomains, Vlll,22, 23. — ■ 2. Apocnlypse, XXII
toulcs les vérités chrétiennes et qui en est comme la pierre de louche : une conclusion pratique.
Or je crois pouvoir la tirer en quelques mots ici, me réservant d'y revenir ailleurs,
C'est que Jésus-Curtst n'est pas seulement ce Sauveur humilié et anéanti pour nos crimes , nous offrant une grâce que nous serions portés à dédaigner ou simplement à négliger, à raison de cet anéantissement môme qui nous la vaut; mais qu'il est aussi Maître et Roi de ce même monde dont il est le Sauveur ; c'est que si Jéstjs- GuRisT est fait pour le monde^ il est une autre vérité qui dispute le pas à celle-là, savoir : que le monde est fait pour Jésus-Ghrist.
Et combien ces deux vérités ne se font-elles pas valoir réciproquement ! Quelle valeur ne prend pas cet Amour anéanti, alors que c'est celui de la Toute-Puissance ! et quel compte terrible ne devra-t-il pas être rendu à celte Toute-Puissance de ce même Amour méprisé !
Nous ne croyons plus qu'à demi à Jésus -Christ, nous le divisons d'avec lui-même. Le doux et humble de cœur voile à nos yeux le Maître et le .fusticier. Nous ne voyons que des grâces dans ses mains qui lancent aussi la foudre. Sans doute, l'Amour et la Miséricorde sont à sa droite : mais la Puissance et la Justice sont à sa gauche ; et que faut-il que sa gauche, pour réduire en poudre les nations et faire disparaître les hauteurs du siècle ? Ainsi l'a-t-il fait du monde romain, dont le dernier représentant n'a pu lui opposer que la poussière dans laquelle il est rentré, s'écriant: « Tu as vaincu, Galiléenl » Ainsi l'a-t-il fait depuis de tout ce qui a eu la folle audace de s'élever contre Lui.
Et que sommes-nous nous-mêmes, aujourd'hui, na-
lions modernes nées de son amour, que les vassaux de sa colère, pour avoir voulu lui disputer la Primauté, pour vouloir encore l'éliminer de nos conseils et le ramener à son Calvaire? Car nous en sommes là aujourd'hui, que si les méchants ont la haine, les bons ont la peur de Jésus-Christ. On est jaloux de se passer de Lui dans le naufrage public où il nous tend encore cette Main qui a créé, qui a sauvé le Monde. Sans doute on le peut : on peut refuser la grâce, mais on ne peut refuser le châtiment; on peut refuser la résurrection, mais on ne peut refuser la ruine, pour laquelle il suffît qu'il nous abandonne ta notre néant. Qui ne veut le recevoir Sauveur est forcé de le subir Juge ; et ainsi on relève toujours de Lui. Rédempteur ou Vainqueur du monde, il en est toujours le Maître et l'Héritier. Escorté des élus, il traîne à son char les réprouvés et les superbes ; et, les uns en chant d'amour, les autres en cris de rage ou en gémissements de déception, tous lui rendent ce môme témoignage :
Christus vincitI Christus REGNAT I Christus imperat!
LE Christ préexistant dès l'origine des temps