‹ Jésus-ChristChapitre 109 sur 158 · DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

DANS LE MONDE

Nous avons déjà traité de cet état de Jésus-Christ historiquement dans la première partie de ce discours. Nous n'avons donc besoin que d'en dégager ici la substance doctrinale.

Nous nous réduirons pour cela à un simple aperçu.

L'impiété de ce temps, abandonnant le terrain de toute discussion, s'est constituée à l'état de dogme : le dogme de la négation du surnaturel. Elle professe, nonseulement sans preuve, mais contre toute preuve, qu'il n'y a rien en dehors de la nature. Elle supprime à ce titre Jésus-Christ Dieu. Mais, dominée par la force de la vérité et de la conscience humaine qui la proclame, elle le confesse à un autre titre, à titre de divin. Le divin, selon elle, ne suppose pas Dieu distinct de l'humanité, à laquelle il serait venu s'unir pour Télever àLui. C'est une essence de l'humanité même.

Ainsi l'on dérobe au Christianisme le surnaturel et le divin ; on les naturalise et les humanise, pour en faire

un panthéisme mystique sous le nom de religion de V humanité^ rivale et ennemie de celle de Dieu.

Jésus-Christ reparaît alors, mais comme une efïlorescence de l'humanité. Ce n'est pas THomme-Dieu qu'on adore; c'est Y Humanité-Dieu qui s'adore en lui: car il est Vhonneur commun de qui porte un cœur d'homme ; un homme de proportions colossales, en qui les destinées de l'humanité ont trouvé enfin leur interprète, et qui leur a fait faire un pas auquel nul autre ne pourra jamais être comparé : tellement qvCentre lui et Dieu on ne distingue plus, etc., etc. ^

On voit la stratégie, son origine et sa portée révolutionnaires : c'est la Déesse Humanité, pour ne plus dire la Déesse Raison .

Eh bien, cette stratégie repose, comme toute erreur, sur une vérité: toute erreur, si monstrueuse qu'elle soit, n'étant qu'une vérité dont on abuse.

Cette vérité ici, c'est que Jésus-Christ était réellement dans l'humanité avant d'y paraître : seulement, il n'y était pas par confusion^ mais par union avec elle. Il y était à l'état de promesse, d'attente et de désir, et comme devant y paraître : nous l'avons vu assez dans notre partie historique pour ne pas avoir besoin d'y revenir. Il y était non-seulement à cet état latent; mais à l'état distinct, personnel, animé, et de plus en plus accentué de prophétie : état celui-là indiscutablement surnaturel ; état vivant, parlant, agissant. Car c'est Lui-même, Verbe de Dieu, qui se montrait déjà Fils de l'homme ^txns cette lumière prophétique où l'avenir devenait présent et mémo arrivé, au regard de cette foi dont saint

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