‹ Jésus-ChristChapitre 117 sur 158 · ATite · texte numérisé non relu

ATite

Hors du contradictoire, le champ de la Toute-Puissance est illimité, et il est conforme à TËtre inflni de s-y déployer bien au delà de notre étroit entendement.

Or, comme nous l'avons déjà vu, il y a deux natures en Jésus-Christ : la nature divine et la nature humaine, la divinité et l'humanité, unies, mais distinctes. Dieu s'est fait de notre condition pour nous élever à la sienne. Étant et restant Dieu, il s'est fait homme de sa Personne de Dieu. De sa Personne de Dieu par conséquent il est né, de sa Personne de Dieu il est mort : mais né comme homme, mort comme homme, dans son humanité, non dans sa divinité. Or c'est dans sa divinité qu'il est élernel et impassible, et c'est dans son humanité qu'il est né et qu'il est mort. La distinction de l'une et de l'autre fait disparaître toute contradiction.

Reste à comprendre comment la même personne en Jésus-Christ, éternelle et impassible de sa première nature divine, a pu s'approprier une seconde nature en laquelle on puisse dire qu7/ est né et qu'il est mort.

C'est là le mystère, mais rien que le mystère.

Sans prétendre le dissiper, mais pour montrer seulement qu'il n'implique aucune contradiction, voici comment s'expliquait encore saint Théodote, au Concile d'Éphèse, par des exemples tirés de Tordre naturel.

D'abord sur la naissance.

« Ne me dites pas : le Verbe étant déjà le Fils unique «du Père, comment, derechef, peut-il naître d'une « Vierge? Il est né du Père selon la nature qui le concer- « ne, mais il naît de la Vierge selon la dispensation de (( sa religion. En premier lieu du Père comme Dieu, « en second lieu de la Vierge comme homme. Pareillement votre parole est la progéniture de votre enlen-

« dément. Mais celte parole que votre esprit a engendrée « étant exprimée ensuite en caractères sensibles que « votre main forme sur le papier, en reçoit en quelque « sorte une nouvelle naissance. Non qu'elle commence « à être lorsque votre main l'écrit, puisqu'avant ce « moment elle existait dans votre esprit ; mais parce « que, alors, cette parole reçoit, de la main qui la formule « en caractères, une existence visible qu'elle n'avait 0 pas auparavant ». »

Et quant à cette autre vérité que Dieu est mort sur la croix, voici encore par quelle analogie l'éloquent évêque d'Ancyre l'expliquait :

« Ce n'est pas un pur homme que les Juifs ont cruci- « fié, ce n'est pas cette seule nature humaine que les yeux « voyaient qu'ils ont percée. Mais Dieu lui-même, s'ap- « propriant les impressions de la nature qu'il s'était « unie, a été l'objet de leur sacrilège attentat. Pour vous « rendre cela concevable, supposons qu'un Roi tire de « sa munificence un décret conférant à une de ses villes « quelque grand privilège d'affranchissement ; qu'il en « dresse un Édit sur parchemin et qu'il l'envoie à cette « ville. S'il arrive que cet Edit, intercepté dans le tra- « jet par quelque rebelle audacieux, soit déchiré ; alors, (( dites-moi, qui est-ce qui aura été déchiré? Sera-ce U « parchemin seul, ou ne sera-ce pas aussi l'Édit royal ? (( Si c'est le seul parchemin qu'on puisse dire avoir été « déchiré, il suffira de peu de chose pour racheter cette « atteinte. CepQndant la peine capitale attend le coupa- « ble, comme n'ayant pas seulement rompu le parche- « min qui portait l'Édit royal, mais déchiré cet Édit lui-

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