‹ Jésus-ChristChapitre 131 sur 158 · Eschyle, Promélhée eiwhatné · texte numérisé non relu

Eschyle, Promélhée eiwhatné

Mais Dieu, dont l'amour égale la justice, et dont la sagesse trouve dans sa sainteté et sa toute-puissance de quoi réaliser ses merveilleuses inventions, tenait en réserve une solution dans laquelle il se manifesterait tout entier, qu'il avait fait entrevoir dès l'origine, qu'il avait dévoilée et promulguée successivement par ses Prophètes, dont le genre humain dans son égarement même emportait avec lui l'espérance, et qui avait été ajournée à la plénitude des temps, pour que le mal, par sa maturité môme, fût plus apte à la guérison.

Cette solution, la voici :

« Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils « unique^ : » —ce même Fils auquel le monde avait été donné.

Et ce Fils, rivalisant d'amour avec son Père, provoque ce don de lui-même en s'offrant : « Vous n'avez point « agréé les victimes et sacrifices qui vous ont été offerts, « dit-il à son Père; mais vous m'avez adapté un corps, » — ce môme corps dans lequel m'incorporant la création je devais régner sur elle, — a et alors j'ai dit : Me « voici ; je viens, selon qu'il a été écrit de moi au com- (( mencemenl du Livre, pour faire, ô Dieu! votre vo- « lonté-.» Et alors toutes les prophéties, toutes les espérances dont avait vécu jusque-là le genre humain se consomment : LE Christ est mis a mort, et tous les autres SACRIFICES sont ABOLIS, cu accomplissemcut littéral de la Prophétie ^

« Au lieu que tous les prêtres, dit saint Paul, se pré- « sentaient tous les jours à Dieu, pratiquant et offrant

t. Jean, III, 16. — 2. Aux Hébreux, X, 6, 7. — 3. Daniel, IX, 2G, 27.

« plusieurs fois les mêmes sacrifices qui no pouvaient « jamais ôter les péchés, Celui-ci, ayant accompli une « Rédemption éternelle par un seul sacrifice, offert « une fois pour les péchés, est assis pour toujours « à la droite de Dieu, où il attend, pour ce qui reste, « que Dieu ait fait de ses ennemis l'escabeau de ses « pieds ^. »

Quelle grandeur ! quelle ordonnance I Et si cela nous passe, est-ce autrement qu'en amour ? est-ce autrement qu'en sagesse? Mais n'est-ce pas là précisément le caractère de Dieu? et où ce caractère doit-il plus se montrer ainsi que dans la révélation de Dieu lui-même ?

Je dis la révélation de Dieu lui-même. Nulle part, en effet, ce grand Dieu de la Nature, delà Conscience et de la Providence, que l'humanité a toujours sollicité de se montrer, pour apaiser la soif qu'elle avait de le connaître et entrer avec lui dans un rapport personnel qui comblât l'abîme d'éloignement et de disgrâce qui l'en séparait, n'a répondu à sa créature par des rayons de ses attributs plus éclatants, et en même temps plus accommodés à notre faiblesse, qu'il ne le fait de ce mystère transparent de la Croix.

Qu'est-ce que croire en effet au Mystère 4o la Croix ?

C'est croire que Dieu est si Saint, que la souillure du péché ne peut disparaître à ses yeux que lavée dans le sang d'un Dieu ; — c'est croire que Dieu est si Juste, que sa justice ne peut se contenter que d'une satisfaction infinie et n'a pas épargné son propre Fils^; — c'est croire que Dieu est si Grand, qu'il ne peut être pleinement honoré que par une victime aussi excellente et aussi

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