Aux Romains^ V
39i SCIENCE DOCTRINALE DE JÉSUS-CHRIST.
rai^)pagne, vont nous le dire : a Le Christ est mort pour u tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus à eux- « mêmes, mais vivent à celui qui est mort pour eux^ » Voilà la fin de toute sagesse, voilà le dernier mot du Christianisme et le dénoùment de toute son économie : vivre à Dieu ! ce qui est vivre à la vérité, à la justice, à la beauté, à l'ordre, à la félicité, à la vie, à tout ce pourquoi nous sommes faits, et que nous cherchons et manquons hors de Dieu. C'est pour cela que la Vie môme qui est en Dieu est venue en terre: « Je suis venu « pour qu'ils aient la vie, a dit le Verbe de vie, et pour « qu'ils l'aient surabondamment ^ » C'est pour nous racheter cette vie divine que nous avions perdue, qu'il est mort à notre vie humaine. C'est pour nous ramener du faux et vil amour de nous-meme et des créatures par le plus véritable et le plus noble amour, que Celui qui nous a aimé le premier nous en a donné ce suprême et décisif témoignage, de nous aimer, tout Dieu qu'il est, jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. Il a fait de notre suprême intérêt une question de générosité, d'honneur, d'amour. Il nous a pris parce qu'il y a en nous de plus noble pour nous retirer de ce qu'il y a de plus vil. Et' combien ce divin procédé n'a-t-il pas été justifié par l'attrait qu'il n'a cessé d'exercer sur toute âme grande de toute condition. Il est décisif surtout sur les âmes neuves, et élève d'un coup les sauvages mêmes aux plus délicates et aux plus sublimes vertus. C'est là, avec la grâce venant vivifier ces bons sentiments de notre nature, ce qui fai' de la Croix de Jésus-Curist un talisman de civilisation Nous ne voyons la Croix qu'à travers notre propre fo-