‹ Jésus-ChristChapitre 138 sur 158 · Jean, XVII · texte numérisé non relu

Jean, XVII

rhomme, il prit une humanité individuelle, un corps et une âme distincts, dont il fît son corps et son âme en se les personnifiant. Il se fit Dieu-Homme visiblement, comme chacun de nous est homme. C'était là une première union à notre nature, par laquelle il apparut historiquement, mais pour un temps, par des enseignements, des exemples, des merveilles de sagesse, de puissance et de bonté, qui n'opérèrent aucun changement profond autour de lui, pas même dans ses Apôtres.

C'est que ce n'était là que le germe de son œuvre. Cette œuvre avait besoin de sa mort pour se consommer. C'est ce qu'il disait lui-même en une de ces images dont la simplicité naturelle recouvre la surnaturelle profondeur : « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de fro- « ment tombant sur la terre ne meurt point, il demeure « seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit K »

Cette mort du grain céleste, semence de Dieu fait homme, était donc nécessaire pour germer dans l'humanité. Elle nous ouvrait en effet le trésor général des grâces en opérant notre rédemption, et mettait la Victime en état de réaliser cette autre parole : « Quand je serai « élevé de terre, j'attirerai tout à moi ^. »

Mais encore fallait-il qu'il mit sa fécondité en rapport avec notre stérilité, et qu'il se semât dans le monde. Car, si puissante que soit la fécondité de Jésus-Christ, comme il ne devait pas agir en des natures inertes, mais libres, et non purement spirituelles, mais sensibles, il fallait qu'il s'adaptât à l'humanité par un procédé analogue.

A cet effet, il créa l'Église, en qui il mit son divin

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