Ganliquo Nuiie dimittis de Siméoii
qui, travaillée d'un mal qu'aucun médecin n'avait pu guérir, se glissa dans la foule et s'approcha derrière le Sauveur, nous ne visons qu'à toucher seulement la frange de son vêtement, confiant dans la vertu qui en sortira, et dans la bonté du divin Maître, qui se retournera peut-être pour permettre à son serviteur de voir sa face et de se jeter en adoration à ses pieds.
Mais, en nous donnant cette satisfaction, nous ne croyons pas devoir la renfermer en nous. Nous nous sentons porté à la répandre pour la gloire de ce bien commun et le bonheur de nos semblables.
On a mis en question, dans un esprit qui n'est pas selon la règle, s'il ne valait pas mieux livrer le texte seul des Évangiles à la méditation solitaire de chaque lecteur, pour qu'il en appropriât l'interprétation à son sens privé. Cette question, théoriquement posée et systématiquement tranchée pour l'affirmative, est trop grosse de raisons contraires à cette manière de voir, et qui en sortent d'elles-mêmes, pour qu'il soit nécessaire de la discuter. Mais, en partant même de cette opinion sagement improuvée, nous ne comprenons pas comment le travail particulier 'de réflexion et de méditation que chacun peut faire avec réserve sur l'Évangile, que nos pères faisaient pour leur édification personnelle et domestique, que les ministres des diverses communions dissidentes, par une contradiction palpable avec la doctrine du sens privé, font pour leurs adhérents, ne pourrait pas être convenablement étendu au public chrétien, sous l'œil de l'Église, et proposé à tant d'âmes qui n'ont pas le loisir de l'entreprendre, et
pour qui le Livre de vie se trouve (^tre, par suite, un livre clos.
Ce n'est là d'ailleurs qu'un travail d'incitation et d'émulation, qui, loin d'avoir la prétention d'absorberle sujet et d'exclure d'autres investigations, a plutôt pour objet d'en aviver la source et d'en faciliter l'accès. « On peut, dit gracieusement saint Bernard, cueillir d'abondantes fleurs dans les prés qui bordent ce Mystère ; mais on ne saurait sonder dans son milieu la redoutable profondeur du gouffre. Gouffre en effet inscrutable que ce sacrement de l'Incarnation divinç! Abîme insondable que le Verbe se soit fait chair et ait habité parmi nous ! Qui pourrait le pénétrer, y atteindre et le saisir? Le puits est profond et je n'ai pasce qu'il faut pour y puiser. Mais j'étendrai des tissus sur son orifice, pour qu'ils s'humectent de la divine vapeur qui s'en exhale. Redoutant, dans le juste sentiment de ma faiblesse, d'en tenter le fond, du moins, comme penché sur sa bouche, j'étendrai vers Vous mes mains, Seigneur, parce que, sans Vous, mon âme est comme une terre sans eau. Et alors, si, du nuage qui s'en élèvera, ma pensée se trouve imbibée, je vous ferai part, sans réserve, de ce peu que j'en aurai recueilli, comme on exprime un voile humide, ou comme en fine petite pluie retombe la rosée du ciel '. »
Tels sont donc les divers sentiments qui nous animent h cette grande étude : — notre propre édification, comme si nous ne nous proposions pas autre chose; — puis, le