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comme il parle ici de l'avenir, et qu'aucune bouche mortelle n'a jamais prononcées. C'est sa manière d'être. IL EST : toujours au présent , toujours actuel. Et comme ce qui est actuel est humainement passager, c'est son actualité même qui fait illusion sur sa permanence. Nous lui attribuons notre mobilité, comme le passage des nuages paraît faire fuir le soleil , alors qu'il est stable dans son rayonnement au fond des cieux.
Les plus grands hommes ne se survivent que par leurs œuvres; et encore, combien précaire, limitée, disputée et périssable est cette survivance! Jésus-Christ, à ce seul point de vue, a fait une (Euvre qui dépasse toutes les autres en grandeur eten durée : le Christianisme, l'Église. 11 a refait le monde moral et social , l'humanité. Mais cette œuvre unique, et à laquelle aucune autre ne saurait succéder, n'est pas toute l'expression de sa survivance. Elle implique virtuellement un support, un agent; l'action, la présence même de son auteur en elle, continuant cette création. Le mystère de cette présence et de cette action continue de Jésus-Christ dans son œuvre est moins inconcevable que ne le serait cette œuvre seule survivant, se développant, se soutenant, et résistant comme nous la voyons, au sein d'un monde où tout périt, sans la présence en elle de Jésus-Christ.
Platon , parlant des œuvres de l'art et de la pensée de l'homme , dit avec un grand sens : « Les productions de la peinture se présentent à nos yeux comme vivantes ; mais si on les interroge , elles gardent le silence avec dignité. Il en est de môme de l'écriture, qui ne sait ce qu'il faut dire à un homme, ni ce qu'il fautv*' re à un autre. Si on vient à l'attaquer et à l'insulter sans raison, elle ne peut se défendre; car son Père n'est jamais là pour la
CELUI OUI EST PARAiSSANT EN JÉSUS-CHRIST. 4i
soutenir \ » Voilà le sort des plus grandes œuvres humaines. L'Œuvre seule de Jésus-Ciirist répond toujours quand on l'interroge. Elle sait toujours ce qu'il faut dire et ce qu'il faut taire. On ne peut l'attaquer et l'insulter sans qu'elle se défende. Que dis-je? c'est elle qui attaque le monde, qui le redresse, qui le ramène et qui le retient dans ses lois. Jamais œuvre plus militante ne fut jamais , et jamais plus subsistante , bien que destituée de tous les moyens humains. Qu'on explique cela autrement que par la raison contraire à celle qui fait Tinfirmité de toute œuvre humaine , autrement que parce que son Père est tovjours là pour la soutenir^ justifiant ainsi sa propre parole : Je suis avec vous tous les jours.
L'Église de Jésus-Christ est une œuvre toujours vivante: donc Jésus-Christ en elle est toujours vivant; car il faut élre vivant pour être la vie de quelque chose , et d'une si grande chose.
Et Jésus-Christ, vie de l'Église, est par elle et en elle la vie du monde, la vie universelle des âmes et des sociétés.
C'est-à-dire que Jésus-Christ est ce qu'il s'est dit être : « Ego sum Vital Je suis la Vie ^! »
Il est vrai que Jésus-Christ est compté pour peu dans ce siècle, qu'il y est à l'état de proscrit et de délaissé.
Mais, d^ibord, qu'est-ce qu'un siècle dans le temps, pour un fait qui, à ne le prendre que dans une de ses phases, occupe dix-neuf siècles? Sortons un peu de notre instant, élevons-nous sur les hauteurs de l'histoire, portons nos regards sur tout ce qui s'étend dans la dui'ée,