‹ Jésus-ChristChapitre 20 sur 158 · Plat., in rhvùd. — X'. Jean, \IV · texte numérisé non relu

Plat., in rhvùd. — X'. Jean, \IV

jusqu'à rhorizpn des temps modernes confinant à celui des temps anciens , et nous verrons ce grand Christ remplir tout ce vaste espace; y devenir rapidement et y demeurer constamment l'objet des adorations de l'univers, l'âme des choses; la voix, la vérité et la vie des générations; le principe, la lumière et le mobile de l'humanité; le Seigneur, le Roi, le Dieu du monde. Nous entendrons s'élever de toute part un Hosanna formidable, dans lequel nous démêlerons cette forte invocation de nos pères , prélude de leur Constitution nationale, et qui vient frapper de désaveu leur dernière et misérable postérité! « L'illustre nation des Francs a « Dieu pour fondateur, elle est puissante dans la guerre, « fidèle dans la paix, profonde dans le conseil; elle « est belle de corps, audacieuse, rapide, terrible, « récemment convertie à la foi catholique , et pure de f( toute hérésie... Vive le Christ qui aime les Francs! c( Puisse ce Seigneur des seigneurs, puisse Jésus-Christ « protéger leur royaume , remplir de sa grâce ceux qui « le gouvernent , conduire leur armée , les mettre à « l'abri derrière le rempart de la foi, et leur accorder « miséricordieusement et la paix et la joie et le bonheur î « Car c'est cette nation qui, forte et courageuse comme <c elle était, a rejeté vigoureusement de sa tête le joug « odieux des Romains, et qui , après avoir reçu le saint « baptême, a recueilli les corps des martyrs que les ft Romains avaient consumés par les flammes et tranchés « par le fer; et elle les a enchâssés dans l'or et dans « les pierres précieuses...* »

t. Prologue de la loi salique, iiublié par M. Merkel. Voir les Epopées françaises de M. Léon Gautier, t. I»"", p. 29. — On retrouve dans

Voilà le chant de notre berceau, le chant du monde moderne s'élançant des ruines du monde ancien, et se dégageant des ombres de la barbarie. Le Christ n'a cessé d'animer tous les temps qui ont suivi. Il a fait de son tombeau même , le seul qui au jour de la Résurrection fi aura pas à rendre sa proie, une pierre d'aimant qui a soulevé et vivifié TEurope. Il a enivré tout le moyen âge de sa foi, de sa science et de son amour, dont tant de sanctuaires, merveilles de l'art, étaient comme les ruches, oùvenaient s'épurer toutes les misères et d'où distillaient toutes les vertus. Il a ainsi régné sur l'humanité régénérée, et l'a élevée de progrès en progrès, de gloire en gloire, jusqu'aux confins de ce siècle.

Et maintenant, est-ce ce siècle seul qui fera échec à toute l'humanité qui a précédé, et qui s'érigera en juge de Jésus-Curist ? N'est-ce pas plutôt Jésus-Christ délaissé, qui, par les suites terribles de ce délaissement même, devient le juge de ce siècle, et reçoit de nos désastres et de nos décadences un nouveau témoignage égal, en sens contraire, à celui que lui avaient rendu jusque là le culte et l'amour?

Question douloureuse dont je ne veux pas presser les applications, et qui est faite tout au moins pour nous arrêter, sinon pour nous ramener à Celui-là qui est tellement la vie, que comme on a vécu de lui, on meurt faute de lui.

Par une illusion singulière nous croyons que c'est lui qui finit, alors que c'est nous qui expirons à sa lumière : ( ommc il en est, par rapport au soleil, des parties de la

(lor langage l'ùme d'Artninius, telle qu'elle rcgpiro dans son dl«»urs contre les Romains rapporté par Tacite, liv. 1, LIX do ses

Aminles,

terre distantes de l'équaleur. Ce n'est pas Jésus-Curisï qui peut être mis hors la société : c'est la société qui s'est mise hors de son Dieu, de sa bonté s'entend, mais non de sa justice. Par sa justice, il n'éclate que trop au milieu de nous par les contre-coups de nos révoltes contre lui. Et dans sa bonté même, une seule observation suffit à nous le faire voir : c'est que tout ce qui nous arrive encore de rayons de salut ne nous vient que de Lui : c'est Lui encore qui ravive la vie morale et sociale dans notre sein et en tire des manifestations qui autorisent l'espérance, ne nous laissant que la liberté nécessaire à notre responsabilité pour notre régénération ou pour notre fin. A son contact les peuples ressuscitent. Il est encore VAf^bre de vie dont les simples feuilles guérissent les nations ^ ; et l'Impiété elle-même voit tourner son blasphème en adoration de Celui-là qui est un principe inépuisable de renaissances morales, à qui chacun de nous doit ce qu'il a de meilleur en lui, et qui dirige encore, A l'heure qu'il est, les destinées de V humanité ^.

Tel est le Christ aujourd'hui, hier, demain.

Sur son sépulcre d'où, vainqueur à jamais de la mort, il s'était élancé comme un géant dans la carrière^, la foi faisait cette proclamation : « Le Christ ressuscité ne « meurt plus ; sur lui la mort n'aura plus d'empire.* » Et Lui-même, d'une voix pareille à la voix des grandes eaux : « Et je vis, et j'ai été mort, et voilà que je suis vivant « aux siècles des siècles, et j'ai les clefs de la mort et de a l'enfer ** ! »

1. Apoc, XXII, 2.-2. Renan, Vie de Jésus. — 3. Ps. XVllI, 6. — 4. Aux Romains, VI, 9. — 5, Apoc, I, 18.

L'histoire a rempli celte parole de la foi. Elle a été la vérifiant de siècle en siècle, jusqu'à ce dix-neuvième qui semble en être la suprême confirmation par contreépreuve de tous ceux qui l'ont précédé.

Bornons-nous à ces simples aperçus; car nous ne voulons pas refaire ici une œuvre apologétique, et nous n'avons d'autre but que de constater et de dire ce que tout le monde voit ou peut voir.

Ainsi est-il vrai que Jésus-Christ, depuis qu'il a paru sur la scène de ce monde, n'a cessé de l'occuper et d'en faire le destin, manifestant par là cette vérité, que, dans cet être unique, né homme dans le temps, est Dieu, le Dieu caché de la Nature, de la Conscience, et de la Providence, se révélant au monde et se le réconciliant.

JÉSUS -Christ dans le mondk avant qu'il 'y parut

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