Aux Hébreux, IX
gieuso qui agitait le monde, dit M. Villcmain, passa jusqu'à rinertie contemplative des Indes, et troubla le repos du Brahmane. S'il faut en croire l'étude des monuments orientaux {Asiatical Research, tome 1°'), l'annonce d'un avènement miraculeux se répandait alors dans l'Inde comme dans la Judée^ » ~ « i/n grand « nombre de Gentils^ lisons-nous dans le Talmud et dans « plusieurs autres documents historiques non suspects, « se rendirent à cette époque à Jérusalem, afin de voir « le Sauveur du mondée » — Des monuments irrécusables nous font connaître notamment que, de la Chine, l'empereur alors régnant, Ming-ti, envoya des députés tout exprès pour reconnaître le Saint qui devait paraître en Occident, d'après les antiques traditions^.
Quelques-uns de ces envoyés de l'Orient, venant de l'extrême Arabie, nous sont en effet montrés dans l'Évangile arrivant à point au berceau de Jésus-Christ, conduits par une Étoile miraculeuse, dirigés en dernier lieu par les indications locales qu'Hérode et les docteurs Juifs puisèrent eux-mêmes dans les Prophéties dont ils étaient les dépositaires, et offrant au Sauveur du monde les prémices de la Gentilité.
Mais cette foi n'était ainsi en quête et en inciuiétude universelle de son objet que parce qu'elle en portait en elle la promesse, que parce qu'elle en avait gardé, malgré tous les égarements du genre humain, les traditions, et que parce que ces égarements mêmes en avaient accru le besoin et fait soupirer le désir.
A cel état de promesse, de tradition, de besoin et de
1. Du polythéisme, Nouveaux mélanges, t. II, p. 101. — 2. Talmud, liabijl. Santscd., cap. n. — 3. IIer.-Jo8. Schmilt, Origine des tnyihcs.
désir, Jésus-Christ nous apparaît en effet dans toutes les croyances du monde entier, partout défiguré, dans la diversité et dans les altérations infinies de ces croyances, mais partout reconnaissable à des traits d'autant plus frappants qu'ils sont plus uniformes dans cette diversité, et plus conservés dans cette altération.
Cette vérité est aujourd'hui hors de toute discussion possible. Elle est acquise à la science. Deux garanties ne permettent pas de la mettre en question : la première, c'est qu'elle n'est pas la flUe d'un système quelconque, si -recommandable qu'il puisse être ; mais le résultat indélibéré de mille découvertes faites depuis un siècle, par une multitude de savants divers : historiens, géographes, ethnographes, antiquaires, mythologues, voyageurs, etc., préoccupés, chacun de son côté, de l'objet spécial de ses recherches, et y rencontrant cette vérité singulière pour chacun d'eux, dont l'unité, révélée seulement par la réunion de tous, a manifesté l'universalité. La seconde garantie, c'est la confession et la publication de cette vérité par les ennemis les plus déclarés du Christianisme.
Aussi ne vais-je pas tant chercher à l'établir, qu'à en faire profiter mon sujet.
Il est avéré que toutes les religions du globe sont postérieures à une religion primitive, pure de toute idolâtrie. Nous avons pour garant de cette vérité le témoignage unanime de tous les auteurs païens euxmêmes, bien qu'ils fussent intéressés à justifier l'idolâtrie. Inutile de les rappeler*. En ces premiers