‹ Jésus-ChristChapitre 32 sur 158 · lîruker, //«r, crit, pliilos,^ yars l, l. Il, p. 4a · texte numérisé non relu

lîruker, //«r, crit, pliilos,^ yars l, l. Il, p. 4a

V attente certaine d'un Docteur universel était un dogme reçu, qui ne souffrait point diô contradiction K »

Comment en douter, lorsque nous voyons, à l'antipode de Platon, en Chine, Confucius professer cette même croyance?

Nous lisons en effet dans les livres de morale de ce philosophe « qu'uN Saint devait être envoyé du ciej; qu'il saurait toutes choses, et qu'il aurait tout pouvoir au ciel et sur la terre {data est mihi omnis potestas in cœlo et super terram\ » (Matth., X^iLyiII, 18.)

J'ai donné, dans les Etudes, des documents au-dessus de toute suspicion, rapportés et contrôlés par le savant investigateur des antiquités chinoises, M. Abel Remusat, qui précisent cette croyance, non-seulement quant à ce VÉRITABLE Saint, auprès duquel nul ne pouvait se dire tel, mais quant à la région et au temps où il devait paraître, et qui se trouvent exactement ceux où a paru Jésus- Curist. « Cette croyance était répandue en Chine, à n'en pas douter, dit M. Abel Remusat, dès le sixième siècle avant l'ère vulgaire, comme remontant à trois mille ans^. »

Donnons-nous la satisfaction, bien qu'elle soit superflue, de reproduire l'un de ces documents, cité par l'éminent orientaliste dans sa traduction de VInvariable milieu. C'est un traité de la religion musulmane, écrit en chinois, où on lit ceci :

« Le ministre Phi consulta Confucius et lui dit : 0 maître! n'êtes-vous pas un saint homme? Il répondit : Quelqiie effort que je fasse, ma mémoire ne me rappelle

1. Mémoires de V Académie des Inscriptions^ t. LXXI, p. IH, note. — 2, Morale de Confucius^ n» 196. — 3. L'Invariable milieu, p. 143, 158, 159, 160.

personne qui soit digne de ce nom. Mais, reprit le ministre, les trois rois n'ont-ils pas été des saints? Les trois rois, repondit Confucius, ont été renjplis ,d'une pru4.ence éclairée et d'une forc^ invinciMe; mais moi, Kièou^ je ne sais pas s'ils ont été des saints. Le ministre reprit : Jjes cinq seigneurs n'ont-ils pas été des saints? Les cinq seigneurs, dit Confucius, ont fait usage d'une pharité divine et d'une justice inaltérable; mais moi, Kièou, je ne sais pas s'ils ont été des saints. Le ministre lui demanda encore : Les trois Augustes n'ont-ils pas ét^ des saints? Les trois Augustes, répondit Confucius, ont pu faire usage de leur temps; mais moi, Kièou, j'ignore s'ils ont été des saints. Le ministre, saisi de surprise, lui dit enfin : S'il en est ainsi, quel est donc celui que l'on peut appeler saint?.... Confucius ému répondit : Moi, Kièouy j'ai entendu dire que, dans les contrées occidentales, il y aurait un saint iIômme ({m, sans exercei^ aucun acte de gouvernement^ préviendrait les troubles; qui, sans parler^ inspirerait une foi spontanée; qui^ sans exécuter de changement, produirait un Océan d'actions méritoires. Aucua homme ne saurait dire son nom; mais moi, Kichou,/a2 entendu dire que c'était là le véritable Saint ^. »

l)ira-t-on encore que c'est là un sentiment particulier à (onfucius? Je le veux bien, sauf à faire bientôt la part do cette particularité, et en retenant l'observation déjà f;iilo sur Platon, que pour être particulier il n'en serait <!!!0 plus prodigieux. /

Mais Confucius répond déjà à cette difficulté par un mot qui se trouve souvent aussi dans Platon : J'ai en-

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