‹ Jésus-ChristChapitre 36 sur 158 · De la Sagesse^ liv. 11, ch. v · texte numérisé non relu

De la Sagesse^ liv. 11, ch. v

à ce monde ancien qui ne pratiquait du moins les sacrifices que sur des animaux, rarement sur l'homme, jamais sur ses dieux.

La question posée par Charron reste donc tout entière, accrue même du sacrifice chrétien, et on ne saurait l'éluder. Il faut la résoudre.

Un mot de Voltaire va nous en donner la première clef.

« De tant de religions différentes, a-t-il écrit, il n'en est aucune qui n'ait eu pour but principal l'Expiation, L'homme a toujours senti qu'il avait besoin de clémence K »

L'Expiation : voilà le premier mot du sacrifice, dont le dernier mot est : Substitution.

Creusons tour à tour l'un et l'autre de ces caractères.

Le mot expiation seul contient trois vérités :

La première, c'est que tout le genre humain se reconnaît universellement en faute vis-à-vis de Dieu : faute originelle; car il n'est rien d'universel qui ne soit originel. Et Voltaire encore a constaté le fait résultant de cette induction: « La croyance que l'homme est déchu et dégénéré, a-t-il dit, se trouve chez tous les anciens peuples. Aurea prima sata est œtas est la devise de toutes les nations^. »

La seconde, c'est que cette ardeur d'expiation suppose un fondement solide et invétéré d'espérance : l'espérance, originelle aussi, d'une réhabilitation. On ne poursuit si opiniâtrement que ce qu'on tîspère atteindre.

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