‹ Jésus-ChristChapitre 47 sur 158 · Gentie^ III, 16, — 2. Jean, XII, 31; XVI, 1, etc · texte numérisé non relu

Gentie^ III, 16, — 2. Jean, XII, 31; XVI, 1, etc

cun d'ailleurs peut saisir la vérité dans son expérience psychologique ^ Tous les peuples ont cru à cette infernale puissance, sous les noms d'Até, d'Alastor, d'Ahrimaiie, de Typhon, de Bélial, de Satan, etc.^

C'est ce noir Esprit qui apparaît surtout dans cet égarement du monde ancien comparé au monde moderne. On ne peut se défendre de Ty voir tant il s'y trahit, ou plutôt tant il s'y étale. Ce n'est pas, encore une fois, la simple faiblesse humaine ; c'est la puissance d'une nature autre, faisant tourner au mal sa supériorité sur celle-ci et la menant jusqu'à se faire adorer. L'Idolâtrie n'était pas seulement un débris du théisme, le Divin, décomposé, mais conservant toujours à quelque degré son caractère. C'était V Infernal déifié. C'était la folie et le crime enivrant la malheureuse humanité de ses orgies et pesant sur elle de tout le poids de la Religion. C'était le monde satanisé. Ainsi nous apparaît l'Idolâtrie avec tout son cortège de bacchanales, de lupercales, de saturnales, de prostitutions religieuses, de priapées, de cruels sacrifices, de mystères impurs, d'ignominies sans fond, de divines scélératesses.

Ce ne sont pas seulement les Chrétiens qui ont dénoncé les démons dans les dieux. L'humanité païenne

1. Voir les Études. Tradition universelle sur la Déchéance, t. IF, et des Miracles, t. IV.

2. Tous les anciens peuples de la Perse voyaient dans Ahrimane, mot qui signifie l'être caché dans le crime (expression remarquable), ce que les Égyptiens voyaient clans Typhon, qu'ils appellaient aussi Seth, « qui vaut autant dire, rapporte Plutarque, comme supplantant, DOMINANT, FORÇANT. *) — Par suite de la séduction qu'Ahrimane exerça auprès du premier homme et de la première femme, leur nature fut corrompue, et cette corruption infecta toute leur postérité (Anquetil DuPERHON, Mém. de l'Académ, des Inscrip., t. XXXVll, p. 184), etc.

elle-même, toute tributaire qu'elle était de ces infâmes Esprits, sous leurs noms mythologiques, entrevoyait bien le fond de leur nature, sans assigner de terme humain à leur perverse domination : « 0 Divinités crimi- « nelles! » s'écriait-elle par la bouche d'Euripide en plein théâtre à Athènes, « est-il donc juste que vous, « qui nous donnez des lois, en soyez les premiers viola- « teurs? S'il arrivait qu'un pur les hommes vous fissent « porter la peine de vos violences et de vos criminelles « amours, bientôt Neptune, Apollon, et toi, Jupiter, roi « du ciel, vous seriez contraints de dépouiller vos tem- « pies pour payer le prix de vos forfaits ! Quand d'in- « dignes passions vous entraînent, faut-il s'étonner que « des mortels succombent! et lorsque nous imitons vos « vices, est-ce nous qui sommes coupables, ou ceux sur H lesquels nous nous réglons?.... » Anathème d'autant plus osé contre ces dieux qu'il est mis dans la bouche d'un desservant de leur culte, d'un jeune Éliacin, fruit et victime de leur impudicité ^. Arrachant ailleurs, d'une main plus hardie encore, son dernier masque à l'Idolâtrie, et mettant à nu son fond satanique : « Ah ! si « c'était un mauvais démon, si c'était le noir Alastor « qui m'eût trompé sous la forme d'un dieu! » fait-il dire à Oreste, poussé par Apollon au parricide ^.

Le noir Alastor sous la forme des dieux , voilà le mol de ridolâtrie et de toutes ses horribles pratiques; de l'égarement croissant du genre humain déchu originairement à l'instigation de cette puissance malfaisante, et tenu par elle courbé dans la région de Vombre de la mort d'où le Christianisme seul est venu le relever. Ce jour^ à

Page 1