Rep:., XXII
(ômes et les dominant, comme nous dominons aujourd'hui les mœurs idolâtres des Indiens et des Sauvages : Uniis Creator omnipotens et dominans Deus. « Un seul « Créateur tout-puissant et Dieu dominante » Aussi le Peuple Juif avait-il au plus haut point le sentiment de la supériorité que lui donnait sur tous les autres peuples le privilège unique de cette divine notion et chantait-il dans ses fêtes : Notus in Judœâ Deus, in Israël magnum nomen ejus^. « Dieu est connu dans la Judée, et en Israël « son nom est grand. » Nec est alia natio tam grandis, disait-il encore avec une légitime fierté, quœ habeat deos appropinquantes sibi, sicut Deus noster adest cunctis obsecrationibus nostris, Quœ est enim alia gens tam inclyta ut habeat cœremonias^ justaque judicia, et universam legem, « Il n'est pas de nation si grande que celle-ci qui ait (( des dieux traitant avec elle comme Notre Dieu, tou- « jours exorable à nos supplications. Quelle est en effet « la nation si illustre qui ait de tels rites, la Justice dans « toute sa droiture, et la Loi dans son caractère univer- « scl^? »
Tous les autres peuples avaient autant de lois qu'ils avaient de mœurs et autant de mœurs qu'ils avaient de dieux, et partout en violation de la Justice et de la Loi véritables. Leurs constitutions politiques et sociales, comme leurs mœurs et leurs cultes, étaient une violation flagrante de la nature dans ce qu'elle a de plus instinctif et de plus universel. Théoriquement môme, comme dans la République de Platon, ils foulaient aux pieds ses plus natives revendications. Tout cela procédait de l'ignorance de Dieu, qui est la Justice et la Loi en essence, et
». Isaïe. — 2. Ps. LXXV, 1. — 3. Dculéronorae, IV, 7, 8.
lo2 SCIENCE HISTORIQUE DE JÉSUS-CHRIST.
de qui rayonne dans Tâme humaine toule justice et toute loi, et non-seulement de l'ignorance mais du renversement de la vérité divine allant jusqu'à la déification de toutes les perversités. Le monde était posé sur l'inique et sur le faux. Il ne subsistait que par un reste de bonne nature en dépit de tout ce qui l'outrageait, et par un dessein providentiel le réservant pour une guérison d'autant plus éclatante que le mal était plus universel et plus profond. En Judée seulement, le culte de Dieu tenu à toute sa hauteur, sur ce déluge d'erreur et de corruption, dans ce qu'on appelait justement V Arche Sainte^ conservait pour le monde entier la justice et la loi morale. Le Décalogue, entré depuis dans toutes les lois humaines et dans le droit universel, y procédait immédiatement de Dieu. Toutes les lois mosaïques se résumaient dans une seule, et cette loi était et sera toujours LA LOL Aussi les Juifs, en même temps qu'ils se considéraient justement comme supérieurs à tous les peuples par ce rapport unique avec Dieu qu'en ce sens ils appelaient Leur Dieu, ne cessaient-ils de publier que ce Dieu n'était pas moins le Dieu de toute la terre et de tous les peuples : Domini est terra et plenitudo ejus^ orbis terrarum, et umversi qui habitant in eâ, etc. \ soit parce que cela était dans la nature des choses contre laquelle l'erreur, même universelle, ne prescrit jamais; soit parce que cela devait passer dans l'événement, par la diffusion de ce trésor divin à toute la terre.
Le Peuple Juif en ce sens n'était pas seulement le Peuple de Dieu : il était le Peuple des peuples, la Nation Sacerdotale, non pour lui seulement, mais pour toutes