‹ Jésus-ChristChapitre 52 sur 158 · Ad Rom,, T · texte numérisé non relu

Ad Rom,, T

et la corruption étaient passées en doctrine et en morale, plus encore, en religion.

La doctrine et la morale bibliques ont été sujettes à perfectionnement sans doute, mais non à redressement, même par la Loi Évangélique, qui est venue no7i abolir la Loi, mais la parfaire, La perfection morale, la plus haute sainteté, s'inspirera et s'entretiendra toujours des Livres Saints, sans distinction des deux Testaments qui en composent le Corps unique, et sans répudiation d'un iota.

Aussi, autre prodige qu'on ne remarque pas assez. Les Livres Saints, les plus anciens de tous, sont seuls en possession de cet étonnant privilège, d'être toujours usuels. Alors que tous les autres, même ceux d'hier, viennent se ranger dans ces nécropoles qu'on appelle bibliothèques, eux ne quittent pas nos mains, nos yeux, nos lèvres. Antérieurs à Platon et à Homère, ils sont le fonds éternel et jamais suranné, jamais dépassé, de la méditation et de la prière dans ce qu'elle a de plus approprié à des états si successifs et si divers. C'est le Verbe éternel dans le temps.

Qui n'est frappé d'un tel prodige, prodige non de foi, mais de fait?

Et maintenant, voici une question qui se pose, qui s'impose. Se reportant aux époques si reculées où ces écrits sont sortis du sein du Peuple Juif comme l'expression religieuse, morale et nationale de ce Peuple, comme ce Peuple tout entier, comment expliquer que, seul, il ait ainsi émergé du déluge universel de l'idolâtrie, par une doctrine et une morale que l'Évangile seul a pu dépasser, mais dans lesquelles on sont la même lumière et le mêmesounie? Par quel privilège, dont aucune analogie

ne saurait approcher, ce Livre, composé de tant do parties successives et cependant si semblables par l'unique Esprit qui les anime, a-t-il pu se produire et atteindre à cette perfection de doctrine qui non-seulement écarte de lui toutes les conceptions de l'esprit antique, mais qui le fait dominer toutes celles de l'esprit moderne, et le posent au sein de l'humanité de tous les âges comme le Livre par excellence, la Bible, où toutes les générations qui se succèdent vont et iront toujours s'abreuver?

Ce phénomène déconcerte toute explication. Le Peuple Juif était par lui-même moins doué que les autres peuples, il était charnel et grossier et avait là tête dure y comme le lui reprochaient ses chefs ^ Ceux-ci mêmes, Moïse, David et les autres, n'étaient éclairés d'aucune lumière humaine : c'étaient des pâtres tirés de la queue de leurs troupeaux pour être préposés pasteurs d'IsraeP, Et c'est ce peuple, et ce sont ces chefs qui— non-seulement fontpâlir la doctrine, font rougir la morale de l'Académie et du Portique , et dont il a suffi à Platon de dérober quelques rayons pour être appelé la Préface humaine de V Evangile, — mais qui sont restés à jamais dans leurs écrits les Pasteurs moraux du genre humain, faisant encore, après cinq mille ans, la leçon aux rois et aux peuples, épuisant la méditation des plus profonds penseurs , et nourrissant les âmes les plus ambitieuses de la perfection et de la sagesse !

Ils nous donnent, eux, Texplication de ce prodige : I c'est Dieu même, nous disent-ils, qui nous a instruits directement et surnaturellement ; qui, par des miracles incessants, nous a préservés de l'idolâtrie universelle et

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