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de la montrer. Que s'ils croient que cette grande résurrection du monde a eu lieu sans cause, ils ne sont pas difficiles en crédulité. Que s'ils l'attribuent à l'action imprimée par Jésus-Christ de son vivant, ils vont se heurter contre le fait historique de la nullité de cette action sur ses Apôtres, grossi de la mort ignominieuse de Jésus- Ghrist, et de l'ensevelissement avec lui de sa tentative. Ils font plus que de croire à la résurrection du monde sans cause : car elle serait en sens inverse de la cause qu'ils lui attribuent. La Croix aurait opéré naturellement le salut du monde, la mort aurait enfanté de soi la vie ; et, chose plus forte encore, sans que le Crucifié en eut ressenti l'elïet. Voilà qui passe non-seulement notre raison, mais notre foi.
Cependant, il faut bien, et avant tout, que le compte de la raison se retrouve. Il y a là forcément pour elle une chose à croire. Il lui faut choisir entre deux mystères : l'un mystère de crédulité et d'absurdité qui ne se relie à rien, et où elle disparaît entièrement; l'autre mystère de foi, qui se relieàtout ce magnifique ensemble de faits prophétiques et apostoliques qui précèdent et suivent l'événement, et où elle se retrouve.
La Résurrection de Jésus-Christ, outre les témoiu nages évangéliques, apparaît manifestement dans la 1 (îsurrection du monde, et dans cette transformation indiscutable des Apôtres qui en ont été les premiers instruments, comme la cause apparaît dans ses effets. Le Résurrecteur a dû se ressusciter, le Vivificateur a dû se vivifier lui-môme. Il doit ôtrc, selon la grande qualificalion qu'il s'est donnée, La Résurrection et la Vie'.