‹ Jésus-ChristChapitre 66 sur 158 · M. Renan · texte numérisé non relu

M. Renan

la légitimité contre elle-même. L'Église sous le nom de Synagogue dans les temps anciens, devenant la Synagogue des peuples sous le nom d'Église dans les temps modernes, et toutes deux ne faisant qu'un seul Édifice, dont le Christ, auquel toutes les parties se rapportent, est la pierre angulaire^ dont les Prophètes et les Apôtres, des deux parts, sont les colonnes, et qui s'élève en structure harmonieuse pour être le Temple universel du vrai Dieu^ :

Ce Temple se résume danslaVictime qui s'y est offerte une fois à la Justice de Dieu pour la Rédemption du monde : l'Agneau immolé. Toutes les victimes des sacrifiices partout l'univers témoignaient de Lui et le contenaient pour ainsi parler par ce témoignage, si inconscient ou dépravé qu'en fût l'esprit. Mais dans la tradition mosaïque et prophétique où cet esprit n'avait pas dégénéré, c'est bien Lui-même qui était offert ainsi sous toutes les figures. Et ces figures, si répétées qu'elles fussent, se rapportaient à l'unique réalité qu'elles signifiaient: ce A travers tous ces divers temps, Abel, par le sacrifice de I'Agneau qu'il offre, signifie la Passion de notre Rédempteur, dont Isaïe dit : Comme I'Agneau devant celui qui le tond^ il n ouvrira point la bouche; et de qui Jean- Baptiste dit aussi : Voici I'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde. Ainsi donc, très-séparés, il est vrai, dans l'étendue des siècles, et cependant merveilleusement d'accord dans le sentiment de l'innocence de notre Rédempteur, ils l'expriment, Jean en montrant l'Agneau, Tsaïe] en le prédisant, Abel en l'offrant: et Celui que Jean montrait, dont Isaïe parlait, Abel figu-

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