‹ Jésus-ChristChapitre 67 sur 158 · Saint Paul aux Ephésiens · texte numérisé non relu

Saint Paul aux Ephésiens

ralivement dans ses mains le tenait'. » Ce qui a fait dire à l'Aigle de Pathmos dans sa vision céleste : TAgneau a été immolé dès la fondation du monde '.

«La seule Église catholique, dit Bossuet, remplit ainsi tous les siècles précédents par une suite qui ne peut lui être contestée. La Loi vient au-devant de l'Évangile, la succession de Moïse et des Patriarches ne fait qu'une même suite avec celle de Jésus-Christ : être attendu, venir, être reconnu par une postérité qui dure autant que le monde, c'est le caractère du Messie en qui nous croyons. Ainsi quatre ou cinq faits authentiques, et plus clairs que la lumière du soleil, font voir notre Religion aussi ancienne que le monde, ils montrent par conséquent qu'elle n'a point d'autre auteur que Celui qui a fondé l'univers, qui, tenant tout en sa main, a pu seul et commencer et conduire un dessein où tous les siècles sont compris^. »

Dira-t-on que ce dessein est ingénieux, mais qu'il n'emporte pas la conviction par des preuves irrésistibles ?

Irrésistibles? Il n'en est pas en religion, si on entend par laque la volonté, intéressée à se débattre, ne puisse s'y soustraire. Mais, si on entend seulement que la raison en soit satisfaite, plus que cela, qu'elle ne puisse s'y refuser, les mathématiques mêmes n'en ont pas de plus démonstratives.

Dieu lui-même a prévu la résistance qu'on lui opposerait sur ce point. La lin de la Religion étant le sacrifice de nos attaches mortelles à la félicité éternelle qu'il

1. Saint Grégoin; le Grand, 8 de Passione, — 2. Apocal. XIII, 8. — 3. Discours snr l'hialoire iiuiverseîle.

nous promet, il a disposé de longue date ses témoignages on raison de la foi à cette félicifé à venir, par des preuves de la vérité de sa parole ici-bas qui ne permissent pas d'en douter. j

Il a pris à partie les contestants par son Prophète, et ' il leur a dit :

« Approchez et disputons ensemble :

« Qui a fait entendre les choses depuis le commence- « ment? Qui a prédit les choses dès lors? N'est-ce pas « Moi qui suis le Seigneur^? Moi, qui annonce depuis le « commencement les choses qui ne doivent arriver qu'à « la fin, et longtemps auparavant ce qui n'a pas été fait, « disant dès l'origine du monde : Mes décrets subsiste- « ront et mes volontés s'exécuteront^?

«J'ai prédit, j'ai sauvé; j'ai fait Moi seul ces mer- « veilles à vos yeux; vous êtes les témoins de ma divi- (( nité, dit le Seigneur^.

« J'ai fait prédire longtemps auparavant ce qui s'est « fait depuis, je l'avais assuré de ma bouche et je vous « l'avais fait entendre : je l'ai fait tout d'un coup et vous , « l'avez vu arriver. i

« Car je savais que vous êtes dur, que votre cou est 'j « comme une barre de fer, et que votre front est d'ai- ^ « rain; et c'est pourquoi j^ai voulu annoncer ces choses v « longtemps avant l'événement, afin que vous ne pussiez • « pas dire que ce fût l'ouvrage de vos dieux et l'effet de « leur ordre, et que vous reconnussiez que je suis l'Éter- « nel''. »

1. l8aïe,XLV, 21. — 2. Id., XLVI, 10. — 3. Id., XLIIl, 12.— 4. Id„ XLVIII, 3, 4.

PLAN HISTUKKjUE UK LA RELIGION. 215

Que peut-on répliquer à cela, et qui refuserait sa créance sur un tel gage?

Reste à savoir, il est vrai, si l'événement a justifié la prophétie. Mais, pour cela, il suffit de les confronter, et de leur conformité parfaite résultera la certitude du Plan de la Religion de Dieu sur la terre.

A cet effet, saint Augustin, placé au quatrième siècle de l'événement, reprend ainsi le divin colloque commencé dix siècles avant par Isaïe :

« Qu'ai-je, en effet, promis que je n'aie point tenu? « dit le Seigneur. Il est vrai qu'il y a encore quelque « chose que je vous ai promis et que je ne vous ai pas (( donné : la résurrection des morts et la vie future; mais « ce que je vous ai donné doit vous porter à croire le îste.

Entrons, si vous le voulez, en compte ensemble. « Vous avez ma Promesse dans les mains : voyez tout ce « que j'ai tenu et en combien de points j*ai déjà dégagé «mon Écriture'.

« Mon Fils unique n'était point sur la terre avant qu'il « se fût incarné : j'avais promis de vous l'envoyer, je « l'ai fait.

« Une Vierge n'avait point conçu d'une manière si «merveilleuse : je vous l'avais promis, je l'ai fait.

« Les Gentils n'avaient point encore cru en moi, et les

1. Je n'ai pas cru devoir meUru sous chacun des articles suivant» les prophéliea qui s'y rapportent. C'eût éiô trop lonf? et je les tiens pour connues, <5tant avoutîes par rincrédulité. Voir d'ailleurs le cljapilre des Vrophéties au tome IV des Etudes philosophiques sur le Christianisme où ou aura sous ce rapport toute sallsfaclion, La réalité des Prophéties ne se discute plus : et cependant on a emore le triste secret do faire résistance! quel abîme d'évasion est le cœur de l'homme 1

216 SCIENCE HISïORloLh uh .JL^Ub-uHlilST.

« idoles des nations n'avaient point encore été extei mice nées de la terre : je l'avais prédit, je l'ai fait.

« Le Peuple Juif n'avait point encore été rejeté, et on « ne l'avait point vu errant et dispersé par tout l'univers : « je l'avais prédit, je l'ai fait.

« Une doctrine aussi incroyable que celle de la Croix « n'avait point encore été persuadée au genre humain a par une poignée d'ignorants, et de pauvres pêcheurs « n'avaient point encore pris le monde dans leurs filets : « je l'avais annoncé, je l'ai fait.

c( Lisez encore mon Écrit : j'avais promis de vous en- « voyer le Saint-Esprit, et, sur le plus frêle fondement, « d'édifier au milieu de vous une Église toujours atta- « quée, et qui durerait toujours : encore un article à « rayer; je l'ai fait, et après quatre siècles (aujourd'hui « dix-neuf) l'accomplissement s'en poursuit encore.

« Quoi donc ! après que toutes ces choses et tant d'autres « si imprévues et si singulières que j'avais promises ont été « si fidèlement accomplies, chacune au temps que j'avais « marqué dans mes décrets éternels, je ne serais pas cru à « l'égard de ce seul autre article si grand et si capital de la « vie future et de l'immortalité de gloire que je vous pro- « mets, si vous-même vous me demeurez fidèle! Quoi! ce « qui fut autrefois promis à la foi du seul Abraham, vous lo « voyez accompli aujourd'hui dans tout l'univers; et vous « douteriez après cela que ce que j'ai promis à la foi de « l'univers entier ne soit un jour pareillement accom- « pliM...»

Voilà tout à la fois et le Plan historique de la Religion, et sa preuve. Preuve qu'il emporte avec lui, par la con-

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