XI. Le CuHisT , Souverain Juge des vivants et des morts
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XII. Le Christ, félicité des élus et malédiction des réprouvés dans rÉternité.
0 Christ ! je tombe aux pieds de votre Personne adorable, abîme de richesses où je me perds. Comment oser parler ainsi de Vous, sans autre mission que mon zèle, si vous ne m'envoyez un souffle de Votre Esprit, un rayon de Votre Vérité, et si je ne puise à chaque instant en Vous-même ce que je dois dire de Vous? Lumière incréée, qui êtes venue luire dans nos ténèbres, brillez sur ces pages, guidez mes pensées, frappez mes lecteurs , et que nous nous rencontrions dans votre clarté! Combien peu vous connaissent en ces heures sombres, entre le Crucifiement et la Résurrection! Mystérieux voyageur, cheminez avec nous, parce que nous sommes tristes ; demeurez avec nous, parce que la nuit se fait 1 Expliquez-nous Vous-même votre mystère, et que nous vous connaissions surtout à la flamme dont votre parole échauffera nos cœurs! Rompez-nous Vousmême le pain de votre divine Science, et que nous Vous offrions les prémices des adorations de l'univers I
Et vous, lecteur, objet de ce dessein, que Dieu luimême ne pourrait accomplir sans vous, comment pourriez-vous l'accomplir sans Dieu? Associez-vous donc àj mon invocation. J'aurai recours à un païen, s'il le faut^ pour vous y inviter. « Tout homme un peu raisonnable, « vous dit Platon, implore Tassistance divine avant de « commencer une entreprise, quelle qu'elle soit, grande « ou petite. A plus forte raison, nous, qui avons enlre- « pris d'expliquer l'Auteur de l'univers , à moins de (( vouloir nous égarer , prions-le ensemble , pour que « nous ne disions que des choses qui lui soient agréa-
« bles, à Lui avant tout, et ensuite à vous, et qu'il nous « accorde le plus sûr et le meilleur talisman, la science^ » Plus heureux que Platon, ce talisman qu'il appelait nous a été envoyé par Dieu lui-môme : c'est sa Parole, c'est son Verbe, venu du ciel en terre, pour s'y faire notre voie de retour de la terre au ciel.
Marchons donc sans crainte par oii Dieu nous conduit.
1 , Le limée, — Critias.
LE Christ, verbe incréé au sein du Père.
Nous ne nous proposons de traiter, avons-nous dit, un peu à fond que les principaux d'entre les aperçus que nous avons énoncés sur Jésus-Christ, ceux qui importent le plus à sa connaissance et à celle de son œuvre identifiée à sa personne dans TÉvangile.
A ce titre, le premier en ordre est aussi le premier en importance. La notion du Christ, Verbe incréé au sein de Dieu, doit être fouillée, pour ainsi parler, plus qu'aucune autre. La Trinité, nous le verrons, est le dogme initial de toute la science. C'est l'anneau de fond d'où se déroule toute la chaîné. Pour des esprits neufs il suffirait de le poser. Mais pour ceux en qui une fausse culture a produit plus d'exigence que de savoir, il faut l'exposer.
C'est ce que nous allons essayer de faire.
Ainsi que nous l'avons montré historiquement dans notre première partie, ces termes, hier, aujourd'hui, demain, le temps, en un mot, n'a pas de prise sur Jésus-Christ. Il a paru dans le lemps, et il le rem-
plit, mais il ne s'y borne pas, il le déborde; il préexiste au temps, il est en dehors du temps.
«Au commencement était le Verbe, et le Verbe était « en Dieu, et le Verbe était Dieu ^ »
Non pas dès le commencement, mais au commencement des choses, il était, erat. Et cette expression d'antériorité au temps équivaut à dire que le Verbe est de toute éternité.
Et où est-il ? Il est en Dieu.
Et qu'est-il? // est Dieu.
Et Dieu étant unique, le Verbe est Dieu même.
Mais comment, étant en Dieu, est-il Dieu même? ou comment, étant Dieu même, est-il en Dieu?
C'est ici qu'à la lumière de la Révélation se laisse entrevoir la manière d'être de Dieu.
Cette manière d'être doit différer de toute autre. Dans la Nature, chaque espèce d'être a sa manière d'être particulière, et on ne s'en étonne pas : on admire même ces diverses propriétés des êtres sans toujours les comprendre. Comment dès lors s'étonner que l'Être par excellence ait sa manière d'être propre, et comment se choquer si elle est plus mystérieuse pour nous qu'il domine que toutes celles des créatures que nous dominons? N'est-ce pas le contraire qui serait étonnant et choquant?
La manière d'être de Dieu doit d'autant plus passer la comprélicnsion qu'elle est naturellement inabordable à la simple notion.
I y a, en effet, celte différence entre Texistence de Dieu et sa nature, que la Création nous fait connaître