‹ Jésus-ChristChapitre 78 sur 158 · Platon, Timée · texte numérisé non relu

Platon, Timée

sance : connaître étant autre chose que comprendre.

Si le mystère de la Trinité est incompréhensible en effet, c'est-à-dire si notre capacité est moindre que son infinité, il n'est pas inintelligible. Il passe, il étonne, mais il ne heurte pas l'esprit humain. En lui-même et en nous isolant, comme il convient, de nos manières ordinaires de voir pour nous transporter dans un ordre de vérité nécessairement tout autre que celui où nous sommes, il est concevable dans la mesure suffisante à sa connaissance. Dans ses rapports avec les autres mystères chrétiens» il s'éclaire, nous ne tarderons pas à le voir, de toute la lumière qu'il y répand. Dans ses analogies mêmes avec l'esprit humain, celui-ci s'y voit lui-même. Enfin la raison saisit assez ce qu'il est, non-seulement pour croire qu'il est, mais pour prononcer qu'il doit être. En un mot, si ce mystère a ses profondeurs, il a pour nous ses rivages, et ses profondeurs mômes ne nous dépassent que pour nous ravir.

Ces considérations m'ont paru nécessaires pour arriver, comme par des tournants, à la hauteur que nous gravissons. Maintenant, abordons le sommet, et entrons dans la nue.

Les perfections de Dieu reflétées dans la Nature ne sont que l'ombre de celles qu'il possède en Lui-même. Là elles sont en plénitude et en infinité. Mais ce serait une erreur de croire qu'elles n'y sont qu'en puissance et comme stagnantes. La Création n'était pas nécessaire à l'activité de Dieu, et mille créations ne l'auraient pas <;ilisfaile. Lui seul pont se satisfaire Lui-même par un

10 égal à sa puissance et comme elle infini. Dieu est la

vie, et la vie est action. Dieu agit autant qu'il vit : infiniment et toujours. « Mon père agit sans cesse et moi « semblablement, dit Jésus-Christ ^ » Dieu, comme parle la Science sacrée, est un acte pur.

Quel est cet acte propre à Dieu ?

C'est de tirer éternellement de sa substance les perfections de sa nature infinie^ de les engendrer, de les produire et de les réaliser entièrement, mais intérieurement à lui-même, dans la Connaissance qu'il s'en donne, dans la Pensée qu'il en a, dans la Parole ou le Verbe par lequel il se les dit à lui-même, se sait lui-même et se contemple dans sa vivante expression.

Cette expression est vivante, en effet, jusqu'à constituer cette individualité raisonnable que nous appelons une Personne.

Comme il tire ainsi ce Verbe personnel de sa substance et qu'il s'y reproduit, c'est son Fils ; et comme il s'y reproduit entièrement, c'est son Fils unique : autre et lui; un autre lui-même : ce que serait dans un miroir l'image de celui qui s'y verrait ; si ce n'est qu'en Dieu cette image est vivante.

Maintenant Dieu, Père d'un tel Fils, ne peut pas ne pas l'aimer et en être aimé. 11 l'aime de toute l'amabilité des perfections qu'il réalise en lui ; et il en est aimé comme le principe de ces perfections mêmes. Cet amour réciproque, procédant des deux, produit, en se rencontrant, une troisième puissance, vivante aussi, et personnelle comme sa double origine; esprit, souffle, flamme, Y Esprit Saint en qui le Père et le Fils s'aiment, se veulent, s'unissent d'un Amour égal à eux.

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