‹ Jésus-ChristChapitre 93 sur 158 · Sagesse, Vil, 22-27. — 2. Proverbes, VUI · texte numérisé non relu

Sagesse, Vil, 22-27. — 2. Proverbes, VUI

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« AUTEM siMUL ESTCUM MENTE DiYiNA. Ainsi, laLoi Véritable « et primitive, ayant caractère pour ordonner et pour « défendre, est la droite raison de dieu^ -— Cette raison « de Dieu, une fois qu'elle s'est affermie et développée « dans l'esprit de l'homme, est la Loi. Il y a donc, puisque « la raison est dans Dieu et dans l'homme, une première « société de raison de l'homme avec Dieu, une ressem- « blance de l'homme avec Dieu. On peut nous appeler « ainsi la famille, la race ou la lignée des êtres célestes. « D'où il résulte que, pour l'homme, reconnaître Dieu, « c*est reconnaître et se rappeler d'où il est venu^. » — Admirable langage, qu'on dirait être, non d'un pliilosophe païen, mais d'un docteur chrétien, par sa consonnance avec celui des Livres Saints. Et il témoigne lui-môme de ce qu'il dit: car, qui a pu si bien instruire Gicéron de la raison, si ce n'est la Raison même, cette droite Raison de Dieu, de laquelle il a été si bien dit par son Psalmiste : « La source de la vie est en vous, et dans votre lumière « nous verrons la lumière même^. »

En remontant par elle à son foyer, il nous la montre émanant du Principe des choses, autre que l'Intelligence divine, en tant que celle-ci l'engendre; et une avec elle, en tant qu'elle ne lui est pas inférieure et postérieure, mais coessentielle et codivine par la simultanéité éternelle de cette irradiation : Orta autan simul est cum Mente divina. Ce qui est précisément le dogme de notre foi.

Cette Raison de Dieu, une fois qu'elle s'est affermie et développée dans l'esprit de l'homme, ajoutc-t-il trèsbien, est la raison humaine. Il n'y a, en effet, qu'une

1. De Legibus, lib. II.— 2. De Legibus, lib. I. — . 3. Psal. XXXV, 9.

raison qui est la Raison. L'humaine est la même que la divine, quant au principe. Il y a cependant un abîme entre elles deux; c'est que, alors qu'elle est congénère à Dieu, qui se l'engendre à lui-même de sa substance, elle est départie à l'homme, et n'est en lui que comme la lumière dans un globe de cristal, illuminant tout homme venant en ce monde. Elle est restreinte en nous à noire capacité, et surtout à notre fidélité et à noire pureté. De là vient qu'elle y est si bornée, si vacillante et si ternie. De là vient surtout que, lorsque nous voulons nous l'approprier et en faire notre raison par opposition à son principe, au lieu de l'entretenir et de la développer par notre humble commerce avec lui, nous donnons le spectacle de la déraison, et cela souvent dans de grandes intelligences.

Voilà comment il n'y a qu'une Raison, commune à tous les hommes, parce qu'elle leur est en un sens commune avec Dieu : ce qui établit, comme le dit admirablement Cicéron, une première société de raison de V homme avec Dieu^ une ressemblance de V homme avec Dieu^ et nous ramène encore à la parole de la Genèse.

Cette société première, nous dit le Saint Livre, fut, si non rompue à jamais, du moins profondément altérée par l'Esprit d'orgueil faisant tomber l'homme de la lumière dans laquelle il avait été créé, pour avoir voulu ne la devoir qu'à lui-môme en s'égalant à Dieu. Cicéron, après tant d'autres, constate aussi cette grande déchéance : « La nature, plutôt manllre que mère, dil-il, « a jeté l'homme dans la vie avec un corps nu, frélc, dé- « bile, et avec une âme que les soucis tourmentent, que « la crainte abat, que les fatigues épuisent, que les pas- « sions entraînent, mais oh luit encore à travers les ténè-

« bres une sorte de divine étincelle de génie et d'intelli- « gence^ » Voilà à quel état se trouve en nous la raison. Et Cicéron assigne à cet état la même cause que l'Histoire Sacrée lorsqu'il dit : « Ces erreurs et ces calamités « ont fait dire aux anciens oracles chargés d'expliquer « les mystères divins, que nous n'étions nés dans cet état « de misère que pour expier quelque gî^and crime commis « dans une vie supérieure; et il me paraît qu'ils ne se sont (( pas écartés de la vérité à cet égard ^. »

De là, tous les obscurcissements de la raison dans l'humanité, toutes les ténèbres d'erreur et de corruption au sein desquelles le monde allait s'abîmant dans l'espace infini de la dissemblance, selon la belle expression de Platon ^ et qui faisaient dire à Cléanthe, dans sa belle prière : « Ils détournent leurs regards et leurs pensées « de la loi de Dieu, loi universelle qui rend heureuse et « conforme à la Raison la vie de ceux qui lui obéissent... « Auteur de tous les biens. Père des hommes, délivre-les « de cette triste ignorance; dissipe les ténèbres de leur « «me, fais-leur connaître la Sagesse éternelle par qui lu « gouvernes le monde, afin que nous t'honorions, et que a sans cesse nous chantions tes louanges comme il con- « vient à des mortels. »

De cette Sagesse éternelle, du Verbe de Dieu, son Apô-

1. De la République, fragment du liv. III. — Vlmiiation de Jésus» Christ exprime celle vérilé presque dans les mômes termes que Cicéron : în quo tamen inest tanquam obruiiis quidam divinus ignis ingcnii et mentis^ dit celui-ci. Modica vis qux remansit est tanquam scintilla quxdam lalens incinère^ dit le pieux auteur.

2. //or/eH5i««, fragment. — Nam per primum hominem Adam lapsa, et vitiataper peccatum^ in omnes homines pœna hujus maculx desccu' dit^ dit pareillement Vlmitation^ liv. 111, cli. lv.

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