‹ Jésus-ChristChapitre 94 sur 158 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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tre a donc dit avec vérité : « Il était dans le monde, et « le monde a été fait par Lui, et le monde ne Ta point « connu... la Lumière luit dans les ténèbres et les ténè- « bres ne l'ont point comprise ^ »

Voilà quel est le Verbe en tant que Vie des esprits, Lumière des bommes, Sagesse éternelle, Raison universelle.

Eh bien! en tant que redonné au monde, ce môme Verbe, cette même Raison, c'est Jésus-Giirist.

Aussi, s'est-il annoncé lui-même ainsi : '< Je suis la « Lumière du monde. Ego sumLux mundi^. »

Cette grande parole, qu'aucune bouche que celle de JÉsus-CiiRisT n'a jamais osé s'appliquer, parut d'abord au monde une folie. Aujourd'hui elle a forcé l'impiété elle-même à en confesser la vérité : tant, comme le dit saint Paul, « le Dieu qui a lancé la lumière du sein des « ténèbres a fait resplendir sa gloire empreinte sur la « face du Christ Jésus*. »

Elle doit s'entendre d'abord de Tordre religieux, d'où on ne peut méconnaître qu'elle s'est étendue à l'ordre social, transfiguré dans la Lumière da^l'Évangile. Mais elle doit s'entendre aussi de l'ordre purement naturel.

Le Verbe, dans le Christ, est la Lumière du monde de deux façons, naturellement etsurnaturellement.

Naturellement, il est la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde, la Raison, objet de l'intelligence. Surnaturellement, il est cette môme lumière venue en ce monde afin que quiconque croit en Lui ne demeure point dans les ténèbres*,

1. Jean, I, 10, 5. — 2. /</., VllI, t2; IX, 5. — 3. ll'»e aux Corinthiem, IV, fi. — 4. Jean, XII, 4fi.

C'est le môme Verbe personnel de Dieu, objet de l'intelligence dans Tordre naturel, objet de la foi dans Tordre surnaturel. Et cette expression de Verbe personnel convient dans les deux sens.

La Raison, la Justice, la Sagesse, ce que nous appelons ainsi dans Tordre naturel, n'est pas en effet seulement une lumière abstraite : c'est une voix, c'est une parole, c'est un oracle en nous; c'est ce dictamen secret qui suggère à notre esprit ce qui est vrai, à notre conscience ce qui est juste : autre que nous en nous, et nonseulement en nous, mais parmi nous, puisque nous le prenons à témoin de la bonté de nos jugements et de nos actes, et que nous en appelons à lui. Raison ou Justice, comme souverain juge de nos différends. Je dis qu'il est personnel. Il Test en effet, car il pousse au bien et il détourne du mal. Non-seulement il répond quand on Tinterroge, il intervient quand on Tappelle; mais il accuse quand on s'écarte, il poursuit quand on le fuit; il nous prend lui-môme à partie, et, discuteur redoutable, il nous fait sentir sa personnalité vengeresse par ces coups sourdement appliqués avec un fouet invisible^ comme dit le poëte :

Et surdo verbere caBdit, Occultum quatiente animo tortore flagellum : Pœna autem vehemens * .

Et il ne s'atteste pas moins par cette joie de Tesprit, allant quelquefois jusqu'au transport, quand nous découvrons la raison des choses; et par cette félicité de la conscience qui est comme une fôte au cœur de l'homme de

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